À Toulouse, trésors d’archéologie et de joaillerie ancienne

Le 02 juillet 2020, par Philippe Dufour

Un Hermès nu gallo-romain s’imposait comme la figure tutélaire de la vacation, dominant des céramiques grecques de l’âge d’or attique, comme des bijoux venus de Byzance.

Époque gallo-romaine, Ier siècle. Statuette d’Hermès nu, bronze, h. 11,7 cm (hors socle).
Adjugé : 37 200 

Le dieu des voyageurs et du commerce s’était déjà fait applaudir dans le Zoom régions n° 10 (voir l'article Hermès, un dieu mis à nu page 32), puis à nouveau dans la Gazette n° 24 (voir l'article Un Hermès exhumé par Raymond Lizop page 150). Il faut dire que cette statuette de bronze du Ier siècle (h. 11,7 cm) possède bien des atouts : une pose et un physique séduisants, mais aussi un pedigree sans faille, car issu de fouilles anciennes en Haute-Garonne. Au feu des enchères, qui avaient attiré des acheteurs de l’Europe entière – dont la Grèce et Chypre – le résultat ne s’est pas fait attendre : 37 200 €, alloués par le musée Saint-Raymond de Toulouse, où Hermès rejoindra la richissime collection d’antiques récoltés dans toute la région. Un cortège de vases l’accompagnait, d’où se détachait un cratère en cloche à figures rouges (h. 40 cm), réalisé en Apulie au IVe siècle av. J.-C. Son cavalier chapeauté et sa Niké ont su séduire un connaisseur à hauteur de 8 600 €. De la Grande-Grèce voisine provenait ensuite, à 6 200 €, un autre cratère à figures rouges (h. 34 cm), présentant pour sa part un décor de Komos, ou fête dionysiaque. Et il faut encore noter une hydrie d’Apulie en céramique à figures rouges, datée de 340-330 av. J.-C. (32,4 cm), historiée d’un éphèbe conversant avec une femme (5 500 €). L’autre versant de la vente était semé de bijoux antiques et byzantins, à commencer par un médaillon ovale en or de l’époque romaine, sertissant une intaille (59,3 g et 5,9 3,7 cm) en calcédoine noire représentant Mars Ultor – ou «vengeur», qui décrochait 31 000 €. Provenant de la même et ancienne collection du comte Puytison, un autre médaillon en or rehaussant un camée en lapis-lazuli sculpté d’une Vierge orante, et datant du IXe-XIe siècle, nécessitait 22 900 €. D’une période identique, une croix pattée en or inscrivait 11 700 € : elle est centrée d’un cabochon d’améthyste et de motifs circulaires réalisés en filigrane, munie de sa chaîne en or et de perles biconiques, également en améthyste (50,3 g au total, 8,7 6,4 cm).

samedi 27 juin 2020 - 14:00 -
Hôtel des ventes Saint-Aubin, 3, boulevard Michelet 31000 Toulouse
Marc Labarbe
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