Divinités et rituels, de la Chine et du Tibet

Le 12 mars 2020, par Philippe Dufour

Deux effigies de bronze figuraient au premier rang dans cette vente dédiée aux arts de l’Asie, attestant de l’omniprésence des rites bouddhiques dans le Tibet ancien.

Tibet, XVe siècle. Deux divinités protectrices de voyage, bronze ciselé doré, h. 6,5 cm.
Adjugé : 115 000 

L’une représente une divinité bouddhique à plusieurs bras enlaçant sa parèdre, tandis que l’autre, affectant un fort déhanché, est assise sur son trône à motifs de lotus. Ces deux petites sculptures constituant une paire, en bronze doré et finement ciselé, affichent une petite taille (6,5 cm). À cela, une raison : il s’agit de deux entités protectrices, emportées comme telles lors des voyages. Tout aussi notable, la date – ancienne – de leur réalisation : le XVe siècle. Exemples presque miniatures de la dévotion au bouddhisme propre au Tibet, elles attiraient une enchère finale de 115 000 €. Plus au nord, dans l’Empire chinois, prévalait l’usage des coupes libatoires, utilisées lors de cérémonies. Réalisées traditionnellement en corne de rhinocéros, elles portent différentes sortes de décor ; celui ornant un exemplaire de ces rares accessoires, accessible à Lyon (10 16 cm, 240 g), est d’ordre végétal, ajouré d’une prêle des champs (Mawei). Datant des environs de 1680, l’objet récoltait 25 000 €. De Chine toujours, mais exécuté au XIXe siècle, un grand brûle-parfums tripode (h. 12,5, diam. 23,5 cm) à deux anses, en bronze à patine noire, évoquait aussi les cultes rendus dans les temples ou à demeure ; portant la marque apocryphe «Sui Sho Rei Ka» à quatre lettres, il partait à 22 500 €. Deux lots s’imposaient ensuite à 6 250 €, l’un illustrant l’art délicat du mobilier traditionnel chinois, l’autre celui de la guerre au Japon. Le premier, réalisé vers 1930, était représenté par une paire de fauteuils en bois teinté rose, les accotoirs en fer à cheval et le dossier orné d’un dragon stylisé dans un médaillon (100 65 60 cm). Le second prenait la forme d’une armure de samouraï (h. 75 cm) en lamelles d’acier laqué noir et laiton serti (Yoroï) de l’époque d’Edo (1603-1868) et du XVIIe siècle ; elle était accompagnée de son casque (Suji Kabuto) à trente-deux lamelles en acier forgé, orné d’un insigne de demi-lune inclinée.

jeudi 05 mars 2020 - 14:30 - Live
Hôtel des ventes, 70, rue Vendôme 69006 Lyon
De Baecque et Associés
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