L’été sera chaud !

Le 04 juillet 2019, par Anne Doridou-Heim

Picabia se jouait des effets de soleil et revisitait la modernité avec deux œuvres dissemblables, preuves de sa liberté de peintre.

Francis Picabia (1879-1953), Nu de face, technique mixte sur carton, 76 51,5 cm.
Adjugé : 390 000 

L’été dernier, dans le cadre de la manifestation «Picasso Méditerranée», le musée Granet d’Aix-en-Provence a imaginé une confrontation entre Francis Picabia (1879-1953) et le Malaguène : une exposition qui fut saluée par toute la critique et qui mettait en avant, outre de nombreuses similitudes entre deux noms phares du XXe siècle, toute la modernité du premier. De fait, Picabia goûtait la même liberté que son contemporain et son parcours est émaillé de ruptures avec l’idée même de style. Les deux œuvres accrochées ici en témoignent. Entre Les Châtaigniers à Munot, effet de soleil (reproduits ci-dessous et en couverture de la Gazette no 24, voir l'article Francis Picabia 1907 : nature et photographie), peints en 1907 dans une veine postimpressionniste, et le Nu de face, œuvre des années 1940 dont la liberté de ton fait écho aux avant-gardes photographiques de l’entre-deux-guerres, il n’est guère de point commun, si ce n’est peut-être une impression de chaleur, d’été… Longtemps, ces nus furent boudés par la critique, relégués au rang du kitsch : aujourd’hui, une autre lecture leur est offerte et les ancre dans une nouvelle modernité. 314 600 € étaient récoltés par le paysage, 390 000 € allant à cette femme assumant ses formes et sa sensualité sans fausse pudeur. Enfin et tout de même, une encre noire, titrée Hyper poésie (21 21 cm), rappelait à tous et à 23 400 € que le peintre est le cofondateur du dadaïsme français. Le programme avait débuté avec une tonalité plus classique et les 29 900 € d’une toile de Paul-Émile Lecomte (1877-1950), Quai à Port-Joinville, île d’Yeu (60 72,5 cm), avant de prendre la clé des champs avec les 28 600 € cueillis par les Pommiers bleus (45 54 cm) de Charles Frechon (1856-1929) et les 16 220 € de Meules près du village (60 81 cm) de Gustave Cariot (1872-1950). Une envie de mer et d’évasion était soufflée par La Calanque d’En-Vau près de Marseille (55 46 cm), fixée par le maître des lieux Jean-Baptiste Olive (1848-1936), et des Élégantes à la pointe de Bihit, Bretagne (50 65 cm) de Pierre-Eugène Montezin (1874-1946), invitant à les suivre en vacances à 22 100 et 25 350 €.

Francis Picabia (1879-1953), Les Châtaigniers à Munot, effet de soleil, 1907, huile sur toile d’origine, 73 x 92 cm. Adjugé : 314 600 €
Francis Picabia (1879-1953), Les Châtaigniers à Munot, effet de soleil, 1907, huile sur toile d’origine, 73 92 cm.
Adjugé : 314 600 
Panorama (après-vente)

Époque Louis-Philippe

Le roi des Français a été à l’honneur tout cet hiver dans de belles expositions (Versailles, Fontainebleau), qui rendaient hommage à la profusion créative d’une époque souvent négligée. Plusieurs objets datant de cette période étaient proposés dans la vente de Millon du mardi 26 juin à Drouot, dont notamment cette bague d’homme en or sommée d’un camée en corail au profil de Louis-Philippe : un présent du roi à son épouse, la reine Marie-Amélie, ici honoré de 3 900 €. Plus anecdotiques peut-être, mais non dénués d’intérêt car dévoilant des coulisses ô combien vivantes le monde des cuisines , un moule à charlotte provenant du palais des Tuileries et une poissonnière du château d’Eu, tous deux en cuivre étamé et datés 1845, retenaient respectivement 975 et 1 170 €.

mercredi 26 juin 2019 - 14:00 - Live
9, rue Drouot 75009 Paris
Millon
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