Un carreau iranien probablement du XVIIIe siècle

Le 04 mars 2021, par Anne Doridou-Heim

Un fauconnier rapportait dans sa besace des carreaux de céramique, des cabinets marquetés d’ivoire et une aquarelle perçante.

Iran, probablement XVIIIe siècle. Carreau au fauconnier en céramique siliceuse à décor de glaçures colorées et de lignes noires, 24 24 cm.
Adjugé : 15 360 

Cette vente consacrée aux arts islamiques se concluait sur le produit total de 257 000 €, portés notamment par l'Allemand Carl Haag (1820-1915), dont le Portrait d’Ali Ben Nasr Mansour, aquarellé en 1858, frappait 21 760 € par l’intensité de son regard (voir l'article Carl Haag : le goût du voyage de la Gazette n° 7, page 33). La chasse se poursuivait avec ce carreau iranien, probablement du XVIIIe siècle, dont le motif, un fauconnier, fondait sur sa proie à 15 360 €, décuplant son estimation. Il n’était pas le seul dans son genre… Les céramiques siliceuses orientales s’emparaient en effet des deuxième, troisième et quatrième places. Trois carreaux à décor végétal bleu cobalt et blanc (23,5 22 cm chacun), peints en Égypte ou en Syrie probablement au XVIe siècle, étaient déposés à 12 800 €. Même résultat pour un ensemble de trois autres, figurant chacun un jeune homme tenant une coupe ou des fleurs (16,5 16,5 cm chaque) – ceux-ci datent de l’Iran safavide du XVIIe siècle. Tous illustraient cette technique de la céramique siliceuse portée au plus haut dans la tradition orientale artistique, de l’Empire ottoman – dont l’Égypte et la Syrie  – à l’Iran. Théodore Deck en sera un grand admirateur au XIXe siècle, en retrouvera les secrets de fabrication et permettra ainsi leur redécouverte en Occident. En dernière partie de vacation, deux cabinets indiens en bois incrusté s’ouvraient à 8 960 et 6 144 €. Le premier, de petites dimensions (17 28 20 cm), incrusté d’os coloré et de fil métallique dans la région de Sind ou du Gujarat au XVIIe-XVIIIe siècle, illustre la technique ancestrale de la micromosaïque sadeli, introduite en Inde depuis le centre persan de Shiraz dès le XVIe. Cet art, requérant beaucoup de patience et de compétences techniques, était de ce fait très coûteux et donc peu usité. Le second cabinet, posé sur un piétement anglais du XIXe siècle (38 59 29 cm, h. totale 139 cm), est orné de filets d’ivoire formant un décor d’arbres fleuris et stylisés.

Panorama (après-vente)

Un bijou très politique

Le 04 mars 2021, par Anne Doridou-Heim

Brillant des mille éclats de ses diamants et pierres de couleur, cette décoration ottomane en or (poids brut 29 g, 5,2 5,6 cm), à la tughra du sultan Abdülhamid II (1876-1909), accrochait 7 680 €, vendredi 26 février à Drouot chez  Ader (cabinet MC David expertises). Ce bijou arbore les symboles forts du pouvoir impérial, la position centrale du turban à partir duquel partent neuf rayons précieux, montrant l’autorité et l’influence de la dynastie sur une variété de nations et ethnies, symbolisées par les pendeloques suspendues à la branche de laurier. Sont présents également des armes, évoquant la puissance de ses armées, et les drapeaux rouge et vert du sultanat et du califat, emblèmes du double pouvoir, politique et religieux.

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