La mariée était en or

Le 08 décembre 2017, par Anne Doridou-Heim

La récente ouverture du musée Yves Saint Laurent de Marrakech et la publicité qui en a été faite ont remis à l’honneur les bijoux marocains, dont le couturier était féru.

Maroc, Fès ou Meknès, vers 1800. Collier de mariage (lebba) en or jaune émaillé, orné de diamants, d’émeraudes, de rubis, de saphirs et de dix perles creuses alternant avec neuf pendentifs, cordon de coton, l. sans le cordon 37 cm, h. du pendentif central 13,5 cm, poids brut 365 g.
Adjugé : 76 700 €

Ce prestigieux collier pectoral d’apparat dit «lebba», réalisé dans les ateliers de Fès ou de Meknès vers 1800 et provenant d’une collection privée européenne (voir Gazette n° 41 du 24 novembre, page 75), était porté à 76 700 €. Il en devenait le plus bel ornement, après avoir été celui de la mariée pour laquelle il fut conçu. Imposant, avec ses neuf pendentifs spécialement étagés pour couvrir toute la poitrine, le bijou, outre le fait d’être un apparat et un marqueur social, avait un rôle talismanique : il agissait en effet comme un objet protecteur, d’où la présence du motif de croissant de lune suspendu aux pendentifs. D’où également le choix des dix perles, entre lesquelles s’intercalent les neuf pendentifs, symbolisant les dix doigts de la main, censée contrer le mauvais œil. La virtuosité des bijoutiers marocains s’y exprimait en toute liberté. Ceux-là se sont inspirés des ors de l’Andalousie nasride pour créer ces parures précieuses. Une paire d’ornements de tempes en vermeil, à décor d’émaux champlevés et de plaquettes de pierreries, de la fin du XIXe siècle, venait ensuite et à 23 400 € compléter le trousseau de la jeune Marocaine.

mercredi 29 novembre 2017 - 13:30 - Live
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