Un vent de jeunesse, avec Argy-Rousseau, Prouvé et Jouve

Le 21 novembre 2019, par Philippe Dufour

De délicates créations des grands verriers du XXe siècle côtoyaient des pièces iconiques du design de la même période.

Gabriel Argy-Rousseau (1885-1953), Le Jardin des Hespérides, vase de forme ovoïde en pâte de verre, signé, h. 24 cm.
Adjugé : 22 320 

En tête de cette vacation marseillaise, un vase signé Gabriel Argy-Rousseau suscitait l’émoi, bien vite apaisé grâce aux 22 320 € alloués à ce Jardin des Hespérides. Haut de 24 cm, il affecte une forme ovoïde en pâte de verre à décor d’une ronde de femmes cueillant des pommes, dans les tons rouge et violet, sur une partie basse à décor de grecques de couleur bordeaux. Le modèle est répertorié dans le catalogue raisonné du verrier parisien, rédigé par Janine Bloch-Dermant (éditions de l’Amateur, 1990, pages 72-73, 208) et fait même la couverture de l’édition américaine de Thames and Hudson… On restait à la Belle Époque, avec une riche salle à manger de Louis Majorelle, nommée Chicorée, et dont les tiges et les feuilles découpées animaient les montants. En acajou sculpté à décor de marqueterie de bois exotique, à incrustations de nacre, cet ensemble se compose d’un meuble deux-corps à vitrines, d’une desserte, d’une table et de six chaises à assise écusson. Il fallait compter 9 920 € pour l’acquérir. Les années 1950 apportaient ensuite une touche de modernité colorée, illustrée en particulier par l’art innovant de Georges Jouve. Sortie de sa fructueuse imagination, une série de huit miroirs, des alentours de 1955, issus d’une collection particulière du sud de la France, était vendue séparément ; le plus cher, à 21 080 €, adoptait la forme d’un carré en céramique émaillée noire (8 35,5 32 cm), signé «Jouve» et portant un sigle de l’Alpha au dos. Deux autres changeaient de mains pour 15 500 € chacun, soit un premier en céramique émaillée rouge orangée (8 32,5 x 28,5 cm) et un second en céramique verte nuancée (8 32 29 cm), tous deux portant la signature et le sigle du céramiste au dos. L’ensemble est répertorié dans l’ouvrage de Philippe Jousse, Georges Jouve (éditions Jousse Entreprise, Paris, 2006). Quant au bureau de Jean Prouvé, modèle aile d’avion des années 1942-1943 (voir l'article Modèles emblématiques de Prouvé de la Gazette n° 38, page 143), il devait décoller à 18 600 €.

Georges Jouve (1910-1964), deux Miroirs, vers 1955, céramique émaillée rouge orangée et verte, 8 x 32,5 x 28,5 cm et 8 x 32 x 29 cm. Adjug
Georges Jouve (1910-1964), deux Miroirs, vers 1955, céramique émaillée rouge orangée et verte, 8 32,5 28,5 cm et 8 32 29 cm.
Adjugé : 15 500 € (chaque)
jeudi 14 novembre 2019 - 14:30 - Live
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