Retour en Pologne pour Zamoyski

Le 10 décembre 2020, par Sophie Reyssat

Le succès était au rendez-vous pour ce bronze d’avant-garde, emblématique du formisme, accompagné d’œuvres d’Agam, Le Sidaner…

Auguste Zamoyski (1893-1970), Eux deux (Ich Dwoje), 1919, bronze à patine noire, signé, fonte de Valsuani réalisée à partir du plâtre créé en 1919, tirage postérieur, h. 75 cm.
Adjugé : 158 000 

Les enchères débutaient à 40 000 € pour ce bronze d’Auguste Zamoyski, bataillé par plusieurs amateurs français et étrangers jusqu’à 70 000 €, et que deux Polonais se disputaient ensuite jusqu’à 158 000 €. Cette fonte, qui est sans doute un exemplaire unique réalisé sur commande entre 1950 et 1970, correspond en effet à un plâtre aujourd’hui disparu, celui de la toute première version de la sculpture Eux deux, réalisée en 1919 (voir l'article Le formisme de Zamoyski de la Gazette n° 43, page 146). Cette année-là, Witkacy théorise le formisme, dans son essai sur la Forme pure et les malentendus qui en découlent. Zamoyski, qui partage les conceptions de son ami, participe à la création de ce mouvement d’avant-garde, et exposera lui-même ses idées dans un article publié dans la revue Zwrotnica, en 1922. Entre le naturalisme et l’abstraction, il propose une troisième voie : se libérer de l’imitation et des conventions pour que l’harmonie de la nature et celle de la forme pure ne fassent plus qu’un. Passionné de cinétique, le plasticien Yaacov Agam a, quant à lui, travaillé sur les effets induits par la variation des points de vue d’un spectateur se déplaçant devant ses œuvres. Il fallait prévoir 55 000 € pour tenter l’expérience avec une composition peinte à l’huile sur panneau d’aluminium, vers 1960 (49 38 cm). Trois œuvres sans commune mesure étaient emportées pour 45 000 € chacune : un Matin ensoleillé à Villefranche, immortalisé dans des teintes douces par le pinceau post-impressionniste d’Henri Le Sidaner (33 41 cm), la calligraphie en rouge et noir de Georges Mathieu, peinte à l’acrylique sur vélin et titrée Okam, 82 (56 75 cm), et un nu féminin sur un fond graphique évoquant une multitude de visages enchevêtrés, peint dans un acrylique sur toile de Robert Combas (128 88 cm).

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