Voyages, de Grüber à Corot

Le 19 novembre 2020, par Philippe Dufour

De Grüber à Corot, deux jours de vacations offraient bien des occasions de s’évader en cette période de confinement, d’un jardin extraordinaire à Trouville …

Jacques Grüber (1870–1936), vitrail non signé, vers 1920-1925, à huit éléments montés dans des châssis en bois, en verre américain chenillé, opalescent, iridescent, cabochons facettés, verre peint, verre polychrome multicouche et résille de plomb, 243 193,5 cm.
Adjugé : 84 000 

De son vrai nom Sébastien Norblin de La Gourdaine, Sobeck est l’un des premiers peintres néo-grecs dans le Paris des années 1840 (voir l'article Sobeck, peintre néo-grec de la Gazette n° 38, page 112). En attestaient ses Femmes grecques à la fontaine (84 63 cm), une toile datée 1841, qui a été la grande gagnante de la session du 8 novembre : l’œuvre, pouvant se prévaloir d’un accrochage au Salon de 1842 (n° 1428), a obtenu 24 000 €. Mais c’est un très bel exemple de l’art verrier de Jacques Grüber qui était le plus récompensé le 11 novembre, avec le vitrail représentant un parc merveilleux, réalisé pour un immeuble de Nancy entre 1920 et 1925 (voir l'article Le jardin extraordinaire de Jacques Gruber de la Gazette n° 39, page 24). Création de transition entre les périodes art nouveau et art déco du maître, cette verrière a changé de mains pour 84 000 €. Retour dans une intimité rassurante, grâce à deux toiles de la peintre d’origine espagnole Maria Blanchard. Tout d’abord cette Fillette à la soupe (82 60 cm), une vision sous influence cubiste de 1924, qui a été analysée dans la Gazette n° 39 (voir l'article L’enfance selon María Blanchard page 95). Exposée en 1925 à Bruxelles, à la galerie du Centaure, puis en 1937 à Paris, au salon des Maîtres de l’art indépendant, elle a été ici adjugée 76 800 €. De la main de l’artiste on avait aussi, pour 65 600 €, un autre modeste modèle en la personne de La Couturière (92,5 65 cm). Plus romantique, un paysage évoquait, à hauteur de 38 400 €, Trouville, la plage, saisie par Camille Jean-Baptiste Corot (18 25 cm) ; cette huile sur papier non signée est cependant accompagnée d’un certificat de Martin Dieterle. L’art antique a constitué aussi l’une des grandes réussites de cette dispersion à la belle diversité, grâce à un torse féminin (h. 32 cm) d’époque romaine, intégré dans un étonnant socle en bois à la forme. Provenant probablement d’un ensemble constituant les Trois Grâces, il est passé par la collection Lévy de Benzion, et changeait ici de mains contre 27 600 €.
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Maria Blanchard (1881-1932), La Fillette à la soupe, 1924, huile sur toile signée, 82 x 60 cm. Adjugé : 76 800 €
Maria Blanchard (1881-1932), La Fillette à la soupe, 1924, huile sur toile signée, 82 60 cm.
Adjugé : 76 800 
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