Divinités du Tibet versus guerriers japonais

Le 07 novembre 2019, par Philippe Dufour

L’art de l’Extrême-Orient raconté en quelques coups de marteau… Le rêve devenait réalité à travers les pièces composant cette belle collection à la thématique asiatique.

Tibet, début du XVIIIe siècle. Bouddha en bronze doré ciselé, cabochons de turquoise, socle lotiforme serti d’une plaque de cuivre gravée, h. 19 cm.
Adjugé : 28 125 

Trônant sur un socle lotiforme, un bouddha en bronze doré ciselé (h. 19 cm), avec incrustation de cabochons de turquoise, ouvrait le bal en attirant 28 125 €. La sculpture, ayant vu le jour au Tibet, au début du XVIIIe siècle, mêle deux divinités complémentaires en ces terres de syncrétisme religieux : l’Éveillé, à six bras et à trois têtes coiffées d’une tiare, étreint un Shiva doté des mêmes caractéristiques. Tout près de là, en Chine, s’élaboraient les éléments d’un mobilier précieux. En témoignait un paravent de la fin du XIXe siècle à deux feuilles, à décor en soie brodée sur une face de divers oiseaux et de papillons parmi des arbres en fleurs (dim. d’une feuille 163 47 cm) ; il était enlevé pour 6 500 €. Ambiance plus guerrière du côté du Japon, d’où provenait un katana shinto de l’époque d’Edo (1603-1868), vendu 18 750 €. Sa lame ciselée arborant un décor de Fudomyo (l’Immuable) devant une cascade, alors que le verso est gravé d’un dragon, est signée Kawai Hisayuki et datée 1864 (longueur totale avec le fourreau : 103,5 cm). Quant à la monture et le tsuba en bronze doré, ils portent la signature de Bakufu Si, fabricant de katanas. Le propriétaire de cette arme aurait pu endosser un yoroï de l’ère Meiji (1868-1912), une armure de samouraï en acier laqué noir (h. 75 cm) composée de plusieurs accessoires : manchettes protège-bras sur tissu bleu lapis à décor brodé de fleurs noires, tablier protège-hanches, protège-torse orné du mon («insigne») de famille, sans oublier la mentonnière à la bouche ouverte et le casque orné d’une demi-lune en laiton à l’avant (diam. 30 cm). Conservée dans sa boîte d’origine elle aussi ornée du mon, le yoroï récoltait 6 250 €.

mercredi 30 octobre 2019 - 14:30 - Live
Hôtel des ventes, 70, rue Vendôme 69006 Lyon
De Baecque et Associés
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