Une brise énergique d'Auguste Herbin

Le 04 mars 2021, par Anne Doridou-Heim

Auguste Herbin livrait une nouvelle fois une œuvre abstraite construite avec son alphabet plastique, véritable condensé de ses théories.

Auguste Herbin (1882-1960), Brise, 1958, huile sur toile, 89 116 cm.
Adjugé : 112 056 

Bardée d’étiquettes d’expositions – Turin, Berne, Amsterdam, Fribourg… –, cette Brise d’Auguste Herbin vibrait d’un dynamisme qui la portait à 112 056 €. On ne sait trop si le vent vient de l’ouest ou de l’est, mais cela n’a guère d’importance, la peinture, construite avec des figures géométriques de couleurs violentes, constituant un bon résumé du style de son auteur. En effet, Herbin, après être passé par l’impressionnisme, le fauvisme puis le cubisme – une peinture figurative de 1923, La Loue à Mouthier (60 92 cm), traitée dans un cubisme cézannien apparaissait d’ailleurs ensuite, retenant 52 808 € –, se lance à corps perdu dès 1917 dans l’abstraction, plus précisément dans un art géométrique non figuratif. Il en devient l’un des plus éminents représentants français et l’un de ses théoriciens. Co-initiateur de l’association d’artistes Abstraction-Création, fondée en 1931 avec Georges Vantongerloo, il élabore en 1946 un alphabet plastique avec un système de composition reposant sur la structure des lettres, relevant de la synesthésie – à chacune de 26 couleurs correspondent une lettre, une forme et un son. Puis, en 1949, il réunit ses pensées dans l’ouvrage L’Art non-figuratif non-objectif. Ses toiles sont élaborées à partir d’un mot simple, qui donne son titre au tableau et joue des correspondances entre lettres, formes, couleurs et sonorités musicales. Frappé d’hémiplégie en 1953, Herbin ne renonce pas et apprend à peindre de la main gauche. Avec la même rigueur que celle qu’il applique à ses œuvres. Pour conclure, dans un tout autre esprit, la Route de Cailhau, (36,1 50,3 cm), maintes fois déclinée par Achille Laugé, cette fois-ci au pastel – une technique plus rarement usitée mais tout aussi maîtrisée –, invitait à prendre le chemin de l’été. Sur cette version, c’est une chaude brise de 21 252 € qui soufflait.

Panorama (après-vente)

Une première toilette de María Blanchard

Le 04 mars 2021, par Anne Doridou-Heim

Cette première version de La Toilette de María Blanchard date de 1924.

Cette toile (81 65 cm) de María Blanchard (1881-1932), présentée chez Boisgirard - Antonini (M. Kasznia) le jeudi 25 février et portée à 38 640 €, est très probablement la première version de La Toilette, une œuvre de 1924 reproduite dans le catalogue raisonné de ses peintures et exposée à Madrid, en 2013, au Museo nacional Centro de Arte Reina Sofía. L’artiste espagnole, venue à Paris pour se confronter à la modernité, a d’abord été séduite par le cubisme de Juan Gris et d’André Lhote, avant de revenir à un style figuratif mais teinté de réminiscences cubistes dans les années 1920. Les enfants et les femmes, souvent reproduits en plusieurs versions, deviennent alors ses thèmes récurrents.

jeudi 25 février 2021 - 14:00 - Live
Boisgirard - Antonini
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