Collection des princes Youssoupoff

Le 22 juillet 2021, par La Gazette Drouot

Les derniers souvenirs des princes Youssoupoff et ceux d’autres provenances ont séduit bien au-delà de nos frontières. L’heure de la Russie impériale sonnait juste !

Service à thé en vermeil, plateau, théière, pot à lait, sucrier et coupe de présentation, maître orfèvre Friedrich Kolb, Saint-Pétersbourg, 1784-1788 et après 1793 pour le plateau, poids total 3 751 g.
Adjugé : 141 680 

Il n’y avait guère de doute sur le succès du chapitre de la vacation consacré aux Youssoupoff, tant chaque apparition des souvenirs du couple princier Félix et Irina suscite de convoitises. Et en effet, le portrait du premier (voir ci-dessous) a décuplé son estimation, à 106 904 €, alors que celui de sa mère, la princesse Zénaïde Youssoupoff, comtesse Soumarokoff-Elston (1861-1939), traduit au pastel par la grande-duchesse Élisabeth Féodorovana, fixait 25 760 €. D’autres visages ressortaient de l’ombre et rappelaient les glorieuses heures impériales, celui de la jeune princesse Irina Alexandrovna de Russie (1895-1970), exécuté sur toile (52,5 49 cm à vue) en 1911 par un artiste célèbre à la cour, Alexandre Mikhaïlovitch Leoutovsky (1865-1928), retenant 23 828 €. Ils étaient bien entourés pour honorer leur rang, notamment d’une pendulette de Fabergé (voir également page de droite) et de ce service à thé impérial réalisé sous le règne de Catherine II (1762-1796) par un orfèvre saint-pétersbourgeois, le maître Friedrich Kolb. La particularité de cet ensemble en vermeil composé d’un plateau, d’une théière, d’un sucrier, d’un pot à lait et d’une coupe de présentation est d’avoir été fabriqué pour le palais d’Hiver et tout spécialement pour la Grande Catherine, son fils le futur Paul Ier et sa seconde épouse née princesse Sophie-Dorothée de Wurtemberg, dont le plateau porte le monogramme. Pour avoir le bonheur de prendre un thé, virtuel, avec l’impératrice, il en coûtait 141 680 €. Un peu moins onéreuse, mais tout aussi historiée et impériale, en vermeil également, une cafetière datant de 1780 versait 66 976 €. Elle porte les poinçons de l’orfèvre Johan Henrik Blohm, ayant travaillé entre 1759 et 1805, et comme le service à thé, l’aigle bicéphale des Romanov sous leur couronne.
 

L’émail est aussi indissociable de la maison Fabergé que de la Russie impériale du tournant du XXe siècle. Il ornait cette fois de son rou
L’émail est aussi indissociable de la maison Fabergé que de la Russie impériale du tournant du XXe siècle. Il ornait cette fois de son rouge translucide une pendulette de table en or de forme carrée, dont le fond est guilloché d’ondes. L’objet raffiné, poinçonné du maître orfèvre Mikhaïl Perkhine (1860-1903), entouré d’une frise circulaire de rubans croisés sertis de roses de diamants (12 12 cm, poids brut 512 g), se distinguait d’un résultat de 77 280 €.
La belle allure du prince Félix Félixovith Youssoupoff (1887-1967) a valu à son portrait (80 x 63 cm) – déjà remarqué page 27 dans le Focu
La belle allure du prince Félix Félixovith Youssoupoff (1887-1967) a valu à son portrait (80 x 63 cm) – déjà remarqué page 27 dans le Focus de la Gazette n° 25 (voir l'article Les derniers souvenirs des Youssoupoff) – de décrocher 106 904 €. L’anonymat de l’auteur – tout juste pense-t-on que le tableau a été exécuté entre 1923 et 1925 lors du séjour princier aux États-Unis – n’a pas nui au modèle, tout au contraire. Il donne à voir un jeune moderne, élancé, dont le naturel contraste avec l’image souvent véhiculée du commanditaire de l’assassinat de Raspoutine.

La Campanie est bien belle vue de la Russie ! L’artiste qui a peint ce grand vase(h. 110 cm) en porcelaine de Saint-Pétersbourg a reprodui
La Campanie est bien belle vue de la Russie ! L’artiste qui a peint ce grand vase (h. 110 cm) en porcelaine de Saint-Pétersbourg a reproduit un tableau de Jacob Philippe Hackert (1737-1807), qui lui-même s’était inspiré de l’ouvrage Voyage pittoresque ou Description des royaumes de Naples et de Sicile, publié à Paris en 1781. Il s’agit d’une belle illustration de la circulation des connaissances et des goûts dans l’Europe des XVIIIe et XIXe siècles. Les fumées du Vésuve, l’un des deux sujets de la composition avec la chartreuse de Saint-Martin, grimpaient jusqu’à 161 000 €.
Sur une photo ancienne d’un intérieur qui n’a plus grand-chose de la grandeur d’un palais russe – celui de la résidence parisienne du prin
Sur une photo ancienne d’un intérieur qui n’a plus grand-chose de la grandeur d’un palais russe – celui de la résidence parisienne du prince et de la princesse Félix Youssoupoff –, on peut apercevoir ce couple valser, fixé dans le bronze. Il s’agit de Vaslav Nijinski et Tamara Karsavina, jouant les rôles d’Arlequin et de Colombine dans le ballet «Carnaval», joué à Paris, le 4 juin 1910 (38 30 21,5 cm), du sculpteur Gleb W. Derujinsky (1888-1975). Les deux partenaires, formés au sein de la prestigieuse École impériale du ballet, tournoyaient au son d’une douce musique de 48 944 €.
vendredi 09 juillet 2021 - 11:00 - Live
Coutau-Bégarie
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