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Sonorités guinéennes

Le 21 novembre 2019, par Anne Doridou-Heim

La rareté sur le marché était récompensée ! Trente ans qu’aucun tambour baga n’avait plus été proposé aux enchères…

Sonorités guinéennes
Guinée, Baga, fin du XIXe siècle. Tambour en bois à patine brun-rouge et traces de polychromie, peau, h. 111,5 cm.
Adjugé : 154 560 

Ce n’est pas l’important moaï kavakava de l’île de Pâques, non plus que la figure d’ancêtre hemba (République démocratique du Congo) faisant la couverture de la Gazette du 25 octobre (no 36), qui tentaient les collectionneurs d’arts d’Afrique et d’Océanie, mais un objet bien plus rare, un tambour baga de Guinée. À la fin des années 1950, Ahmed Sékou Touré, alors président du pays, a imposé la destruction des objets réalisés par les sociétés traditionnelles. Peu y ont échappé et de ce fait, les exemplaires de ces artefacts à ce jour répertoriés sont quasiment tous abrités au sein de prestigieuses institutions ou collections internationales (Tervuren, Barbier-Mueller, British Museum, Metropolitan Museum…). Ainsi la dernière apparition sur le marché d’un tambour baga remonte-t-elle à une trentaine d’années, avec la vente de la collection Jacques Boussard, où il partit pour le Smithsonian de Washington. Celui-ci, supporté par une caryatide figurant une mère présentant son enfant (puisque dans cette ethnie peuplant les territoires de Basse-Guinée, ce type d’objet relève de la société des femmes), avec des traces de polychromie et sa peau bien tendue, se faisait entendre à 154 560 €. L’objet a un temps fait partie de la collection Maurice Nicaud (1911-2003), un marchand qui a sillonné l’Afrique de l’Ouest dès le début des années 1950. Même provenance pour un fétiche téké (République démocratique du Congo, h. 50,8 cm), posé à 64 400 €, un cimier (h. 61 cm) tiji wara bamana du Mali, dressé à 47 656 €, ou encore une figure de reliquaire kota du Gabon (h. 19,6 cm), emportée à 45 080 €. Son résultat est moins élevé, mais celui-ci est emblématique du goût de M. Nicaud car dans ses quelques centimètres se concentre toute la majesté d’une œuvre monumentale : impossible de ne pas citer les 6 440 € d’un étrier de poulie gouro de Côte d’Ivoire. Plus loin vers l’ouest et l’Océanie, un ancien crochet janiforme, collecté par la Mission rhénane (XIXe siècle) dans la province du Sépik oriental de Papouasie-Nouvelle-Guinée, retenait 67 700 € et le chasse-mouches tahiri-ra’a des îles Australes de Polynésie, reproduit page 52 de la Gazette du 8 novembre (no 38), 110 000 €. À signaler encore les 108 320 € d’une flèche faîtière kanak (h. 104 cm) ayant appartenu à George Ortiz, amoureux de l’art du Pacifique pour la part de pureté et d’évasion qu’il apporte.

jeudi 14 novembre 2019 - 15:30 (CET) - Live
Binoche et Giquello
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