L'opéra baroque avec Vigée, l'abstraction par Mathieu

Le 29 avril 2020, par Philippe Dufour

L'étonnante représentation d'un personnage haut en couleur, qui connut son heure de gloire à Versailles, précédait les recherches formelles du maître français du XXe siècle.

Attribué à Louis Vigée (1715-1767), Portrait de Pierre de Jélyotte (1713-1797), pastel sur deux feuilles assemblées, 58 x 47 cm.
Adjugé : 23 180 €

Attribué à Louis Vigée, le « Portrait de Pierre de Jélyotte (1713-1797) » s'avérait être un pastel sur deux feuilles assemblées (58 x 47 cm). Dans le « Dictionnary of pastellists », rédigé par l'historien Neil Jeffares (2006), l'œuvre apparaît comme donnée à Vigée, sous le n° J.758.254. Aussi, à partir d'une estimation haute de 4 000 €, se hissait-elle sans peine jusqu'à 23 180 €. Rappelons l'identité du modèle, véritable vedette en son temps : Pierre de Jélyotte fut un musicien recherché (il jouait du violoncelle chez Madame de Pompadour), mais surtout un chanteur haute-contre virtuose, ce qui lui a permis de jouer des rôles travestis, tel celui de la nymphe-grenouille Platée dans l'opéra éponyme de Jean-Philippe Rameau. Plus sage, une toile anonyme suscitait la convoitise : une Vierge à l'Enfant (60 x 51 cm) d’une école française de la fin du XVIIe siècle, qui décrochait 20 374 €. Loin de ces représentations classiques, un acrylique sur papier d’Arches signé et daté par Georges Mathieu déclarait L’Horizon lassé, 1994 (54 x 75 cm à vue) ; un document signé par Madame Izern de la galerie Protée à Paris l'accompagnait, et il fallait avoir prévu 14 640 € pour emporter ce beau morceau d'abstraction lyrique. Du XIXe siècle provenait une charmante toile d'Auguste Toulmouche, intitulée Jeune Fille assise et sa poupée et datée 1859 (40 x 32,5 cm), qui requérait 4 819 €. Bretagne oblige, quelques artefacts ont aussi évoqué la vie quotidienne de la région, à commencer par une Grande bigoudène en costume ancien, une sculpture en faïence de Quimper de la manufacture Henriot (h. 61 cm) et par Robert Micheau-Vernez, créée le 17 juillet 1947 à Perros-Guirec par l'artiste (3 477 €). Mais n’omettons pas deux toiles du talentueux peintre breton Léo Pernes, Goémoniers (50 x 100 cm) et Le port de Tréboul (même format), qui inscrivaient respectivement 2 806 et 2 440 €.

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