Léger, poids lourd de la vente Elgar

Le 09 juillet 2020, par Anne Doridou-Heim

Une jolie Marguerite de Léger et une nature morte structurée valaient à leur auteur de tutoyer les sommets et à un critique investi une belle consécration.

Fernand Léger (1881-1955), Nature morte aux trois fruits, 1939, huile sur toile, 65 92 cm.
Adjugé : 844 800 

©ADAGP, Paris, 2020

On attendait Fernand Léger (voir l'article Elgar et Léger : une histoire de regards de l’Événement en page 10 de la Gazette n° 9 du 6 mars) et on a eu Fernand Léger ! Le résultat déjà confortable de 332 800 € pour le Portrait de Marguerite Lesbats et celui plus conséquent encore de 844 800 € pour cette Nature morte aux trois fruits, peinte en 1939, dûment référencée et ayant valeur de document historique (voir l'article Quand Léger retrouve ses racines en couverture et page 6 de la Gazette no 4 du 31 janvier), ont permis à la collection Elgar de récolter un produit total de 1 404 198 €. Du peintre ayant mis en avant un nouveau réalisme – celui de la couleur pure et de l’objet – que son ami Frank Elgar n’a eu de cesse de promouvoir, se négociaient ensuite à 14 080 € une gouache sur papier de 1946 offrant une appétissante Assiette de fruits (28 36 cm), à 39 680 € une encre de la même année, intitulée Composition aux porte-plumes et crayon (30 22,5 cm) et amicalement dédicacée, ainsi qu’à 17 920 € une céramique (21 25 cm) glaçurée en bleu et rouge, témoin de sa passion naissante autour de 1950 pour les arts du feu à Biot. Si Léger n’a pas laissé lui échapper la vedette, il partageait les murs de l’appartement parisien du journaliste avec d’autres artistes de son temps. Commençons par Baltasar Lobo (1910-1993), dont les courbes sensuelles et rassurantes imprimées à une Jeune femme ou Contemplation, sculptée telle une entité fondatrice (voir l’Événement ci-dessus mentionné, page 13), retenaient 21 760 €. Un même sens de la ligne et du volume se retrouvait chez l’artiste d’origine chilienne Marie-Thérèse Pinto (1894-1980). Le Toit du monde, dessiné en 1958 et ici présenté dans une version en bronze doré (h. 18,5 cm), s’élevait en toute simplicité à 4 224 €. Quelques documents historiques tels que lettres, cartes de vœux et livres dédicacés complétaient le décor, pour mieux souligner le rôle essentiel de l’homme Frank Elgar dans la diffusion de l’art moderne. S’y trouvait notamment l’exemplaire spécialement imprimé pour lui de son Étude de l’œuvre de Picasso (Fernand Hazan éditeur, 1955), accompagné de son portrait dessiné par le maître, qui changeait de mains à 7 680 €. Deux antilopes bambara en bois veillaient, à respectivement 7 040 et 11 264 €, sur l’âme de cette collection et de son ancien propriétaire.
 

Fernand Léger (1881-1955), Portrait de Marguerite Lesbats, 1949, huile sur toile, 46 x 38 cm. Adjugé : 332 800 €
Fernand Léger (1881-1955), Portrait de Marguerite Lesbats, 1949, huile sur toile, 46 38 cm.
Adjugé : 332 800 

Léger, poids lourd de la vente Elgar

Le 16 juillet 2020, par Anne Doridou-Heim

Une jolie Marguerite et une nature morte structurée valaient à leur auteur de tutoyer les sommets et à un critique investi une belle consécration.

Fernand Léger (1881-1955), Nature morte aux trois fruits, 1939, huile sur toile, 65 92 cm.
Adjugé : 844 800 

©ADAGP, Paris, 2020

On attendait Fernand Léger (voir l'article Elgar et Léger : une histoire de regards de l’Événement en page 10 de la Gazette n° 9 du 6 mars) et on a eu Fernand Léger ! Le résultat déjà confortable de 332 800 € pour le Portrait de Marguerite Lesbats et celui plus conséquent encore de 844 800 € pour cette Nature morte aux trois fruits, peinte en 1939, dûment référencée et ayant valeur de document historique (voir l'article Quand Léger retrouve ses racines de la couverture et page 6 de la Gazette no 4 du 31 janvier), ont permis à la collection Elgar de récolter un produit total de 1 404 198 €. Du peintre ayant mis en avant un nouveau réalisme – celui de la couleur pure et de l’objet – que son ami Frank Elgar n’a eu de cesse de promouvoir, se négociaient ensuite à 14 080 € une gouache sur papier de 1946 offrant une appétissante Assiette de fruits (28 36 cm), à 39 680 € une encre de la même année, intitulée Composition aux porte-plumes et crayon (30 22,5 cm) et amicalement dédicacée, ainsi qu’à 17 920 € une céramique (21 25 cm) glaçurée en bleu et rouge, témoin de sa passion naissante autour de 1950 pour les arts du feu à Biot. Si Léger n’a pas laissé lui échapper la vedette, il partageait les murs de l’appartement parisien du journaliste avec d’autres artistes de son temps. Commençons par Baltasar Lobo (1910-1993), dont les courbes sensuelles et rassurantes imprimées à une Jeune femme ou Contemplation, sculptée telle une entité fondatrice (voir l’Événement ci-dessus mentionné, page 13), retenaient 21 760 €. Un même sens de la ligne et du volume se retrouvait chez l’artiste d’origine chilienne Marie-Thérèse Pinto (1894-1980). Le Toit du monde, dessiné en 1958 et ici présenté dans une version en bronze doré (h. 18,5 cm), s’élevait en toute simplicité à 4 224 €. Quelques documents historiques tels que lettres, cartes de vœux et livres dédicacés complétaient le décor, pour mieux souligner le rôle essentiel de l’homme Frank Elgar dans la diffusion de l’art moderne. S’y trouvait notamment l’exemplaire spécialement imprimé pour lui de son Étude de l’œuvre de Picasso (Fernand Hazan éditeur, 1955), accompagné de son portrait dessiné par le maître, qui changeait de mains à 7 680 €. Deux antilopes bambara en bois veillaient, à respectivement 7 040 et 11 264 €, sur l’âme de cette collection et de son ancien propriétaire.

ERRATUM Dans la Gazette n° 27 du 10 juillet dernier, en page 76, nous avons donné par erreur la vente de la collection Frank Elgar à la maison Mathias & Oger-Blanchet OVV. Elle était en fait dirigée par la maison Tessier & Sarrou et Associés et s’est tenue le jeudi 2 juillet, à Drouot. Nous présentons toutes nos excuses aux intéressés.

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