Richesse et exubérance du style Louis XIII

Le 19 novembre 2020, par Philippe Dufour

Autour d’un très précieux cabinet des premières décennies du XVIIe siècle, qui a été préempté pour un grand musée en projet, on pouvait détailler des œuvres plus surprenantes, signées Dalí ou Auburtin.

Paris, vers 1630. Cabinet d’époque Louis XIII en ébène sculpté, ébène gravé et bois noirci, 189,5 169 59 cm.
Adjugé : 19 968 

Cette imposante pièce mobilière (189,5 169 59 cm) rassemble tout ce que le style Louis XIII a pu élaborer en matière de luxe et de virtuosité (voir l'article Un cabinet d'ébène Louis XIII de la Gazette n° 39, page 102). D’abord par son matériau, l’ébène sculpté et gravé, mais également par un décor richement historié, prenant place à l’intérieur de panneaux octogonaux. Comme souvent à cette époque, les scènes sculptées puisent leur inspiration dans des gravures de maîtres du Nord : la composition de Suzanne et les vieillards évoque une feuille du graveur Christoffel Jegher, d’après un modèle de Pierre Paul Rubens ; quant à Judith déposant la tête d’Holopherne, elle trouve ses modèles dans certaines estampes d’Hans Burgkmair. Affichant de plus un excellent pedigree (la collection Louis Passy à Gisors autour de 1900), ce cabinet a finalement été préempté pour 19 968 € par le département des Hauts-de-Seine, pour le musée du Grand Siècle qui ouvrira prochainement à Saint-Cloud. Sans transition, le lot suivant nous transportait en plein surréalisme : Salvador Dalí signait cette Femme à la tête de rose de 1981 ; pour ce multiple en bronze avec béquille lumineuse dorée, signé et numéroté «214/350» (h. sur socle 42 cm), il fallait compter 7 090 €. Jean-Francis Auburtin fermait la marche avec Gros nuages sur les falaises de Dieppe près du val Saint-Nicolas - printemps, une gouache monogrammée (31,5 50 cm), adjugée 7 343 €.
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