Deux Majorelle plutôt qu’un

Le 05 décembre 2019, par Anne Doridou-Heim

Le nénuphar a inspiré le célèbre ébéniste de l’art nouveau, qui le faisait s’épanouir ici sur un bureau et une bibliothèque.

Louis Majorelle (1859-1926), bibliothèque modèle Nénuphar en acajou sculpté et placage de courbaril, à cinq portes et trois niches, décor en bronze doré de fleurs et feuilles de nénuphar, 250 308 50 cm.
Adjugé : 39 000 

Appartenant au même ensemble, un bureau (voir l'article Beau et utile page 58 de la Gazette 40 du 22 novembre) et une bibliothèque (reproduite ci-contre) en acajou sculpté et courbaril (arbre tropical d’Amérique du Sud, au bois dur apprécié en ébénisterie) exploraient la thématique du nénuphar et signaient un manifeste du style de leur auteur, l’ébéniste nancéien Louis Majorelle (1859-1926). 44 200 € s’inclinaient gracieusement pour le premier, 39 000 € pour la seconde. La plante aquatique qui «vient sourire à la surface lisse» (Edmond Rostand) a beaucoup inspiré les peintres, les poètes et les créateurs de mobilier de la fin du XIXe siècle et de l’époque art nouveau. Majorelle le premier, féru de nature, l’a souvent associée ainsi que d’autres espèces à un mobilier de chambre à coucher, à des lampes s’emparant de sa tige souple avant de la voir s’épanouir en fleur, ou encore à cet ensemble créé pour la fameuse Exposition de 1900, celle qui justement réunissait la fine fleur de la création ! Semblant jaillir du sol, elle se lance à l’assaut des montants du bureau et de la bibliothèque, et c’est avec sa fine élégance que l’ébéniste en joue pour sublimer ses meubles. Nulle marqueterie ne vient les alourdir, le bois aux teintes sombres étant simplement employé pour ses veines et rehaussé de l’éclat de ce trompe-l’œil de bronze végétal.

mardi 26 novembre 2019 - 14:00 - Live
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