Un glaive de maréchal de France 1817

Le 25 février 2021, par Anne Doridou-Heim

Un glaive de maréchal de France datant du retour des Bourbons faisait grand effet, mais l’empereur Napoléon Ier était en embuscade.

Époque Restauration. Glaive de maréchal de France, modèle 1817, fusée ornée sur toutes ses faces de plaquettes de nacre, pommeau en laiton ciselé et doré, garde à deux oreillons à six pans, fine lame droite gravée, dorée et bleuie signée «Manuf royale Klingenthal Coulaux Frères», fourreau en acier décoré d’un semis de fleurs de lys en laiton, l. 87 cm.
Adjugé : 117 600 

Le départ définitif de l’Empereur, embarqué pour Sainte-Hélène, sonne le retour des Bourbons sur le trône de France. Dès le commencement de cette première Restauration, Louis XVIII ambitionne de rendre au pays le prestige de la royauté. Le souverain a besoin de l’Armée pour asseoir son autorité, aussi couvre-t-il d’honneurs les maréchaux d’Empire qui ont déposé les armes et viennent lui rendre hommage. Il en est ainsi d’Auguste Frédéric Louis Viesse de Marmont, duc de Raguse (1774-1852). L’homme, qui a accompagné Bonaparte sur la plupart des champs de bataille, a livré les derniers combats devant Paris en 1814 avant de négocier la capitulation. Il est fait pair et chevalier de Saint-Louis par Louis XVIII. Il est donc tout à fait certain qu’il ait eu un glaive de maréchal de France et donc possible que celui-ci, dit du «modèle 1817» – bien que produit dès 1816 –, soit le sien, ainsi que la tradition familiale le raconte. Quel qu’ait été le nom de son bénéficiaire, cette arme d’apparat est fort belle, habillée de son fourreau en acier semé de fleurs de lys en laiton, avec sa fusée ornée de plaquettes de nacre et tous ses ornements et trophées, dont un cartouche bordé de feuilles de laurier marqué «Vive le Roi». Elle a été réalisée par la manufacture royale de Klingenthal, littéralement «Vallée des lames». L’entreprise alsacienne, installée là en 1730 sur ordre de Louis XV, a traversé royauté, Révolution, République, Empire puis de nouveau royauté, produisant pour chacun de ces régimes des armes blanches de toute beauté qui feront sa réputation. Démonstration étincelante avec ce glaive, justement honoré de 117 600 €. Napoléon Ier n’était pas bien loin… l’année 2021 étant d’ailleurs un peu la sienne. Le 5 mai, cela fera deux cents ans que l’Empereur a succombé en exil. Les commémorations s’annoncent nombreuses un peu partout dans l’Hexagone. Une sabretache des chasseurs à cheval de sa Garde, à la pattelette brodée du grand manteau impérial, s’avançait en premier, et ce sac plat en cuir que les cavaliers suspendaient à leur ceinturon à côté du sabre prenait par surprise en emportant 30 720 €. Cela augure plutôt bien des ventes futures de souvenirs napoléoniens…

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