La collection Aurance sous la protection d’une déesse aztèque

Le 23 septembre 2019, par La Gazette Drouot

Les incertitudes concernant la tenue de la vente n’ont pas découragé les collectionneurs qui ont salué de beaux résultats, les objets passionnément réunis par les époux Aurance.

Mexique, culture aztèque, époque impériale (1350-1520), Chalchiuhtlicue, déesse de l’eau, pierre volcanique sculptée et polie, traces de polychromie, 32,4 17,5 cm.
Adjugé : 377 000 


Le couple n’avait jamais fait mystère de sa passion pour l’art précolombien et du hasard qui avait conduit à sa naissance (voir l' Événement Collection Aurance : la magie intacte des arts du Mexique ancien, Gazette n° 29, page 32) ; il n’a jamais été avare non plus en prêts pour de belles expositions muséales  ainsi d’un bas-relief maya de l’époque classique (600-900 apr. J.-C.), adjugé 65 000 €. Et lorsque le Guatemala justement demande la restitution d’un fragment de stèle maya sculptée de la tête de l’oiseau céleste  provenant du site archéologique de Piedras Negras qui aurait été pillé , Madame Aurance décide de retirer l’objet de la vente pour entamer une négociation amiable avec le pays. Sur les 94 objets présentés, 78 ont été adjugés, souvent bien au-dessus des estimations et pour un produit total de 860 000 €. La plus belle enchère a salué la pierre volcanique représentant la déesse de l’eau, Chalchiuhtlicue assise, et celle-ci a pratiquement décuplé son estimation en atteignant 377 000 €. Sa «consœur», la déesse de la fertilité et de la terre, Coatlicue, datant également de l’époque impériale aztèque, 1350-1520, se posait quant à elle à 97 500 €. Cette dernière, agenouillée et toute ridée, touchait particulièrement la collectionneuse dont elle disait que ce serait la seule pièce qu’elle aurait gardée. Elle ira diffuser ses secrets chez un nouvel amateur… Les Aurance avaient une affection particulière pour les masques cultuel de Teotihuacán, justement parce qu’il s’agissait de fragments, et refusaient de les restaurer  d’ailleurs tous les objets ont été conservés dans leur état lors de l’acquisition. Celui en serpentine verte (450-650 apr. J.-C.) séduisait à 62 405 €, celui en albâtre (250-650 apr. J.-C., 14 11 6,5 cm) à 7 800 €. Parmi les highlights, il faut citer encore les 52 000 € d’un autel cérémoniel quadrangulaire sculpté en ronde bosse de têtes de morts. Cette pièce aztèque avait été rapportée du Mexique dans les années 1920 par Eugène Pépin (1887-1988), alors jeune ingénieur des Ponts et Chaussées en poste dans la vallée de Mexico, en même temps que l’importante statue Teotihuacán, aujourd’hui au pavillon des Sessions au Louvre.

Mexique, culture aztèque, époque impériale(1350-1520), Chalchiuhtlicue, déesse de l’eau,pierre volcanique sculptée et polie,traces de poly
Mexique, Teotihuacán, époque classique (450-650 apr. J.-C.), fragment de masque cultuel présentant le visage d’un grand seigneur, serpentine vert foncé, 20 16 10 cm.
Adjugé : 62 400 

L’«el dorado» de la succession Wagner

Le 25 septembre 2019, par Anne Doridou-Heim

Sept ans après leur première vente à Drouot, le succès était de retour pour les pièces précolombiennes du marchand suisse Wagner, cette fois sur ses ors.

Yotoco, province de Calima, Colombie, 100 av.-200 apr. J.-C. Masque de cérémonie d’un seigneur chamane aux quatre oiseaux mythiques, feuilles d’or découpées, martelées, percées et repoussées, 18,5 23,5 cm, poids : 205 g. Adjugé : 100 100 

En 2012, les enfants avaient choisi de conserver les pièces d’orfèvrerie de leur père : peu de numéros, mais de rares productions martelées en Colombie au tournant de notre ère et qui ont donné de beaux résultats lors de leur présentation après la collection Aurance (voir page 89). Le plus élevé, 100 100 €, venait s’accrocher sur ce masque d’un seigneur chamane au faciès spectaculaire, ayant traversé les siècles sans une ride. L’or n’était pas qu’un mythe. Le métal précieux a motivé la ruée vers l’Ouest de tant et tant de conquistadors, prêts à tout pour se l’approprier, entraînant bientôt la disparition de cultures ancestrales. En Colombie comme au Pérou, rois, reines et dignitaires se paraient d’ornements fabuleux leur donnant l’éclat de représentants du Soleil sur la Terre. Ce masque saisissant était accompagné d’un autre d’un aspect plus sobre (100 av.-100 apr. J.-C., 16,5 22,5 cm, poids : 139 g), salué de 71 500 €, et de deux ornements de bras en forme de pince : l’un orné de l’emblème du clan des hommes-jaguars (200 av.-200 apr. J.-C., 22,5 13 cm, poids : 200 g) et le second, de l’effigie du dieu de la Pluie (mêmes dates, 19,5 10,5 cm, poids : 174 g). Ces deux parures étaient portées à 84 500 et 52 000 €. Elles donnent une petite idée de l’effet que pouvaient produire les chamanes lors des cérémonies.

La collection Aurance sous la protection d’une déesse aztèque

Le 25 septembre 2019, par Anne Doridou-Heim

Les incertitudes concernant la tenue de la vente n’ont pas découragé les collectionneurs, qui ont salué de beaux résultats les objets passionnément réunis par les époux Aurance.

Mexique, culture aztèque, époque impériale (1400-1520), Coatlicue, déesse de la fertilité et de la terre, pierre volcanique sculptée et polie, 34,9 20,2 22,8 cm.
Adjugé : 97 500 

Le couple n’avait jamais fait mystère de sa passion pour l’art précolombien et du hasard qui avait conduit à sa naissance (voir l' Événement Collection Aurance : la magie intacte des arts du Mexique ancien, Gazette n° 29, page 32) ; il n’a jamais été avare non plus en prêts pour de belles expositions muséales  ainsi d’un bas-relief maya de l’époque classique (600-900 apr. J.-C.), adjugé 65 000 €. Et lorsque le Guatemala justement demande la restitution d’un fragment de stèle maya sculptée provenant du site archéologique de Piedras Negras , Madame Aurance a retiré l’objet de la vente pour entamer une négociation amiable avec le pays. Sur les 94 objets présentés, 78 ont été adjugés, souvent bien au-dessus des estimations et pour un produit total de 860 000 €. La plus belle enchère a salué la pierre volcanique représentant la déesse de l’eau, Chalchiuhtlicue assise, et celle-ci a pratiquement décuplé son estimation en atteignant 377 000 €. Sa «consœur», la déesse de la fertilité et de la terre, Coatlicue, datant également de l’époque impériale aztèque, 1350-1520, se posait quant à elle à 97 500 €. Cette dernière, agenouillée et toute ridée, touchait particulièrement la collectionneuse, qui disait d’elle que ce serait la seule pièce qu’elle aurait gardée. Elle ira diffuser ses secrets chez un nouvel amateur… Les Aurance avaient une affection particulière pour les masques cultuels de Teotihuacán, justement parce qu’il s’agissait de fragments, et refusaient de les restaurer  d’ailleurs tous les objets ont été conservés dans leur état lors de l’acquisition. Celui en serpentine verte (450-650 apr. J.-C.) séduisait à 62 405 €, celui en albâtre (250-650 apr. J.-C., 14 11 6,5 cm) à 7 800 €. Parmi les highlights, il faut citer encore les 52 000 € d’un autel cérémoniel quadrangulaire sculpté en ronde bosse de têtes de mort. Cette pièce aztèque avait été rapportée du Mexique dans les années 1920 par Eugène Pépin (1887-1988), alors jeune ingénieur des Ponts et Chaussées en poste dans la vallée de Mexico, en même temps que l’importante statue Teotihuacán, aujourd’hui au pavillon des Sessions au Louvre.
 

Mexique, Teotihuacán, époque classique (450-650 apr. J.-C.), fragment de masque cultuel présentant le visage d’un grand seigneur, serpenti
Mexique, Teotihuacán, époque classique (450-650 apr. J.-C.), fragment de masque cultuel présentant le visage d’un grand seigneur, serpentine vert foncé, 20 16 10 cm.
Adjugé : 62 400 
Mexique, culture aztèque, époque impériale (1350-1520), Chalchiuhtlicue, déesse de l’eau,pierre volcanique sculptée et polie, traces de po
Mexique, culture aztèque, époque impériale (1350-1520), Chalchiuhtlicue, déesse de l’eau,
pierre volcanique sculptée et polie, traces de polychromie, 32,4 
17,5 cm.
Adjugé : 377 000 
mercredi 18 septembre 2019 - 15:30 - Live
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