Deux sœurs dans un jardin par Mai-Thu

Le 07 janvier 2021, par Philippe Dufour

Victoire sans surprise pour cette œuvre emblématique du peintre adulé, mais aussi pour une frise finement ciselée dans l’ivoire au XIXe siècle.

Mai Trung Thu, dit Mai-Thu (1906-1980), Les Deux Sœurs, 1942, encre et gouache sur soie, signée, cachet de l’artiste et date, 34,9 68,7 cm.
Adjugé : 248 460 

Analysée dans la Gazette n° 44 (voir l'article Mai-Thu, l’amour du travail bien fait page 117), la peinture, encre et gouache sur soie de Mai-Thu a trouvé son public, en fusant à 248 460 € à partir d’une estimation haute de 60 000 €. Réalisée en 1942, la scène (34,9 68,7 cm) évoque la promenade de deux jeunes sœurs – l’une s’éventant, l’autre humant un bouton de rose – dans un jardin vietnamien. Passant sur une pièce d’eau évoquée par un pont de bois, les promeneuses possèdent toute la grâce rêveuse caractérisant les créatures imaginées par Mai-Thu. Ambiance bien différente avec la pièce suivante : une plaque en ivoire, qui narre un épisode des conquêtes du Grand Alexandre : la Bataille d’Arbelles. Reprenant la composition du tableau de Charles Le Brun conservé au musée du Louvre, l’œuvre tout en longueur (133 36 cm) détaille, avec une incroyable expressivité, les différentes phases de l’affrontement entre le conquérant macédonien et le roi perse Darius III. Probablement sculpté à Dieppe dans le dernier tiers du XIXe siècle, ce tour de force plastique ne pouvait que séduire les collectionneurs d’ivoires anciens, et l’un d’entre eux a d’ailleurs misé 43 050 € sur le précieux artefact. Retour au calme ensuite, avec une lithographie en couleurs sur vélin d’Arches signée par Marc Chagall, Les Lilas de 1980. L’épreuve (92 59,5 cm) est numérotée « 4/50 » et a ainsi pu prétendre à 12 480 €. Tout aussi enlevé s’affirmait le portrait par Gabriel Domergue de Dorothy Atkinson au chapeau vert (55 46 cm). Cette spectaculaire rousse, saisie sans doute autour de 1940 et désignée par une inscription au dos, n’attirait pas moins de 10 732 €. En guise d’épilogue, mentionnons encore le charmant bijou floral signé Claude Lalanne, un collier Mimosa en bronze ; il a été édité par Artcurial en 1982, et adjugé pour 4 492 €.

La Gazette Drouot vous offre 4articles.
Il vous reste 3 article(s) à lire.
Je m'abonne