Un Georges Jouve inédit

Le 21 février 2019, par Sophie Reyssat
Georges Jouve (1910-1964), lampe en céramique et métal, vers 1955, monogrammée, h. 36,5 cm.
Adjugé : 32 500 

Le succès était au rendez-vous pour cette lampe du chef de file de la céramique décorative des années 1950, Georges Jouve. Et pour cause : elle n’est connue que par un croquis reproduit dans l’ouvrage portant le nom du créateur  édité par Jousse entreprise en 2005 , et seul un modèle plus grand, en mains privées, a été répertorié. L’attrait de la nouveauté a joué en faveur de cette pièce qui était estimée au plus haut à 10 000 €. Bataillée entre les États-Unis, la Grande-Bretagne et la France, elle reste en Europe. Si l’inédit est apprécié, les incontournables le sont tout autant. Une table en pin de Charlotte Perriand a ainsi reçu un nombre incalculable de regards avant de choisir celui de son acquéreur, à 27 300 €. Datant de 1947, elle a en effet été conçue pour Le Doron, premier hôtel à sortir de terre, en 1938, à côté du téléski marquant la naissance d’un fleuron des stations savoyardes, Méribel ; le major Peter Lindsay, un Écossais passionné de poudreuse, en avait choisi l’emplacement, près du village des Allues. Au-delà des cimes, et vingt-six ans plus tard, Gabriella Crespi signait elle aussi sa table Puzzle, de la série «Plurimi», en laiton et verre. Si ses œuvres sont plus confidentielles sur le marché, elles n’en demeurent pas moins considérées comme parmi les plus innovantes de l’Italie de l’époque. Attendue au plus haut à 15 000 €, celle-ci était ainsi emportée pour 24 700 €. La paire de fauteuils «Clam» de Philip Arctander se négociait sans surprise à 19 500 € (voir Gazette n° 5, page 78).

Printz, contrastes art déco

Le 21 mars 2019, par Sophie Reyssat
Eugène Printz (1889-1948), commode en placage de damier d’ébène, trois tiroirs à prises de tirage crantées en bronze doré, piétement à jambes fuselées formant arceau latéral, ornementé de laiton oxydé à l’acide, 80 120 42 cm.
Adjugé : 58 500 

Deux meubles art déco, initialement programmés en décembre dernier et finalement réservés pour cette vente généraliste, devançaient les pièces plus anciennes. Ils illustrent un mouvement marqué par un graphisme épuré, servi par les matériaux. Les bois précieux sont privilégiés, comme l’acajou, le palissandre et l’ébène, choisi par Eugène Printz pour ce meuble à tiroirs à piétement en arceaux, dont le dessin en perspective est conservé. Pour animer sa surface, l’ensemblier décorateur a imaginé une marqueterie en damier, qui permet à la lumière de jouer avec le sens des fils du bois. Le contraste est également recherché dans les accessoires de laiton oxydé et de bronze, dont la surface, respectivement lisse et crantée, reflète l’éclairage pour créer des effets d’ombre et de lumière. La blondeur du sycomore, employé pour l’intérieur des tiroirs, participe de la même recherche. Bien que les fonds de ces derniers aient été refaits et que la patine des poignées ait disparu suite à leur nettoyage, le meuble séduisait par ses qualités décoratives, demeurées intactes. Une table basse à plateau en dalle de verre granité, créée par Dominique, était elle aussi remarquée, à hauteur de 33 800 €. En ébène de macassar, elle s’orne de galuchat, que la maison a utilisé entre 1925 et 1935 pour souligner les formes massives, aux angles vifs, de son mobilier influencé par le cubisme. Le bargueño en noyer du XVIIe siècle, reproduit dans notre n° 9, page 143, partait quant à lui pour 6 760 €. 

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