Molière, préempté pour la Comédie-Française

Le 19 novembre 2020, par Sophie Reyssat

Un tableau de François-Jean Garneray réunit le dramaturge et le Roi-Solel à la même table, entouré de souvenirs de la monarchie absolue.

François-Jean Garneray (1755-1837), Molière honoré par Louis XIV, huile sur panneau parqueté, signée et datée «Garnerey px. 1824», 56 72,2 cm.
Adjugé : 75 000 

Dans ses Mémoires, madame Campan, première femme de chambre de Marie-Antoinette, relate une savoureuse anecdote qui se serait déroulée sous le règne de Louis XIV : apprenant que Molière, ayant dû reprendre la charge de tapissier et valet de chambre du roi, était méprisé par les autres officiers de la cour, qui refusaient de partager leur repas avec un comédien, le Roi-Soleil l’invita à sa table. Tel est l’épisode illustré – avec quelques libertés – par ce tableau de François-Jean Garneray (voir l'article Marie-Antoinette, Louis XIV et Molière de la Gazette n° 40, page 84). L’œuvre, peinte en 1824, a été judicieusement préemptée par la Réunion des musées nationaux pour le compte de la Comédie-Française, à hauteur de 75 000 €. L’autre attraction de la journée était un soulier de Marie-Antoinette, emporté à l’international moyennant 43 750 € (voir page 128). Ce souvenir royal est parvenu jusqu’à nous par la descendance de Charles Gilbert de Lachapelle, dont l’épouse, Marie Émilie, née Leschevin, était l’amie proche de madame Campan… Un autre objet ayant appartenu à la reine, à l’époque où elle n’était encore que la dauphine, était également remarqué à hauteur de 27 500 € : une malle de sa garde-robe, en bois garni de cuir et bardé de fer, datant de 1770-1774. Une dizaine d’années plus tard, une autre malle était fabriquée sur le même modèle pour Marie-Thérèse de France, sœur de Louis XVII. Une note, figurant à l’intérieur du couvercle, précise que «la femme des gardiens du Temple se l’était appropriée». 10 650 € étaient prononcés pour ce triste souvenir. Un coffret de voyage aux armes de Marie-Joséphine de Savoie – épouse du futur roi Louis XVIII – prenait la route moyennant 18 750 €, en raison de son raffinement. Vers 1760-1780, le gainier Antoine Lanson l’a recouvert de maroquin rouge, richement décoré toutes faces de rinceaux feuillagés dorés au petit fer.

Panorama (après-vente)

Une Cendrillon nommée Marie-Antoinette

Ce soulier n'appartient pas à un conte, mais à un mythe, Marie-Antoinette, reine de France.

L’engouement pour ce soulier de Marie-Antoinette était international, et propulsait cette relique royale jusqu’à 43 750 €, sur une estimation haute de 10 000 €, le dimanche 15 novembre à Versailles (Osenat OVV M. Dey). L’accessoire est sobrement habillé de soie et de chevreau de couleur claire, et garni de discrets rubans plissés (h. talon : 4,7 cm, l. 22,5 cm, voir l'article Marie-Antoinette, Louis XIV et Molière de la Gazette n° 40, page 87). L’engouement pour les souvenirs de la reine n’a cessé de croître ces dernières années. Pour mémoire, 50 000 € étaient requis, en 2012, pour un modèle plus élaboré, alternant des bandes de soie verte et rose, et garni d’un gros nœud, dont la paire était qui plus est complète (Couteau-Bégarie OVV à Drouot).

dimanche 15 novembre 2020 - 14:00 - Live
Hôtel des ventes du Château, 13, avenue de Saint-Cloud 78000 Versailles
Osenat
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