Un canard Ming

Le 17 décembre 2020, par Anne Doridou-Heim

Tout guilleret et habillé d’un plumage multicolore, un canard Ming avançait vers un joli score.

Chine, époque Ming (1368-1644). Brûle-parfums en bronze et émaux cloisonnés polychromes figurant un canard sur un lotus, h. 27 cm.
Adjugé : 80 600 


Le brûle-parfums est l’un des objets les plus caractéristiques de la civilisation chinoise, les dynasties antiques en fabriquant déjà pour consumer l’encens et diffuser ses fragrances. Médication du corps et de l’esprit allaient alors de pair : les mêmes substances participaient à la guérison du premier et à l’élévation du second. Le musée Cernuschi a d’ailleurs réservé une exposition à cet usage en 2018 («Parfums de Chine, la culture de l’encens au temps des empereurs»). Tout au long des siècles, les distillateurs, adoptant les formes les plus variées et les plus originales, ont été réalisés dans les matériaux les plus divers – et résistant à la combustion évidemment. Celui-ci, datant de l’époque Ming (1368-1644), prenait l’apparence d’un canard, cancanant gaiement et marchant sur des fleurs de lotus. Exécuté en bronze et émaux cloisonnés polychromes, le volatile faisait entendre son ramage à 80 600 €, devenant ainsi l’objet le plus demandé de cette vacation d’arts asiatiques. Une nouvelle fois, on ne peut qu’être admiratif devant l’imagination des artisans chinois et face à la modernité de cet objet, dont le naturalisme n’a rien à envier aux sculptures animalières du XIXe siècle européen !

La Gazette Drouot vous offre 4articles.
Il vous reste 3 article(s) à lire.
Je m'abonne