Vase d'époque Qianlong, en route pour l’immortalité !

Le 30 septembre 2020, par Anne Doridou-Heim

Ce vase d'époque Qianlong claironnait un score quatre fois millionnaire, prouvant une nouvelle fois que l’engouement pour les pièces impériales chinoises n’est pas près de s’arrêter.

Chine, époque Qianlong (1736-1795). Vase lanterne, dit «deng log zun», en porcelaine émaillée polychrome et or de la famille rose fencai, portant au revers de la base la marque à six caractères en rouge de fer de Qianlong en zhuanshu, h. 47,7 cm, avec socle 55 cm, diam. 19 cm.
Adjugé : 4 453 960 


Les Huit Immortels peints en émaux polychromes fencai pouvaient laisser libre cours à leurs libations. Comme si, en véritables sages de la doctrine taoïste, ils l’avaient toujours su, voilà près de trois siècles qu’ils banquetaient sur la panse de ce vase de forme lanterne, attendant la consécration ultime. Un détail de cette scène ancestrale illustrait d’ailleurs la couverture de la Gazette n° 30 du 4 septembre (voir l'article Huit immortels pour un vase deux fois impérial). En ces temps de grands questionnements, la certitude du succès des pièces impériales chinoises, en particulier de celles datant du règne de Qianlong (1736-1795), est plutôt rassurante. Après les 2 470 400 € obtenus en juin dernier (Ader, salle Favart) par un modèle de forme bouteille au décor développé sur un lumineux fond jaune, les 4 453 960 € reçus par celui-ci – de taille plus grande, un détail qui compte – en apportent une éclatante confirmation. Les acheteurs chinois sont bien de retour et toujours aussi gourmands de pièces à la provenance attestée. Ce vase, très probablement offert en cadeau d’anniversaire par le ministre Chongli à l’impératrice douairière Cixi (1861-1908), a été rapporté par le capitaine Antoine Laporte, en poste à Pékin au début du XXe siècle, en compagnie de nombreux autres objets dont il fit don au musée Guimet. L’après-midi était entièrement dévolu aux arts d’Asie, avec toujours pour la porcelaine la collection de bleu et blanc d’Alain Saint-Loubert-Bié, adjugés entre quelques centaines et 7 366 € – ce prix récompensant un plat creux (diam. cm) décoré sous couverte d’un cavalier datant de la période Transition du XVIIe siècle –, mais aussi des bronzes. Une statuette (h. 21,1 cm) tibétaine de Tara du XVIIIe siècle, dorée et présentant des traces de polychromie, faisait pour 26 670 € le geste de l’argumentation et un vase (h. 24 cm) de type «fangzun» à arêtes crénelées, exécuté en bronze doré et émaux cloisonnés polychromes, était acquis à 25 700 €. Cette dernière pièce appartenait également au règne de l’empereur Qianlong. Un gouvernement décidément prolifique sur tous les points.

vendredi 25 septembre 2020 - 14:00 - Live
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