Tous azimuts

Le 28 novembre 2019, par Sophie Reyssat

Georges Mathieu, Arman, Pierre Folie et René Lalique… le XXe siècle démontre sa créativité, enchères à l’appui.

Georges Mathieu (1921-2012), Je pâte, 1970, huile sur toile signée, titrée et datée, 116 90 cm.
Adjugé : 62 500 

Faire jaillir la pâte du tube ou l’écraser du doigt sur la toile… Georges Mathieu fait irruption dans le monde de la peinture pour proposer une réalité nouvelle, celle de l’abstraction lyrique, pendant de l’action painting qui se développe conjointement aux États-Unis, dans les années 1950. Le rapport physique et spontané que l’artiste entretient avec sa peinture est manifeste dans cette œuvre vendue 62 500 €, qui focalise l’attention sur un empâtement rouge, tandis que les tracés noirs sur le fond immaculé dessinent une calligraphie aussi emblématique qu’une signature. Un autre artiste radical, habituellement célèbre pour ses colères, était au rendez-vous côté sculpture… À L’Enlèvement de bronze et d’argent créé par Marie Bernières-Henraux en 1911 (voir l'article Marie Bernières-Henraux redécouverte page 166 de La Gazette n°40), les amateurs préféraient Les Trois Saxophones en cristal d’Arman, édités par Serge Aboukrat et bataillés jusqu’à 14 000 €. Deux œuvres créaient la surprise dans deux autres catégories. Attendue au plus haut à 1 500 €, une paire de fauteuils imaginés par Pierre Folie pour les éditions Jacques Charpentier était ainsi propulsée à 14 375 €. Ces modèles «Douglas», dotés d’une assise et d’un dossier réglables en cuir noir, alors que leur coque, leur pied pivotant et leurs accotoirs courbés sont en inox, illustraient une autre facette de la créativité des années 1970. En verre soufflé-moulé teinté bleu, un vase «sauterelles» imaginé par René Lalique en 1913 faisait lui aussi sensation, en étant emporté à 11 000 €, soit plus de dix fois son estimation.

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