Gallé, Exposition universelle de 1900

Le 11 mars 2021, par Philippe Dufour

Honneur aux arts décoratifs à Rouen, où Gallé s’est emparé de quelques hellébores pour en faire un véritable chef-d’œuvre, accompagné d’un surtout de table en argent à l’esprit plus classique.

Émile Gallé (1846-1904), Tout ce ciel que je porte en moi-même caché, verrerie parlante, coupe ovoïde sur piétement central galbé, signée et datée «1900», h. 12, diam. 17,6 cm.
Adjugé : 167 400 

Placé sous la figure tutélaire de la poétesse Marceline Desbordes-Valmore, dont elle porte ciselée une citation qui est aussi son titre, cette verrerie parlante d’Émile Gallé s’est envolée à 167 400 €. C’est une belle enchère pour cet objet, dont l’estimation haute s’affichait à 6 000 € (voir l'article Émile Gallé, exposition universelle 1900 de la Gazette n° 9, page 112), mais fort justifiée au vu de son historique prestigieux. Tout ce ciel que je porte en moi-même caché est une coupe réalisée d’après celle présentée à l’Exposition Universelle de Paris, en 1900, et que l’on peut repérer dans la vitrine d’Émile Gallé, « Les Granges », sur la photographie prise à l’époque. Un second modèle devait apparaître en 1903, à l’exposition de «L’École de Nancy» à Paris. L’objet de forme ovoïde (h. 12 cm, diam. 17,6 cm), à bord polylobé, repose sur un piétement central galbé collé à chaud ; sa vasque est constituée de verre torsadé finement bullé bleu rosé et blanchâtre, et à décor intercalaire violet, bleu, rose et orangé. Les végétaux choisis pour orner ses flancs ? Des hellébores, ces fleurs hivernales tant appréciées par l’art nouveau... Bien différents s’avèrent les deux lots suivants, chacun par l’un des meilleures orfèvres de Paris, la maison Boin-Taburet. Le premier prend la forme d’une garniture de table en argent et argent vermeillé, de style Louis XVI et donc à décor d’acanthes, de godrons, de couronnes laurées et autres guirlandes retenues ; elle se compose d’une suite de six aiguières en cristal taillé et monture, d’une paire de flambeaux en argent à quatre lumières, d’une jardinière en argent vermeillé et d’un surtout de table en métal doré à fond miroir. Portant les poinçons de maître orfèvre et Minerve, l’ensemble, présenté dans sa malle de transport, devait partir pour 18 600 €. Une seconde garniture de table en argent du même style, seulement composée de deux coupes montées, quatre assiettes montées et d’un saladier (poids total 4 965 g), récoltait 8 900 €.

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