Effigie princière par Sèvres

Le 26 novembre 2020, par Anne Doridou-Heim

Un vase en porcelaine dure de la manufacture de Sèvres rappelait les faits d’armes du fils aîné du roi des Français.

Manufacture de Sèvres, milieu du XIXe siècle, vase en porcelaine dure modèle «Lancel», à décor d’un portrait polychrome signé Moriot et daté 1837 du prince Ferdinand-Philippe, duc d’Orléans (1810-1842).
Adjugé : 16 744 

La disparition accidentelle de l’héritier du trône, le 13 juillet 1842, sera une tragédie pour le roi Louis-Philippe et sa famille. Ferdinand-Philippe, né en 1810, est le fils aîné adoré, le grand frère modèle et l’héritier populaire de la dynastie. Les journaux de l’époque s’accordent à voir en lui un esprit bien fait et non dénué d’une certaine intelligence politique. Il est également un militaire accompli, ayant mené avec succès deux campagnes militaires – Anvers en 1832 et Mascara en 1835 –, et chacun voit dans son avenir la relève d’une monarchie vieillissante et peu sensible aux problématiques de son temps. C’est ce que raconte ce vase, commandé à la manufacture de Sèvres et probablement livré pour le souverain ou son épouse, Marie-Amélie, à Saint-Cloud en juillet 1839. Il est en effet proche de deux autres fournis à cette date, présentant des portraits du roi et de l’héritier et conservés dans le cabinet de travail de la reine. Le jeune prince est figuré en buste, de face, portant l’uniforme d’officier du régiment des dragons d’Orléans, et l’on doit créditer ici le nom du peintre sur porcelaine Nicolas-Marie Moriot (1788-1852), actif à la manufacture de 1828 à 1848. Il était déposé, avec l’attention due à son rang, à 16 744 €.

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