La déesse Durga dans sa version khmère

Le 03 juin 2021, par Philippe Dufour

L’effigie de grès gris dominait de sa solide stature une dispersion consacrée à l’archéologie asiatique et aux arts d’Extrême-Orient.

Cambodge, Angkor Vat, première moitié du XIIe siècle. Sculpture en grès gris, de granulométrie fine, représentant la déesse Durga, socle carré, h. 105 cm.
Adjugé : 35 000 

Datant de la première moitié du XIIe siècle, soit de la période d’épanouissement de la civilisation khmère durant laquelle l’incroyable complexe cultuel d’Angkor Vat devait surgir de la jungle, notre sculpture avait bien des prétendants. Durga, déesse guerrière et parèdre du redoutable dieu Shiva, est représentée debout, tendue vers toujours plus de stylisation, coiffée d’un diadème et revêtue du traditionnel sampot drapé. Elle recevait en offrande 35 000 €, une juste récompense pour cet artefact accompagné de son certificat d’authenticité de la galerie Mouhot (Bangkok), et demeuré longtemps dans deux collections privées, en Asie puis en Europe. Direction la Chine ancienne avec plusieurs statuettes de terre cuite, caractéristiques des dynasties du premier millénaire, et aux datations confirmées par tests de thermoluminescence. La première date de la dynastie des Weï (220-589) et prend la forme d’un cheval caparaçonné en terre ocre à traces de polychromie, figuré à l’arrêt sur une terrasse rectangulaire ; l’équidé de parade est richement paré, avec toupets, grelots et tapis de selle (43 38 cm). Il emportait 8 130 €. Derrière lui, avec 7 630 €, s’avançait une paire de ses semblables, mais de l’époque Tang (618-907), en position de «prancing horse» – soit caracolant –, qui rappelle la passion des empereurs de cette dynastie pour les chevaux dansant sur de la musique de cour (38 35 cm)… De la même période, et tout aussi ludiques, deux statuettes polychromes représentaient des joueuses de polo (31 42 cm), autre  divertissement princier qui pouvait alors être exercé par les femmes ; les jeunes cavalières tenant les rênes et levant le maillet sont revêtues d’un costume pratique et coiffées d’un chignon latéral. Leurs chevaux sont sans doute de la race des tarpans de Mongolie, bien charpentés. Ensemble, elles pouvaient prétendre à 7 260 €.

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