Pelotaris, kaskarote et montagne de la Rhune

Le 03 septembre 2020, par Philippe Dufour

Désormais incontournable, ce rendez-vous annuel de Guéthary consacré aux arts basques avait été évoqué dans le Focus de la Gazette n° 27 (voir l'article Beau fixe sur les arts basques). Et ses principaux acteurs ont su tenir leurs promesses.

Benjamin Gomez (1885-1959), Pelotaris, 1924, huile sur panneau signée et datée «septembre 1924» en bas à droite, 125 176 cm (détail).
Adjugé : 55 350 

Ce n’est pas le plus célèbre d’entre eux, mais Benjamin Gomez caracolait en tête avec 55 350 € ; il faut souligner à nouveau que ses Pelotaris datés «septembre 1924» réunissaient bien des qualités complémentaires. La peinture sur panneau (125 176 cm) parvient à concilier la tradition – à travers son sujet, des joueurs sur fond d’architectures villageoises – et le modernisme des années 1920, en usant d’une technique moderne et synthétique qui la situe au cœur de l’art déco. Star de toutes les ventes de la région, Ramiro Arrue était largement représenté ici aussi, par onze lots. Marins et kaskarote, une scène de séduction peinte à l’huile sur panneau (36 46 cm), a été son œuvre la plus appréciée, en inscrivant 43 050 €. Suivaient des Pelotaris dans le trinquet d’Espelette (29,5 23,6 cm), une gouache exécutée en 1925 qui portait, au verso, la date et le lieu de la main même d’Arrue (23 370 €). Certaines œuvres du maître étaient plus abordables, tels ses Deux hommes attablés, une aquarelle (21,5 22 cm) saisie pour 5 658 €. D’autres pelotaris, ceux de la toile de Maurice Guiraud Rivière (83,5 79,5 cm), raflaient 15 990 € bien que situés de l’autre côté des Pyrénées, à Bilbao. Les talents du paysagiste Louis Floutier ont pu également être appréciés, grâce à la Ferme basque devant la Rhune au printemps sur panneau (38,3 50 cm), vendue 2 595 €. Réalisé sur les dessins du même, un service de table en faïence fine de Digoin, du modèle «Cerbitzua», a également permis de juger de la «bascomanie» appliquée aux arts décoratifs ; comptant cinquante-sept pièces décorées de scènes de la vie quotidienne et du lauburus (la croix basque), il recueillait 4 059 €. Quant à la fameuse manufacture de Ciboure, elle s’illustrait avec un vase en grès de la période d’Étienne Vilotte (1921-1945) à décor tournant, représentant un bouvier basque et un berger accompagné de ses brebis (h. 29,5 cm). Il était saisi à 1 661 €.
 

Ramiro Arrue (1892-1971), Marins et kaskarote, huile sur panneau signée en bas à droite, 36 x 46 cm. Adjugé : 43 050 €
Ramiro Arrue (1892-1971), Marins et kaskarote, huile sur panneau signée en bas à droite, 36 46 cm.
Adjugé : 43 050 
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