Un astrolabe du Maghreb

Le 07 janvier 2021, par Anne Doridou-Heim

Toujours aussi recherché, un astrolabe du Maghreb était l’objet le plus précieux d’une vente d’orientalisme.

Afrique du Nord, probablement Maroc, XVIe-XVIIIe siècle. Astrolabe planisphérique en laiton martelé et gravé, comprenant une mère, une araignée, quatre tympans, une alilade, un clou et une clavette appelée «cheval», h. avec bélière 15,5 cm, diam. 11,8 cm.
Adjugé : 39 000 

Ce n’était pas Étienne Dinet (1861-1929) qui séduisait avec Le Bain des filles du Djenn’s, clair de lune (voir l'article Les mille et une nuits d’Étienne Dinet de la Gazette n° 44 du 11 décembre, page 47), mais cet astrolabe vraisemblablement marocain et possiblement du XVIIe siècle. Cet instrument scientifique porte l’empreinte du monde islamique où il est né, a grandi, s’est perfectionné et a proliféré. L’astronomie y est en effet une science reine, héritière de plusieurs traditions antiques – perse, indienne et hellénistique – que les savants venus de tous les horizons de la sphère arabo-musulmane ont su assimiler et renouveler, échangeant leurs connaissances en langue arabe, le nouveau véhicule du savoir. Cet objet, en laiton martelé, comprend une mère gravée de rayons indiquant l’emplacement de nombreuses cités orientales, une araignée portant les noms et positions de vingt-deux étoiles et quatre tympans dont l’un différent des autres, certainement plus tardif et mentionnant la ville de Ouazzane, dans le Rif occidental marocain. S’il est difficile de le dater plus précisément, c’est parce que la fabrication d’astrolabes au Maghreb s’est poursuivie pendant plusieurs siècles selon un même canon existant depuis le XVIe siècle. Une incertitude qui ne freinait pas les envies, l’instrument étant enlevé à 39 000 €.

dimanche 13 décembre 2020 - 03:00 - Live
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