Les belles feuilles de Julie Reinach-Goujon

Le 26 novembre 2020, par Anne Doridou-Heim

La délicatesse d’une danseuse de Degas et la force d’un félin de Delacoix, deux illustrations d’une collection historique.

Edgar Degas (1834-1917), Danseuse, vers 1896-1899, pastel, 47,5 33,5 cm (à vue), 47,8 34,5 cm (feuille).
Adjugé : 362 500 

Sujet du Focus de la Gazette no 40 (voir l'article La collection de Julie Reinach-Goujon page 19), les quelques œuvres sur papier provenant anciennement d’une grande collection française, entamée à la fin du XIXe siècle et poursuivie jusque dans les années 1930 par Julie Reinach-Goujon (1885-1971), recevaient un bel hommage. Il ne pouvait en être autrement. Ce pastel d’Edgar Degas (1834-1917), illuminant de ses traits la couverture de notre numéro du 23 octobre (voir l'article Un instantané chorégraphié par Edgar Degas de laGazette n° 37), en était le point d’orgue. Il réunissait en effet toutes les qualités pour mener le mouvement. Aussi, cette délicate Danseuse réajustant son tutu, exécutée vers 1896-1897 et étude de la toile de 1899 conservée à la National Gallery of Art de Washington, avançait-elle vers des applaudissements nourris de 362 500 €. À ses côtés, une aquarelle d’Auguste Rodin (1840-1917), Femme nue penchée en avant (32 24,5 cm), caractéristique de sa production graphique antérieure à 1900 – une période au cours de laquelle il adapte une technique particulière de dessin en deux temps –, terminait son geste à 33 750 €. 35 000 € complimentaient ensuite Youki au foulard sur la tête de profil (21 18 cm) dessinée à l’encre et au lavis par son époux, Léonard Tsuguharu Foujita, en 1927. La reine de Montparnasse y apparaît bien sage. Une sanguine de Pierre Puvis de Chavannes (1824-1898), titrée La Cueillette des figues (40 29,5 cm à vue), avait pour sa part été modestement estimée : elle décuplait logiquement les pronostics pour être finalement emportée à 27 500 €. Quant au Tigre prenant son élan, il fondait sur sa proie à 95 000 €. C’est en 1848, une année historique, qu’Eugène Delacroix (1798-1863) réalise ce pastel. Le peintre de La Liberté guidant le peuple, figure majeure de l’art orientaliste et des grandes compositions d’histoire, s’est aussi distingué dans l’art plus singulier du genre animalier. Si Théodore Géricault l’initie aux études équestres, il élargit rapidement son champ de recherches en fréquentant avec assiduité le Jardin des Plantes et ses pensionnaires. Bientôt, les fauves n’auront plus de secret pour lui et il saura en restituer justement toute la noblesse, faisant de cette nature sauvage un symbole vivant de modernité, à l’image de cette collection, construite avec une rare intelligence.
 

Eugène Delacroix (1798-1863), Tigre prenant son élan, 1848, pastel, 14 x 21,5 cm (à vue), 15 x 22 cm (feuille). Adjugé : 95 000 €
Eugène Delacroix (1798-1863), Tigre prenant son élan, 1848, pastel, 14 21,5 cm (à vue), 15 22 cm (feuille).
Adjugé : 95 000 
Panorama (après-vente)

Noce paysanne pour Martin Van Cleve

Le 26 novembre 2020, par Anne Doridou-Heim

La Danse de noce paysanne est un thème fort prisé de l’art flamand ici traité par Martin Van Cleve.

Lors de la vente du 20 novembre menée à huis clos par la maison Touati - Duffaud (cabinet Turquin), ce panneau transposé sur toile de Martin Van Cleve (1524-1581) menait joyeusement les enchères jusqu’à 114 750 €. Son sujet ? La Danse de noce paysanne (77 97 cm), un thème fort prisé de l’art flamand, créé par Pieter Bruegel l’Ancien et dont les codes – notamment cette mariée placée au centre de la composition, vêtue de noir et comme absente à une fête dont elle est pourtant le sujet principal – se retrouvent de tableau en tableau. Celui-ci provenait de la succession de M. G. et était vendu au profit de la Fondation de France.

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