En Chine, sous le signe des étoiles à l'époque Qing

Le 19 décembre 2019, par Anne Doridou-Heim

Les trois sages du taoïsme apportaient leur prospérité à des porcelaines de la famille rose et à d’autres objets.

Chine, période Qing (1644-1912). Paire de panneaux en porcelaine, émaux polychromes de la famille rose, 50 x 33 cm et 48 x 33,5 cm.
Adjugé : 119 600 

Ils ont toujours été vénérés à l’égal des saints occidentaux. Fuxing, Shouxing et Luxing sont les étoiles les plus populaires de la mythologie chinoise, car ils symbolisent respectivement bonheur, longue vie et prospérité. On comprend que leur image de vieillards sages et souriants ait été souvent choisie comme illustration. Ici, ils se retrouvaient côte à côte sur la panse d’un grand vase en porcelaine décorée d’émaux de la famille rose, assis sous un pin de longévité lui aussi, une pièce de la première moitié du XIXe siècle qui se présentait sous les meilleurs augures pour recevoir 175 500 €. De la dynastie Qing, deux panneaux (reproduit ci-dessus) en porcelaine peinte avec les mêmes émaux d’un aigle branché et d’un jeune tigre toisant un dragon retenaient 119 600 €. C’est bien toute la richesse de la famille rose qui s’exprimait ici. Souvent employée dans des décors floraux, en réponse à la forte demande des Compagnies des Indes et sur des porcelaines que l’on exportait en masse vers l’Europe, cette palette a aussi su en magnifier de bien plus authentiques, à l’image de ces trois-ci. Autre technique, autre succès puisqu’il s’agit maintenant de la laque de cinabre : une véritable spécificité chinoise qui, depuis les confins de l’Antiquité (un premier bol en bois laqué, daté de 4000 av. J.-C., ayant été retrouvé dans la province du Zhejiang), n’a cessé de séduire les lettrés et les amateurs fortunés. Les Ming, à la suite de l’empereur Yongle (1402-1424), l’ont déclinée en rouge ou bien en rouge et noir, et appréciaient de la sculpter. Une verseuse inspirée de la forme d’une coloquinte (h. 22 cm) en laque de cinabre sur âme de tissu, de la fin de la dynastie Ming (1368-1644), laissait écouler 88 400 €. Un couple de lions bouddhiques en bronze laqué et doré (h. 60 cm), fondus quant à eux au XXe siècle dans un esprit archaïsant, montrait les crocs à 40 300 €, veillant sur leur précieux chargement.

lundi 09 décembre 2019 - 15:30 - Live
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