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La colline arborée version Estève

Publié le , par Anne Doridou-Heim

En traits et en couleurs, l’art moderne affichait sa variété, ainsi que les signatures de Bonnard, Matisse ou Miró.

La colline arborée version Estève
Maurice Estève (1904-2001), La Colline aux trois arbres, 1948, huile sur toile, 65 81 cm.
Adjugé : 143 000 

Outsider dans la programmation, c’est pourtant Maurice Estève qui s’installait à la première place de l’après-midi ! Pour atteindre sa Colline aux trois arbres, peinte en 1948 et affichant les couleurs du bonheur retrouvé, il fallait grimper à 143 000 €. Bardée d’étiquettes d’expositions, reproduite dans deux ouvrages consacrés au peintre et ayant appartenu à un autre maître de cette période, Jean Bazaine, la toile est construite selon un schéma établissant une grille de différents points de vue. L’œuvre est une réminiscence des souvenirs de son auteur, ceux d’une colline surmontée de trois arbres, ceux aussi d’une vue au loin sur une plaine cloisonnée de cultures et de bosquets offrant des jeux colorés et de lumière. Le tout forme un tableau de l’ordre de la sensation, un «ordre plastique intermédiaire entre le réel et l’imaginaire», selon les mots de Pierre Francastel (Estève, Paris, 1956). Il volait donc la première place à l’huile sur panneau de Pierre Bonnard (1867-1947), dont Les Courses à Boulogne (37 46 cm) de 1912, malgré leurs efforts et leur allure, étaient coiffées sur le poteau. Elles atteignaient néanmoins 117 000 €. Le Gué (75 114,5 cm) de Santiago Rusiñol (1861-1931), un artiste espagnol rare sur le marché parisien choisi par la Gazette n° 25 (voir l'article D’une rive à l’autre page 56) pour annoncer la vente, ne franchissait pas quant à lui la ligne d’arrivée. Alors qu’au Salon du dessin, au palais Brongniart, les feuilles modernes se ramassaient à la pelle, les enchères prenaient les traits de ce médium, notamment avenue d’Eylau, où deux grands noms du XXe siècle présentaient les leurs. Joan Miró (1893-1983) proposait un Personnage, étoile (58,5 94 cm), tracé à la craie à la cire et au crayon sur carton, acquis à la galerie Maeght. Exécuté avec une grande rapidité, ce dessin était retenu à 67 600 €. Quant à Henri Matisse (1869-1954), l’une de ses versions d’une Odalisque, vers 1927, s’alanguissait à 104 000 €. Un joli résultat pour une œuvre de petites dimensions (28 38 cm) en tout point désirable.

mercredi 30 juin 2021 - 14:00 (CEST) - Live
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