Les bronzes chinois et himalayens

Le 17 décembre 2020, par Anne Doridou-Heim

Une verseuse rituelle chinoise et des statuettes de divinités himalayennes séduisaient par leurs fontes.

Chine, dans le style de la dynastie Shang (vers 1570-1045 av. J.-C.). Verseuse zoomorphe gong munie d’un couvercle, bronze à patine verte, h. 19, l. 24,5 cm.
Adjugé : 228 600 


Voici une vente d’art asiatique qui ne dérogeait pas à la règle des surprises. Celle-ci venait récompenser de 228 600 € cette verseuse zoomorphe en bronze à patine verte, annoncée comme exécutée dans le style des Shang (vers 1570-1045 av. J.-C.). D’aucuns ont certainement pensé qu’elle était beaucoup plus ancienne… Cette dynastie antique, l’une des fondatrices de l’Empire chinois, naît avec l’avènement du bronze et toute sa culture, développée dans des cités-palais, tourne autour de cette technique qui connaît son épanouissement. On sait que les artisans ne travaillent alors pas le métal en plaques mais que, sans connaître le procédé de la cire perdue – qui ne sera introduit qu’environ mille ans plus tard –, ils coulent leurs pièces de forme tête en bas autour d’une âme de terre compacte, un savoir-faire alors unique au monde. Le décor emprunte souvent au registre animalier avec des éléphants – employés à l'époque pour la guerre –, mais aussi des tigres, rhinocéros et autres créatures plus mythiques. L’apogée de cet art se situera lors du siècle précédant la chute de la dynastie. L’alliage employé par les bronziers est d’une remarquable robustesse et les vases, récipients divers et verseuses produits sont d’une incroyable qualité. Cadeaux princiers, commandes spécifiques, échanges commerciaux, mais aussi pièces rituelles accompagnant les défunts de qualité dans leur tombe… leur usage est varié et de nombreux exemples ont été mis au jour par les fouilles. Descendus des neiges éternelles qui les ont vu fondre, les bronzes du Tibet des siècles passés, figurant des divinités complexes du panthéon bouddhique et brahmanique, n’en ont toujours pas fini de grimper dans l’échelle des prix. Le groupe à patines brune et dorée de Kapaladhara Hevajra à mille bras et mille têtes, debout avec sa satki Nairatmya (h. 65 cm), piétinait des démons sans pitié à 35 560 €. Quant au masque rituel de Kalachakra, en cuivre repoussé et doré (20 24 cm), il ouvrait grand ses yeux pour recevoir 6 350 €. Ceux du Népal sont moins fréquents et comprennent une statuette d’Amitayus du XVIIe siècle, en bronze doré (h. 31 cm), qui s’asseyait à 4 102 €.

mardi 08 décembre 2020 - 02:00 - Live
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