Quand Jésus s’habillait à la romaine

Le 17 juin 2021, par Philippe Dufour

Le clou de la seconde journée de la Garden Party au château d’Artigny a pris les contours d’un vestige de verre paléochrétien, où le Christ se veut très latin.

Rome, IVe siècle. Médaillon du Bon Pasteur, verre bleu et or, fond de coupe, diam. 5,5 cm, dans une monture du XIXe siècle en métal doré.
Adjugé : 49 600 

Sur ce médaillon en verre bleu, adjugé 49 600 €, se détache en or la figure du Bon Pasteur, c’est-à-dire le Christ gardant son troupeau (diam. 5,5 cm). L’artefact est caractéristique de la période du IVe siècle où, le christianisme étant promu religion officielle de l’Empire, ses principaux acteurs – Jésus en tête – revêtent encore une apparence des plus romaines. Ainsi, debout entre deux arbres, le Sauveur, imberbe, est habillé en berger avec tunique courte, retenue à la taille, laissant découverte son épaule, et sandales hautes. Il porte une brebis sur son dos, alors que deux autres ovins se tournent vers lui. Fragment d’une coupe dont il ne reste plus que le fond, la pièce est un objet de luxe – parfois appelé «verre d’or» – obtenu grâce à une technique complexe qui consiste à faire fusionner la précieuse feuille entre deux couches de verre. Si cet art a vu le jour dans la Grèce hellénistique, c’est au Bas-Empire que la production se développe véritablement, pour illustrer souvent des sujets chrétiens ; à ce titre, on les retrouve accompagnant les défunts dans les catacombes. Notons encore, et à son bénéfice, que ce médaillon provient de la collection du père Pierre Richès (1927-2018), professeur de religion comparée, qui participa au concile de Vatican II à Rome.

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