Un joug de la culture totonaque de Veracruz

Le 07 janvier 2021, par Anne Doridou-Heim

Parmi un ensemble cohérent d’objets précolombiens, un joug en serpentine de la culture totonaque attrapait la balle au bond.

Mexique, culture totonaque, Veracruz, 200-700. Joug en serpentine vert foncé à patine brune à décor sculpté en bas relief d’un visage, d’un crapaud et de deux têtes de mort, 41 35 11 cm.
Adjugé : 61 824 

Annoncée en page 42 de la Gazette no 44 (voir l'article Mythes et légendes sud-américains), une collection de quatre-vingt-dix pièces d’art précolombien réunies par un amateur éclairé voyait ce joug en serpentine, sculpté en bas relief d’un visage et de têtes de mort, emporter la plus haute enchère à 61 824 €. En toute logique, puisqu’il était bien le cœur palpitant de cet ensemble, c’est le Mexique qui dominait la partie. Cette pièce en tout point caractéristique de la culture totonaque de Veracruz (200-700) appartient au monde des rites, étant la représentation symbolique de la ceinture de cuir ou de bois utilisée lors du jeu de balle pour protéger les hanches des participants face à l’impact de l’objet en caoutchouc. Son décor complexe, associant un visage humain émergeant de la gueule d’un crapaud et deux crânes, fait référence à un mythe maya et raconte de manière stylisée le combat du Soleil, traversant chaque jour une multitude d’épreuves et de sacrifices avant de renaître et d’apporter l’abondance à la Terre. L’autre œuvre attendue au plus haut était la figure de la divinité Xipe Totec (h. 72 cm), en pierre volcanique et de la culture aztèque (1200-1521), reproduite dans l’article mentionné ci-dessus. Le dieu du Printemps annonçait le renouveau à 23 828 €.

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