Divine déesse

Le , par Anne Doridou-Heim

Vénus, Aphrodite… qu’elle soit grecque ou romaine, la divinité ne perd aucun de ses charmes, traduits dans le marbre en formes sensuelles et en drapé mouillé.

Art romain, Ier siècle. Vénus Génitrix, réplique d’un original grec (vers 430-420 av. J.-C.), drapé provenant d’une statue représentant Aphrodite du type de Naples, marbre blanc, restaurations anciennes, probablement dès le XVIe siècle, h. 125 cm.
Adjugé : 416 000 

Les courbes de la belle déesse romaine avaient été retenues dans la Gazette no 20 du 24 mai (voir l'article D’Aphrodite à Vénus Génitrix page 58) pour annoncer cette vente dédiée à l’archéologie. Malgré les siècles, Vénus, puisque c’est d’elle qu’il s’agit, n’a rien perdu de son pouvoir de séduction et ils ont été plusieurs amateurs à se disputer ses faveurs, avant que l’un d’eux ne l’emporte finalement à 416 000 €. Ce résultat élevé confirme la bonne tenue sur le marché actuel des objets appartenant à l’Antiquité traditionnelle. Si les sculpteurs grecs ont créé la statuaire naturaliste, ce sont bien les Romains qui, en copiant abondamment leurs œuvres, ont permis de la diffuser dans tout l’Empire et d’en laisser de nombreux hommages visibles encore de nos jours. À cette Vénus Génitrix en marbre blanc, provenant de la collection de Georges Charbonneaux (1865-1933) industriel philanthrope rémois et par ailleurs collectionneur éclectique et actif , il manquait la partie gauche du haut du corps notamment le sein laissé nu par le chiton et la tête. Finalement, ces pertes ne nuisaient en rien à sa beauté naturelle. On a presque envie de dire qu’elles lui apportaient un petit supplément de mystère, renforçaient le déhanchement et permettaient de concentrer l’attention sur le reste du corps, apparaissant moulé derrière le voile mouillé. Praxitèle ne l’aurait certainement pas souhaitée ainsi mais, en bon Grec adepte de philosophie, il aurait sans doute accepté que le temps fasse son œuvre… Aux côtés de la belle dame, différents artefacts antiques se déployaient, dont un buste drapé en marbre du prince Annius Vérus (162-171), fils de l’empereur Marc-Aurèle dont le visage enfantin émouvait à 19 505 €, et, remontant plus loin dans les âges, un pic de tradition campignienne en silex, trouvé dans le nord de la France et datant du Néolithique (11 705 €). Cette pierre élancée rappelait comment la Préhistoire a su être source d’inspiration pour les artistes du XXe siècle… Propos que le Centre Pompidou met actuellement en scène avec brio !

lundi 27 mai 2019 - 14:00 - Live
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