Un lustre berlinois vers 1790

Le 07 janvier 2021, par Sophie Reyssat

En tête des résultats, des objets d’ameublement du XVIIIe siècle et une tabatière au chiffre de Napoléon.

Manufacture Werner & Mieth, Berlin, vers 1790, lustre à pendeloques de cristal taillé en poignards,
monture en bronze doré ajourée de palmettes, et formant des volutes tombantes
d’où s’échappent douze bras de lumière, h. 
95 cm environ.
Adjugé : 36 400 

En deux ventes consacrées aux arts classiques et à l’Empire, ce lundi remportait un produit global de 737 000 €. Les œuvres du XVIIIsiècle obtenaient les plus beaux succès du premier volet, à l’image de ce lustre produit par la manufacture créée par Christian Gottlob Werner et Gottfried Mieth, travaillant tous types de métaux, ainsi que le verre et le cristal de Silésie dans la dernière décennie du siècle. Très appréciés de la cour de Prusse, ils avaient reçu plusieurs commandes de Friedrich Wilhelm III, pour des lustres destinés à ses châteaux de Charlottenburg et de Berlin. Les grands classiques français étaient fidèles à leur réputation : 33 800 € étaient requis pour une paire de chenets rocaille façonnés en bronze doré vers 1720, figurant des chevaux marins montés par des putti et frappés d’une armoirie à la couronne comtale, tandis qu’une table à écrire en placage de satiné, d’époque Louis XV et estampillée par Simon Oeben, obtenait 26 000 €. Du côté de l’Empire, auquel la maison Aguttes consacrait une première session annonçant d’autres ventes, l’objet le plus convoité était une tabatière de présent en or et émail bleu au chiffre « N » de Napoléon Ier, emportée pour 48 100 € sur une estimation haute de 15 000 €. Elle a été réalisée par Bernard Armand Marguerite, auquel furent commandées près de cent cinquante tabatières destinées à l’Empereur et pouvant être offertes en récompense de services rendus, associé avec Étienne-Lucien Blerzy (voir l'article Objets très prisés, de l’Antiquité à l’Empire de la Gazette n° 45, page 68 et page de gauche). La musique s’invitait également au programme avec un violon d’Hippolyte Chrétien Silvestre Neveu, fabriqué à Lyon en 1873 et notamment accompagné d’un archet d’alto signé Louis Bazin, qui se faisait entendre moyennant 19 500 €, alors qu’un cor naturel avec tons interchangeables de Marcel Auguste, dit Auguste Raoux, jouait sa partition pour 13 000 €.

lundi 21 décembre 2020 - 02:00 - Live
Aguttes
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