Roubtzoff : Tunis d’hier, Orient de toujours

Le 03 septembre 2020, par Anne Doridou-Heim

Alexandre Roubtzoff et Étienne Dinet étaient les deux chantres de cette vacation tournée vers l’ailleurs.

Alexandre Roubtzoff (1884-1949), Avenue Jules-Ferry, 1918 (Population cosmopolite de Tunis), technique mixte sur toile d’origine en trois lés, 152 320 cm.
Adjugé : 279 503 

Le peintre d’origine russe Alexandre Roubtzoff (1884-1949) a développé pour la Tunisie et ses habitants un attachement durable, régulièrement matérialisé aux enchères par de hauts résultats pour ses portraits empreints de sensibilité et de réalisme. Il apparaissait et surprenait cette fois avec une œuvre de grande envergure, mettant en scène en trois lés, et sur plus de trois mètres de long, la foule bigarrée qui arpentait les avenues de la capitale du protectorat français. Il y a du monde, Avenue Jules-Ferry en 1918 ! La guerre est encore dans tous les esprits… On peut d’ailleurs voir quelques spahis, dans leur bel uniforme bleu et rouge, côtoyer des élégantes chapeautées et des femmes en tenue traditionnelle. Il semble régner une atmosphère de paix retrouvée. L’œuvre, exposée au Salon tunisien de 1921 (voir l'article Alexandre Roubtzoff : Tunis au grand angle de la Gazette n° 28 du 17 juillet, page 34), recevait une nouvelle fois un accueil à la hauteur de sa rareté puisqu’elle partait pour 279 503 € – ce qui, selon Artnet, l’installe sur la troisième place des résultats de son auteur. L’artiste ne renouvellera pas ce genre d’exercice, préférant l’intimité de regards partagés et parfois quelques paysages visités. Étienne Dinet (1861-1929) est lui aussi un chantre de l’esprit de l’Afrique du Nord. On sait son amour pour l’Algérie, sa culture, ses traditions, au point de changer de nom et d’adopter la religion musulmane. Avant ce passage cependant, ses première œuvres sont mâtinées de cette sensualité héritée d’un archétype orientaliste prégnant depuis le milieu du XIXe siècle. C’est le cas d’un Couple dans la palmeraie (97 78 cm), une huile sur sa toile d’origine, parti pour 163 803 €. Au programme s’annonçaient également des pièces anciennes et purement orientales, parmi lesquelles deux manuscrits. Le premier, originaire de l’Inde persane vers 1800, copié par Sayyed Mohammad Amin al-Mashhadi d’après Shaykh Muslih al-Din Saadi (mort vers 1292), est un poème en 206 folios illustré de divers de ses épisodes et retenait 59 803 €. Le second remonte à l’Iran du XVIIIe siècle. Lui aussi est un manuscrit enluminé, copié d’après un auteur vivant sous le règne du grand Gengis Khan (1206-1227). Son sujet original, traitant de l’utilité et du bénéfice des animaux (Manafi al-hayawan), lui valait d’être adjugé 20 803 €.

Panorama (après-vente)

Fatma Baya en musique !

Le 03 septembre 2020, par Anne Doridou-Heim

Fatma Baya a décroché un record du monde avec cette Composition à la guitare.

Apparition couronnée de succès pour Fatma Baya (1931-1998) avec cette Composition à la guitare (98 148 cm), une gouache datée 1978. L’artiste algérienne, référencée sous le nom de Mahieddine Baya sur Artnet, a en effet décroché un record du monde à 65 003 €, le 21 juillet chez Millon en salle V.V. Autodidacte, découverte par André Maeght alors qu’il est de passage à Alger (il lui organisera en 1947, à Paris, une exposition dont le catalogue sera préfacé par André Breton), Baya est lancée sur la scène artistique parisienne. Ses gouaches aux intenses violet, rose, turquoise et vert émeraude séduisent. Sur chacune, des figures féminines se meuvent dans un univers enchanteur de fleurs et de fruits. Une sorte d’âge d’or brut.

mardi 21 juillet 2020 - 13:30 - Live
Millon
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