Ève à la Porte de l’Enfer, et de la renommée

Le 19 novembre 2020, par Philippe Dufour

Ce chef-d’œuvre extraordinaire de Rodin a été vivement disputé à Lyon, où sa puissance était adoucie par la présence de deux toiles aux modèles féminins plus apaisés.

Auguste Rodin (1840-1917), Ève, petit modèle à la base carrée et aux pieds plats, 1881, bronze à patine brun nuancé (fonte au sable), fondu par Alexis Rudier entre 1905 et 1917, signé sur la base en creux «A. Rodin», signature en relief «A. Rodin» à l’intérieur de la base, marque du fondeur «Alexis Rudier Fondeur Paris», h. 75,3 cm.
Adjugé : 837 500 

La dispersion de pièces de tout premier ordre, suivie en live par plus de neuf cents personnes, enregistrait un total adjugé de près de 1,5 M€… Naturellement, les 837 500 € décrochés par la création du grand sculpteur de la fin du XIXe siècle n’y était pas pour rien ! Car Auguste Rodin était représenté ici par son Ève, l’une des deux grandes figures projetées pour veiller, avec son pendant Adam, sur la Porte de l’Enfer (voir l'article Une « Petite Ève » par Auguste Rodin de la Gazette n° 38, page 28). Ou plutôt par l’une de ses versions réduites, une fonte au sable d’Alexis Rudier, du petit modèle à la base carrée et aux «pieds plats». Ce bronze à patine brun nuancé a été réalisé entre 1905 et 1917 (h. 75,3 cm). Autre révélation de la session : l’œuvre léonardesque de l’école lombarde, datant de la première moitié du XVIe siècle et intitulée Portrait de jeune femme à la coiffe tressée de couleurs à l’arrière de sa chevelure brune (53,5 42,3 cm). Cette huile sur panneau a pu être aisément comparée au Portrait de jeune femme en sainte Lucie (vers 1509) de Giovanni Antonio Boltraffio (1467-1516) appartenant à la collection Thyssen-Bornemisza, à Madrid, et de dimensions très voisines. Aussi emportait-elle 73 544 €. Plus touchante s’avérait être la vision de fillettes malicieuses, peintes par Étienne Morillon en 1908 : Les Deux Petites Sœurs (Les Sœurs Coursanges) (197 157 cm). L’huile sur toile (analysée dans la Gazette n° 39, page 101, voir l'article Étienne Morillon, avant-garde lyonnaise) est un merveilleux portrait pointilliste, exécuté par l’un des artistes les plus originaux de l’avant-garde lyonnaise du début du XXe siècle. Aussi le tableau a-t-il largement dépassé son estimation haute, avec un résultat de 37 500 €. Et pour conclure sur une note francilienne, citons encore une gouache sur papier – adjugée 26 628 € – signée Maurice Utrillo : Le Moulin de Sannois (33 48 cm) était accompagné d’un certificat n° 312 de Jean Fabris en date du 31 octobre 1984.
 

École lombarde, première moitié du XVIe siècle, Portrait de jeune femme à la coiffe tressée de couleurs à l’arrière de sa chevelure brune,
École lombarde, première moitié du XVIe siècle, Portrait de jeune femme à la coiffe tressée de couleurs à l’arrière de sa chevelure brune, huile sur panneau, une seule planche, 53,5 42,3 cm.
Adjugé : 73 544 
dimanche 15 novembre 2020 - 14:30 - Live
8, rue de Castries 69002 Lyon
Conan Hôtel d’Ainay - Cécile Conan Fillatre Commissaire-Priseur Judiciaire
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