Un bouddha de Dali millionnaire

Le 14 juin 2019, par Anne Doridou-Heim

Le royaume de Dali délivre ses productions bouddhiques au compte-goutte et chaque apparition de l’une d’elles suscite émoi et grand intérêt. C’était le cas de ce grand Bouddha, auréolé de 2 560 000 € !

Chine, royaume de Dali, XIIe-XIIIe siècle. Statue de Bouddha en bronze doré, assis en vajraparyankasana, la main droite levée, h. 46 cm.
Adjugé : 2 560 000 

Les jeunes d’aujourd’hui disent «hors sol». Un qualificatif qui n’était pas connu des sages moines bouddhistes travaillant sans relâche à la fabrication et à la diffusion de la figure de leur Bouddha vénéré. On parlait alors de lévitation. C’est bien l’état qu’a atteint cette statue en bronze doré, que personne n’avait vue venir jusqu’à son exposition en salle 15. La population chinoise, très nombreuse à Paris en cette période de «Printemps asiatique», a rapidement permis de rectifier le tir et l’intérêt que suscitait la pièce a invité à l’étudier plus attentivement. Ainsi de Ming, celle-ci est devenue une production du royaume de Dali et datée du XIIe-XIIIe siècle. Les œuvres de cette période sont rares mais, depuis les 1 098 000 € obtenus chez Doutrebente le 23 mai 2014 par un bouddha (h. 28 cm) déjà, on y prête beaucoup plus attention. D’ailleurs, le 12 décembre dernier, une guanyin (h. 45,5 cm) apparaissait dans toute sa majesté et repartait auréolée de 762 500 € (Paris Enchères - Collin du Bocage OVV). La route de l’éveil continue avec les 2 560 000 € de cette figure de Bouddha de 46 cm de hauteur un détail d’importance lorsque l’on sait que la plupart n’excèdent pas les 10 cm , une enchère tutoyant les sommets et qui est l’une des plus élevées obtenues par un bronze de ce royaume. Son art a été révélé par les travaux d’une universitaire américaine, Helen Burwell Chapin (1892-1950), publiés en 1944. Ils permettaient d’apprendre notamment qu’un grand nombre de représentations de l’Éveillé pouvant lui être rattachées étaient dispersées dans les collections occidentales. Il semblerait que l’une d’entre elles vienne de réapparaître. Le petit royaume de Dali vivait abrité au sein de vallées situées à la jonction de routes commerciales, d’où sa richesse et sa rencontre avec des styles venus aussi bien d’Inde que du Tibet ou d’autres peuplades du nord de l’immense Chine. Ses temples se sont remplis de l’or de milliers de statues de bronze. Un or qui les recouvre aujourd’hui encore.

Panorama (après-vente)

Pêches de longévité

Après avoir tutoyé les sommets avec son bouddha du royaume de Dali, la maison Delon - Hoebanx poursuivait sur sa belle lancée, jeudi 13 juin à Drouot (M. L’Herrou). Ce vase (h. 55 cm) en porcelaine décorée en bleu sous couverte affiche un décor gourmand de grenades, melons et pêches de longévité, fruits juteux s’épanouissant sur sa panse au milieu de fleurs délicates. Des bienfaits, accompagnés d’une marque de Qianlong (1736-1796), qui le menaient à 64 000 €. Autre surprise, les 153 600 € d’un buffle couché, sculpté dans le jade vert (l. 37 cm), pourtant présenté comme étant du XXe siècle…

jeudi 13 juin 2019 - 13:30 - Live
9, rue Drouot 75009 Paris
Delon - Hoebanx
La Gazette Drouot vous offre 4articles.
Il vous reste 3 article(s) à lire.
Je m'abonne