Formes novatrices du XXe siècle

Le 09 mai 2019, par Philippe Dufour

Au sein d’une vacation dévolue aux arts décoratifs du siècle dernier éclataient les coloris profonds des verreries de Gallé, d’Argy-Rousseau et de Daum, sans oublier ceux des essences utilisées par Prinz et Serrurier-Bovy.

Établissements Gallé, vase de forme pansue trapézoïdale à col retourné en verre gravé à l’acide et soufflé dans un moule en creux, décor d’arums rouges sur fond jaune, h. 35,5 cm.
Adjugé : 52 080 


Diffusant les recherches du maître nancéien après sa disparition en 1904, les établissements Gallé livrèrent jusqu’à leur fermeture, en 1936 de somptueuses réalisations, le plus souvent en verre multicouche gravé à l’acide, et soufflé dans un moule en creux. Tel ce vase de forme pansue trapézoïdale, à col retourné, portant un tournoyant décor d’arums rouges sur fond jaune, disputé jusqu’à 52 080 €. Ce modèle est répertorié page 197 dans l’ouvrage de référence Gallé, le verre, par Duncan et De Bartha (Bibliothèque des arts, 1985). De Gallé encore, on avait pour 31 000 € un flacon «aux nénuphars», de forme rectangulaire en méplat, décor en marqueterie de verre polychrome, et signé sur le côté en intaille. Il était enrichi d’une monture en argent à décor de nénuphars en semi relief, arborant poinçons d’argent et d’orfèvre. De Gabriel Argy-Rousseau, un vase, signé, relevait du modèle Ronde de danseurs grecs, en pâte de verre à décor dans les rouges sur fond jaune beige et bandes horizontales noires. On le retrouve dans l’ouvrage Argy-Rousseau écrit par J. Bloch-Dermant (éditions de l’Amateur, 1990). Il recueillait 39 680 €. La maison Daum n’était pas oubliée dans ce panorama des arts verriers, avec un vase, signé, de forme balustre en verre gravé à l’acide à décor d’anémones dans les tons orange sur fond blanc à effet de martelage, doté d’une monture art nouveau en argent à la base et au col (poinçons d’argent et d’orfèvre). Il vous en coûtait 14 880 €. Au rayon mobilier, une table bibliothèque d’Eugène Printz attirait 16 740 € ; précisons que, de forme ronde, elle s’habillait de palissandre, équipée d’étagères ouvertes en bandeau et reposant sur quatre pieds fuselés réunis par une entretoise en laiton oxydé. Plus étonnant, le fauteuil Silex, dit «de nourrice», réalisé en peuplier et fer peint, avec un décor peint de grappes et feuilles de vigne : cette création originale de Gustave Serrurier-Bovy de 1905, etait acquise pour 9 920 €.

mardi 30 avril 2019 - 14:30 - Live
Maison R&C, Commissaires-Priseurs Associés
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