Les arts du feu selon Jean Derval

Le 13 mai 2021, par Philippe Dufour

Au cours d’une session consacrée aux arts décoratifs du XXe siècle, un numéro d’acrobates faisait sensation, magnifié par le céramiste magicien, que tempérait une sobre création d’Adnet.

Jean Derval (1925-2010), Les Saltimbanques, 2003, sculpture en terre chamottée et émaillée polychrome, représentant deux acrobates soutenant une coupe circulaire, h. 42, diam. 40 cm.
Adjugé : 10 800 

Jean Derval a découvert et appris l’art de la terre cuite dans le village potier de Saint-Amand-en-Puisaye puis à Vallauris, chez Madoura, avant de fonder sa propre fabrique, l’atelier du Portail. L’objet présenté ici, s’il prend prétexte d’une forme utilitaire comme la coupe, s’apparente plutôt à ses recherches les plus poussées autour des figures sculpturales (voir l'article Jean Derval, la magie de la céramique de la Gazette n° 17, page 96). Cette impressionnante pièce de forme (h. 42, diam. 40 cm), créée en 2003, résume bien toute une carrière dévouée aux arts du feu ; et d’ailleurs, l’année suivante, elle avait été prêtée par son dernier propriétaire au musée national de Céramique de Sèvres pour la rétrospective dédiée à Derval (reproduite dans le catalogue de l’exposition, éditions de la RMN, page 67). D’un style bien différent, une corbeille de Jacques Adnet offrait tous les détails chers au décorateur : trois pieds «bambou», en métal laqué noir, accueillant une corbeille en rotin tressé et également de couleur noire (h. 55 cm). Datant des environs de 1950, elle a inscrit 4 800 €. Il faut rappeler que quelques jours auparavant, soit le lundi 26 avril, l’opérateur avait vendu 22 800 € une boîte rectangulaire en bronze et émaux cloisonnés polychromes, faite en Chine au XVIIIe siècle. Elle arbore un délicat décor en trompe l’œil de deux attaches (11 20 11,5 cm), pour un poids total de 2 195 g. 

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