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Standing ovation pour Joséphine

Le 25 novembre 2021, par Anne Doridou-Heim

Un timing parfaitement choisi déroulait le tapis rouge à ce portrait en pied de Joséphine Baker, réalisé en 1931 par Jean Isy de Botton.

Standing ovation pour Joséphine
Jean Isy de Botton (1898-1978), Portrait en pied de Joséphine Baker, 1931, huile sur toile, 215 130 cm.
Adjugé : 179 200 

Elle était la vedette de l’après-midi et quelle vedette ! Joséphine Baker, puisque c’est d’elle qu’il s’agit, y avançait dans le plus simple appareil, simplement habillée de son grand sourire et d’une paire d’escarpins argentés, semblant à la fois surprise de se trouver là et heureuse. Le pari de la maison Ader d’oser cette estimation de 100 000/150 000 € (voir l'article Joséphine Baker, reine du music-hall des années folles de l'Avant-première de la Gazette n° 39, page 18) était gagné, «la perle noire» et éternelle amoureuse de Paris quittant la scène ovationnée par un résultat de 179 200 €, offrant au passage à son auteur, le peintre Jean Isy de Botton, un record mondial (source : Artnet). L’intérêt a donc été des plus vifs, même si les institutions paraissant tentées ne se sont finalement pas manifestées. Qu’importe, l’enfant de la balle du Missouri triomphait à la veille d’entrer au Panthéon, comme figure éminente de la Résistance et de la lutte antiraciste, portrait auquel il faut ajouter celui de mère courage. La vente s’affichant comme celle des modernités se concluait sur le produit total de 894 000 €, bien que les Baigneurs dans la Méditerranée, en arrière-plan les îles d’or (voir l'article Denis en Bretagne, Cross en Provence page 63 de la Gazette n°40), traduits par la touche fragmentée du néo-impressionniste Henri-Edmond Cross (1856-1910), n’aient pas réussi leur saut dans le grand bain des enchères. En revanche, Le Barrage de Génétin (73 60 cm) d’Armand Guillaumin (1841-1927), peint vers 1910, ouvrait les vannes à 58 880 € et la Baigneuse blonde (28 28 cm) d’Aristide Maillol (1861-1944), sujet d’un carton des années 1920-1930, entrait dans l’eau à 44 800 €. Ce trio d’artistes phares du début du XXe siècle, ayant chacun à leur manière participé au postimpressionnisme, était rejoint par le Nabi Maurice Denis (1870-1943). Avec le Débarquement du bois, une huile sur carton (25 40,5 cm) aux couleurs chaudes et lumineuses, c’est le synthétisme expérimenté à Pont-Aven aux côtés d’Émile Bernard qui s’exprime. La peinture, construite en strates harmonieusement superposées, retenait la somme de 39 680 €.

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