Famille rose, période Jiaqing

Le 03 décembre 2020, par Philippe Dufour

Bayeux s’était mis à l’heure chinoise pour cette vacation, où une assiette a créé la surprise, suivie d’un portrait par l’un des premiers peintres de l’empire du Milieu ayant étudié à Paris. 

Chine, période Jiaqing (1796-1820). Assiette en porcelaine de la famille rose, avec monture en bois laqué, 21,5 cm.
Adjugé : 36 000 

Malgré quelques petits accidents, qui ont lui valu sans doute d’être consolidé par cet encadrement de laque noire, un plat de porcelaine (diam. 21,5 cm) de la famille rose a décroché pas moins de 36 000 €… Son charme a opéré, car il met en scène deux petites cailles, picorant entre pivoines et rochers, délicatement peintes à l’époque Jiaqing (1796-1820). Plus ancienne s’avérait une statuette en bronze laqué représentant le dieu de la guerre Guandi (h. 35 cm), ayant vu le jour à la période Ming et plus précisément au XVIIe siècle. Elle recevait une offrande de 7 920 €. On pouvait la compléter, avec 5 280 €, d’un somptueux paravent en laque à huit feuilles et à fond noir – spécialité de Canton –, vers 1830-1850 ; à double face, il est décoré d’un côté de scènes de palais animés, et de l’autre, d’oiseaux et paysage (dim. d’une feuille 204 45 cm). Un autre excellent résultat était à chercher du côté des cimaises : il s’élève à 21 600 € et a été inscrit par le Portrait d’un lettré (101 65 cm) analysé dans la Gazette n° 41, page 159 (voir l'article D’un peintre chinois en France). Il est signé en bas à gauche, en mandarin, par Wang Ruijiu et porte la date, en français, de « mars 1916 ». L’artiste appartient à la première génération d’artistes chinois à venir étudier la peinture occidentale à Paris, en particulier dans sa version réaliste. Il fit également un passage dans l’atelier du sculpteur Antoine Bourdelle.

La Gazette Drouot vous offre 4articles.
Il vous reste 3 article(s) à lire.
Je m'abonne