Une spectaculaire Ascension flamande

Le 10 décembre 2020, par Philippe Dufour

Attribué à Van Overbeke, ce chapitre final des Évangiles a convaincu les admirateurs de l’artiste anversois, tout autant qu’un florilège de sculptures baroques ou khmères.

Attribué à Adriaen Van Overbeke (actif vers 1508-1529) et son atelier, Ascension du Christ, panneau parqueté, 142 74 cm.
Adjugé : 36 250 

L’adieu du Christ à ses apôtres trouve dans cette Ascension une illustration fort imagée, le corps de Jésus crevant littéralement la voûte céleste pour rejoindre le Père, ses pieds étant les seuls éléments encore visibles (voir l'article Une théâtrale disparition vers 1516 de la Gazette n° 42, page 153). Peu étonnant donc que le panneau parqueté (142 74 cm), attribué au Flamand Adriaen Van Overbeke – actif vers 1508-1529 – et à son atelier, ait emporté avec lui ces 36 250 €. Ambiance plus relaxée avec le tableau suivant : une Jeune femme dans le hamac (55 46 cm), peinte sur un panneau d’acajou par Émile Othon Friesz, vers 1915-1919. Il a inscrit 18 125 €, score aussi justifié par son référencement dans le Catalogue raisonné de l’œuvre peint par Odile Aittouarès et Robert Martin (tome I, n° 481, reproduit page 182). La sculpture engrangeait également de bons résultats, à commencer par une statue khmère du dieu Vishnou, en grès gris-vert (78 33 14 cm) et recevant une offrande de 27 500 € ; caractéristique du style de transition (Koh Ker-Pre Rup), elle a été ciselée au Cambodge vers le milieu du Xsiècle, à une époque où la capitale du royaume passe de Koh Ker à Angkor. Un certificat d’expertise de Michel Monnin attestait du caractère antique de l’œuvre. À sa suite, deux beaux groupes évoquaient les écoles européennes. Le premier représentait Hercule et le sanglier d’Érymanthe par Peter Francis Chenu (75 42 30 cm) ; en bronze à patine brune, il est signé et daté 1821. Le sculpteur britannique (1760-1834) livre ici une pièce d’une qualité exceptionnelle, prenant pour modèle le chef-d’œuvre de Pietro Tacca, qui s’inspira lui-même de son maître Jean de Bologne (1529-1608). Elle était disputée jusqu’à 17 000 €. Justement inspiré par le fameux «Giambologna», L’Enlèvement de Déjanire par le centaure Nessus était un autre bronze, celui-ci à patine dorée (h. 41,5 cm) ; une école italienne vers 1700, qui partait à 12 500 €.
 

La Gazette Drouot vous offre 4articles.
Il vous reste 3 article(s) à lire.
Je m'abonne