L’irrésistible ascension d’un dragon impérial

Le 12 mars 2020, par Philippe Dufour

Estimée 1/2 M€, la pièce de forme «bianhu» (ou «vase lune») inspirée par celles des gourdes de pèlerins de l’époque Tang, était disputée jusqu’à 4 937 200 €, pour être finalement enlevée par un acheteur chinois, au téléphone.

Chine, époque Qianlong (1736-1795). Gourde dite «bianhu», en porcelaine blanche émaillée en bleu sous couverte, marque en bleu sous couverte de Qianlong à six caractères en zhuanshu, h. 50,3 cm.
Adjugé : 4 937 200 

Elle a orné la couverture de la Gazette n° 5 (voir l'article Quand le dragon est une perle) et fait l’objet d’un article dans la n° 8 (voir l'article Une gourde impériale d'époque Qianlong) : cette gourde en porcelaine blanche émaillée de bleu en imposait tant par sa taille – pas moins de 50,3 cm – que par son origine impériale, ce qui lui valait de gagner rapidement les hauteurs célestes. Estimée 1/2 M€, la pièce de forme «bianhu» (ou «vase lune») inspirée par celles des gourdes de pèlerins de l’époque Tang, était disputée jusqu’à 4 937 200 €, pour être finalement enlevée par un acheteur chinois, au téléphone. Un score brillant, qui la place juste après la gourde de la même époque, adjugée 5,08 M€ par Rouillac OVV, le 10 juin 2018, à Montbazon. Il faut préciser que notre porcelaine porte elle aussi, sous le pied, la très recherchée marque en bleu de l’empereur Qianlong, à six caractères en zhuanshu. Une origine prestigieuse, donc, que confirmait la présence obsédante et frontale du dragon à cinq griffes – symbole impérial – s’apprêtant, parmi les nuages, à s’emparer de la fameuse perle tant convoitée. Attrait supplémentaire de la gourde «bianhu» adjugée à Bourges : acquise par une famille d’industriels français autour du second Empire, elle ferait partie d’une paire, son pendant au motif inversé étant aujourd’hui conservé dans une collection privée chinoise… Après cette victoire écrasante, deux lots doivent cependant être mentionnés pour leur bon résultat. Le premier est une toile du peintre médiumnique Victor Simon, une Composition ésotérique figurant un Christ, des portraits en grisailles dans un entourage d’arabesques à la manière orientale. Non signée, l’œuvre (199 100 cm) est issue de la descendance de l’artiste, et captait 24 800 €. Puis une fontaine monumentale en fonte (h. 300, diam. 200 cm) de la fonderie du Val d’Osne (Haute-Marne) datant du XIXe siècle, à décor de conques marines, de coquillages, de nénuphars et couronnée d’un trio d’amours, recueillait 23 790 €.

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