La Gazette Drouot
Best of des enchères - Bijou (2004-2008)
Best of des enchères  
Bijou 2008 / 2004
Cartier, vers 1900
Ce collier aérien étincelant de diamants était vivement combattu. Estimé au maximum 40 000 €, il en produisait 122 000. Il est typique de la production de Cartier au tournant des XIXe et XXe siècles, quand la maison déménage rue de la Paix. Pas question d’embrasser les circonvolutions follement tendance de l’Art nouveau, mais il faut plutôt rester attaché à une certaine tradition joaillière. La mesure et le répertoire décoratif classique de ces créations prennent le nom générique de "style guirlande". Cette appellation remonte à l’époque médiévale, où elle désignait les ornements de têtes féminines inspirés des guirlandes de fleurs portées lors des fêtes. Notre collier comporte deux éléments caractéristiques de l’art de Cartier à cette époque. Le gland, tout d’abord, inspiré de ceux du célèbre collier de l’affaire Marie-Antoinette et que l’on retrouve sur nombre de créations de Cartier de l’époque, notamment un somptueux collier commandé par la belle Otéro. Le second est le modelé ajouré dentelle imitant aussi la passementerie. En 1909, Louis Cartier se passionne pour l’exposition organisée sur ce thème au musée des Arts décoratifs. La réalisation de ces résilles finement serties de diamants pousse le joaillier à abandonner les montures en argent, remplacées par l’or et le platine.
Mardi 16 décembre 2008, salle 8 - Drouot-Richelieu.
Piasa SVV. Cabinet Serret & Portier.
Garde-temps 1328
Ce garde-temps numéro 1328 fait mentir l’adage "tout ce qui brille n’est pas or", puisque l’acier, le laiton et l’argent qui le composent provoquaient 310 000 €, une estimation doublée. À l’exception notable que cette montre a été réalisée par Abraham-Louis Breguet à sa propre intention, avant de passer à son fils, Antoine-Louis Breguet - tout est affaire de mécanique de haute précision dans cette enchère. Abraham-Louis Breguet s’est essayé à la conception de ce type de montre, appelée garde-temps, à trois reprises : la première dans les années 1780, la deuxième entre 1790 et 1810, et la dernière après 1820. On recense aujourd’hui seulement une vingtaine de garde-temps de Breguet, un seul ayant, à l’instar du nôtre, son coffret d’origine. Il appartient à la deuxième période. Il a été débuté en 1803, contrôlé par Coupson en 1806 avant de subir une ultime campagne de mise au point entre 1814 et 1817. Durant la première période, Breguet a hésité entre deux types d’échappement, celui de John Arnold et celui à détente pivotée de Berthoud. L’échappement de notre montre témoigne d’une continuation des expériences de Breguet dans la deuxième période, puisqu’il marque une évolution du système de Berthoud. Durant la dernière période, Breguet optera pourtant pour une autre solution, l’échappement de Thomas Earnshaw.
Lundi 8 décembre 2008, salle 11 - Drouot-Richelieu.
Chayette & Cheval SVV. M. Turner.
Bijou théâtral
Joli cadeau que ce bracelet adjugé 130 000 €, une estimation dépassée. Il est à offrir sans plus attendre à une comédienne. C’est en effet ce que fit un admirateur impénitent du beau sexe, le grand-duc Alexis (1850-1908), à l’attention de Mme Élisabeth Balleta, actrice de théâtre partie en tournée en Russie dans les années 1900. Alexis était l’oncle préféré du tsar Nicolas II. Quatrième fils d’Alexandre II, il a été ambassadeur aux États-Unis et grand amiral de la flotte russe. Il a également été un client assidu des grands joailliers, figurant parmi les premiers membres de la famille impériale à se rendre chez Cartier, en 1899. Notre bracelet a été confectionné à Saint-Pétersbourg chez Frid Kehli, maison qui a fabriqué des bijoux pour Fabergé. L’écrin d’Élisabeth Balletta était légendaire. Elle l’a peu à peu dispersé au fur et à mesure de ses besoins. Le musée de Boston conserve ainsi un bulldog de Fabergé sculpté d’après Cody, le chien de la comédienne. La statuette porte l’indication de son adresse parisienne, au 9 de l’avenue Bosquet. Le grand-duc est mort à Paris, en 1908.
Lundi 8 décembre 2008, Hôtel Marcel-Dassault.
Artcurial-Briest-Poulain-F. Tajan SVV. M. Stetten.
Cadeau de la nature
L’estimation haute de ce collier était, à 40 000 €, tout simplement doublée. Les perles qui le constituent sont bien évidemment fines, comme l’atteste le certificat du Laboratoire français de gemmologie qui l’accompagne. La perle fine est le fruit d’un accident de la nature, lorsque que l’huître absorbe un corps étranger - grain de sable, petit mollusque, structure végétale ou minérale -, appelé "irritant". Elle sécrète alors de la nacre, une combinaison de carbonate de calcium et de substances organiques, qui peu à peu recouvre l’irritant par couches successives. En le rendant le plus rond et le plus lisse possible, l’huître peut ainsi l’éjecter. Il faut bien entendu de longues années pour arriver à l’obtention d’une perle de belle taille. Dès 2300 av. J.-C., les Chinois considéraient les perles comme un cadeau de la nature. Comme souvent, ce cadeau a été surexploité, notamment à partir de l’expansion coloniale occidentale. Dès le XIXe siècle, les gisements d’huîtres perlières se sont taris. Traditionnellement très friands de perles, les Japonais ont à la fin du XIXe-début du XXe siècle, mis au point différentes techniques permettant de faire créer des perles par des huîtres cultivées dans de véritables fermes aquatiques. Leur lustre - mesure de leur brillant et de leur réflectivité - n’a cependant pas la qualité de celui des perles naturelles. Il dépend en effet de l’épaisseur de la nacre.
Mardi 25 novembre 2008, salle 2 - Drouot-Richelieu.
Beaussant - Lefèvre SVV. Cabinet Serret & Portier.
Ciel un bijou  !
Certains trouveront sans doute que ce collier conçu par Louise Bourgeois adjugé 18 000 € ressemble plus à un fer d’esclave qu’à un bijou. Dans le domaine de la parure, sa démarche s’avère, à l’instar du reste de son œuvre, sans concession. Lorsque l’on intitule ses grandes sculptures araignées Maman, pas étonnant de voir dans le bijou un outil d’aliénation de la femme. Ce collier, dont le modèle a été imaginé par Louise Bourgeois en 1948, enserre littéralement le cou. L’édition de ce bijou est due à Helmut Lang. Le couturier a rencontré l’artiste en 1998 lors de l’organisation d’une exposition organisée à la kunsthalle de Vienne. Cette dernière croisait les regards de Lang, Bourgeois et Jenny Holzer, trois créateurs qui chacun à leur manière explorent les relations du corps avec les obsessions humaines, qui construisent les identités et déterminent les relations humaines. Helmut Lang et Louise Bourgeois ont noué des liens étroits. À l’image de ce collier contre le cou d’une femme ?
Mercredi 19 novembre 2008, Espace Tajan.
Tajan SVV. Mme Beauvois
Schiaparelli et Terry
Confiez à deux grands maîtres de l’étrange, la couturière Elsa Schiaparelli et le décorateur Emilio Terry, deux hippocampes et une branche de corail, et en alchimistes surréalistes du bon goût, ils vous les transforment en broche. Cette pièce unique vers 1938 était combattue à hauteur de la réputation de ses auteurs, puisqu’elle montait à 19 000 €. Elsa Schiaparelli appelait les bijoux de couture "bijoux de voyage", marquant ainsi sa différence. Pas question pour elle de faire comme Gabrielle Chanel, de "vrais bijoux en toc", mais plutôt de chercher son inspiration ailleurs que dans la tradition joaillière, allant même jusqu’à explorer l’inconscient. Elle va pour ses bijoux souvent s’allier à d’autres créateurs et artistes. Pour notre collier, elle a fait appel à Emilio Terry, l’inventeur du style Louis XVII. À la fois néoclassique et baroque, l’inspiration du décorateur puise aussi dans des mondes imaginaires. Notre broche s’inspire pour sa part de celui bien réel de la mer. Schiaparelli s’adjoint d’autres artistes. Salvador Dalí réalise des boucles d’oreilles en forme de téléphone, Louis Aragon fait un collier de cachets d’aspirine, et Jean Cocteau une broche en forme d’œil pleurant une larme de perle. La couturière va aussi lancer d’autres talents comme Jean Clément, notamment auteur en 1938 d’un collier d’insectes coulés dans du plastique transparent, conservé au musée de Brooklyn, ou encore Jean Schlumberger, Lyda Coppola ou Lina Baretti, pour n’en citer que quelques-uns.
Mercredi 19 novembre, salle 3 - Drouot-Richelieu. Delorme & Collin Du Bocage SVV. Cabinet Chombert - Sternbach.
Patek Philippe 5013
Cette Patek Philippe en platine appartenant à l’aristocratie de l’univers horloger, celle des montres à grande complication, était farouchement disputée - à la centaine d’euros près - puisqu’elle récoltait très exactement 306 600 €. Il s’agit d’un exemplaire unique, car elle dispose d’un cadran supplémentaire, de couleur noire. La production du modèle 5013 a débuté en 1992. À cette date, il constituait le modèle le plus complexe jamais produit par Patek Philippe. Il se distingue par son boitier tonneau et offre une première, sa répétition minute équipant un mouvement automatique combiné avec un calendrier perpétuel et la date rétrograde. Cette dernière fonction concerne l’indication de la date, donnée sur un compteur numéroté de 1 à 31, dont l’aiguille ne fait pas le tour complet mais saute en arrière le 30 ou le 31 à minuit, pour revenir au 1er. Patek Philippe a d’autre part réalisé des recherches extrêmement poussées dans le domaine de la métallurgie pour que le son du carillon soit le plus parfait possible. La complexité de sa sonnerie se révèle lorsqu’on lui demande d’indiquer 12 h 59, pas moins de 32 coups étant alors frappés : douze à tonalité sourde pour les heures, trois doubles coups à tonalité plus aiguë pour les quarts d’heure, et quatorze aigus pour les minutes. Last but not least, la 5013 indique les phases de la lune dans le compteur des secondes.
Jeudi 30 octobre 2008, espace Pierre-Cardin.
Dens & Co SVV. M. Mauboussin.
Au profit de l’ordre de Malte
La réalisation des tableaux, meubles, objets d’art et bijoux de la succession de Mlle de B. faite au profit de l’ordre de Malte France rapportait 1 363 500 €, dépassant ainsi largement les espérances du total des estimations inscrites au catalogue. Les 197 lots trouvaient tous preneur. Les bijoux étaient les lots les plus disputés, les enchères opposant professionnels et particuliers. Estimé au plus haut 120 000 €, le diamant jaune de belle taille reproduit était poussé jusqu’à 395 000 €. Son certificat précise que sa couleur est naturelle, sans trace de traitement destiné à la modifier. Juste avant, un collier en platine et or gris serti d’une ligne de diamants de taille ancienne en chute, retenant en pampilles neuf diamants plus importants, également en chute, mais de taille ancienne ou demi-taille, doublait à 96 000 € son estimation. Un diamant solitaire de taille ancienne (9,12 ct) présenté sur une monture en or gris à six griffes atteignait 48 000 €. Avec 10 000 € de moins, on s’offrait une bague tourbillon en or sertie d’un diamant solitaire de taille ancienne jaune fantaisie (4,45 ct - LFG : SI1, pas de trace de traitement destiné à modifier la couleur). Une broche étoile du XIXe siècle en or et argent centrée d’un diamant de taille ancienne et de forme coussin entouré de six diamants poires ou ronds suscitait 22 000 € sur une estimation haute de 8 000. Elle peut se transformer en pendentif.
Mercredi 22 octobre 2008, salle 6 - Drouot Richelieu.
Piasa SVV. MM. Froissart, Turquin, cabinets Dillée, Serret-Portier.
Signée Lacloche
Présentée dans son écrin Lacloche Frères, cette charmante épingle suscitait bien des convoitises. Elle était en effet emportée au double des estimations. Bijoux de cravate, de jabot ou de foulard, les épingles sont considérées au XIXe et au début du XXe siècle comme l’un des rares éléments de fantaisie, voire de raffinement, de la joaillerie masculine. Certains hommes en font même la collection comme le comte Nissim de Camondo qui légua, en 1933, son ensemble au musée des Arts décoratifs de Paris. Accessoire indispensable d’un dandy, notre modèle fut façonné par Lacloche, l’une des plus fameuses maisons joaillières parisiennes. En 1875, Fernand, Jules, Léopold et Jacques Lacloche fondent à Madrid une bijouterie, puis ouvrent des succursales à Biarritz et à Paris au 15, rue de la Paix. Après la Première Guerre mondiale, les quatre frères reprennent à Londres le magasin Fabergé. Leur création la plus fameuse sera, en 1930, la monture d’un fabuleux diadème réalisé pour la duchesse de Westminster. Participant à l’Exposition des arts décoratifs de Paris en 1925, la maison Lacloche présente aussi des boîtes, des étuis, des tubes de rouges à lèvres, des châtelaines ainsi que divers petits objets se prêtant à un grand nombre d’inventions comme notre épingle. Travaillée en pâte de verre, elle s’inspire du répertoire orientaliste : un bouddha sous un nimbe de platine finement ajourée. La signature Lacloche écrite à la japonaise apporte encore une note exotique. Quant à l’emploi de diamants blancs, l’usage du platine et l’association de couleurs contrastées, ils illustrent bien le style art déco.
Nîmes, samedi 9 août 2008.
Hôtel des ventes de Nîmes SVV. Mme Marlène Crégut.
Chers carats...
Ce diamant entre dans le cercle restreint du club des pierres millionnaires vendues à Paris. Il était adjugé 1 M€, soit frais compris un peu plus de 70 500 € le carat. Au jeu des quatre C - carat (poids), color (couleur), clarity (pureté) et cut (taille) -, qui détermine les qualités d’une pierre, notre diamant doit sans aucun doute afficher un joli résultat. Le catalogue n’indique pas les résultats du certificat du Gemological Institute of America. Pour s’en donner une idée, direction les rives de lac Léman, où sont traditionnellement organisées les ventes de bijoux les plus prestigieuses. Le 14 mai dernier, Christie’s enregistrait à Genève son plus haut total obtenu pour une vente de bijoux : 59,24 MFS (36,8 M€). Si les diamants de couleur affichaient les enchères les plus soutenues, pour les diamants blancs, la meilleure enchère, 2 569 000 FS frais compris (2 048 335 €), revenait à un diamant de taille rectangulaire de 27,37 ct de couleur E et de pureté VS1. Au carat, il affiche un peu plus de 58 300 €. L’année précédente, toujours à Genève chez Christie’s, un diamant taillé en poire de 20,28 ct (D, pur à la loupe) engrangeait 1 728 000 FS frais compris (1 046 867 €), soit un peu plus de 51 600 € par carat. Notre diamant, outre ses qualités propres, possède l’avantage d’être monté sur une bague signée de l’un des joailliers américains les plus courus, Harry Winston. Son nom arrive d’ailleurs en bonne place dans le coeur de Marilyn Monroe dans son inoubliable Diamonds are a Girl’s best Friends !
Mercredi 4 juin 2008, salle 5 - Drouot-Richelieu.
Fraysse & Associés SVV. Cabinet Dechaut-Stetten.
La vie en bleu
Joli résultat pour ce saphir qui crevait le plafond d’estimation, fixé à 100 000 €, pour atteindre 195 000 € . Il prend la tête du palmarès parisien 2008 des bijoux arborant cette pierre. Deux autres enchères à six chiffres ont en effet été enregistrées à Drouot pour des saphirs. Le 7 avril chez Millon & Associés SVV, une pierre de taille coussin (13,09 ct - GRS : bleu royal, vivid blue, sans traitement thermique) atteignait 129 000 €. Elle était présentée encadrée d’une ligne de diamants baguette sur une bague en or gris et or jaune. Peu de temps après, le 9 avril chez Bailly-Pommery & Voutier Associés, un saphir de taille coussin (6,49 ct - CCIP : Cachemire, sans modification thermique) ornant une broche du début du XXe siècle stylisant une fleur sertie de diamants était adjugé 101 000 €. Si l’expertise de notre pierre n’était pas appuyée par le certificat d’un laboratoire spécifiant ses qualités, on peut juger de ses dernières au vu de l’enchère obtenue. Elle établit 15 767 € frais compris au carat, contre 11 530 € pour la pierre vendue le 7 avril. Impossible d’appliquer le même mode de calcul à la pierre adjugée le 9 avril, le bijou qu’elle ornait étant également serti de diamants de taille respectable. La tonalité de la couleur du bleu des saphirs est déterminante, les pierres birmanes faisant référence avec leur bleu indigo soutenu. Néanmoins, c’est un saphir cinghalais qui, jusqu’au XIXe siècle, a constitué la référence : le grand saphir de Louis XIV, qui pèse 135,8 ct !
Mercredi 21 mai 2008, salle 3 - Drouot-Richelieu.
Choppin de Janvry & Associés SVV. Cabinet Dechaut-Stetten.
À l’heure des records

Astronomique, cette montre livrée à Lord Seymour par la maison Breguet le 13 octobre 1831, l’est à plus d’un titre. En effet, outre son mécanisme et les informations qu’elle affiche, elle s’enorgueillit d’une adjudication stratosphérique : 2,8 M€, soit le plus haut prix prononcé en France pour un instrument de mesure du temps. Dans le secteur des montres de poche, l’enchère la plus soutenue, 1 715 500 F frais compris (321 180 € en valeur réactualisée), revient à une montre à grande complication d’Audemars à Genève, ayant figuré à l’Exposition universelle de Paris en 1878 (Drouot, 11 juin 1993). Pour les montres de poignet, on se souvient des 172 500 € frais compris d’une montre chronomètre Patek Philippe, référence 1463, adjugée à Drouot chez Blanchet & Associés le 26 mai 2004. Notre montre détient également un record pour Breguet. Seulement deux résultats millionnaires en euros sont répertoriés, tous les deux prononcés chez Antiquorum à Genève, le 19 novembre 2002. (Source : worldtempus.com). Une montre astronomique en or, livrée le 26 août 1817 au général Yermoloff, atteignait alors 2 258 500 CHF frais compris (1 536 700 €). Elle était poursuivie, à 2 148 500 CHF frais compris (1 461 860 €), par une montre Breguet n° 1188 en or à tourbillon et réserve de marche, vendue en août 1808 à don Antonio d’Espagne. En novembre dernier, chez Christie’s à Genève, une montre Breguet en or émaillé et diamant, fabriquée pour Joséphine Bonaparte, impératrice de France, puis offerte à Hortense de Beauharnais, recueillait 1 505 000 CHF (926 155 €). Le record mondial pour une pièce d’horlogerie, 11 M$ (12,4 M€ en valeur réactualisée), reste détenu par une Patek Philippe – marque qui truste les enchères les plus élevées – adjugée le 2 décembre 1999 chez Sotheby’s, à New York. Livrée en 1933 au banquier new-yorkais Henry Graves, elle fut durant 56 ans la montre la plus compliquée au monde, ses 900 pièces offrant pas moins de 25 complications. Elle a nécessité trois années d’études et cinq ans de réalisation.
Notre Breguet appartient à la même élite de l’horlogerie, quatre années ayant été nécessaires pour la parfaire. Elle répète les demi-quarts, indique les jours, les quantièmes, l’âge et les phases de la lune, les mois, la réserve de marche, l’équation du temps et le réglage de l’avance retard. La répétition sur gong par un seul marteau est actionnée par une glissière, l’une des premières à cette époque, cet armement de la répétition s’étant ensuite généralisé. Elle possède en outre la particularité d’être contenue dans une double boîte savonnette, centrée sur une face des armoiries de lord Seymour. Il s’agit sans doute d’Edward Adolphus Seymour, onzième duc de Somerset, prince des dandys parisiens qui, selon la légende et malgré sa nationalité anglaise, ne mit jamais les pieds outre-Manche. Passionné d’équitation, il a été le premier président du Jockey-Club.

Mercredi 9 avril 2008, salle 3.
Bailly-Pommery & Voutier Associés SVV. M. Stetten.

Diamants et saphirs

Si la vedette revenait ici incontestablement à une montre Breguet, les bijoux apportaient également une sérieuse contribution au succès de cette vente. Ainsi, ce diamant légèrement jaune était propulsé à 147 000 €, à partir d’une estimation haute de 70 000. Exécuté vers 1980, un collier en platine et or gris, formé d’une natte mêlant une rangée de diamants baguette à une double rangée de diamants taillés en brillant, montait à 82 000 €. Signé Boucheron, un bracelet pouvant être assorti au collier partait à 45 500 €. Lui aussi réalisé vers 1980, il croise deux bandeaux formés de deux lignes de diamants taillés en brillant enserrant une ligne de diamants baguette. Un bracelet, vers 1980, en or à larges maillons ovales alternés de maillons ronds, chacun serti de deux rangs de diamants taillés en brillant réunis par des agrafes à diamants en poire, navette ou brillant, allait à 37 500 €. Moyennant 29 500 €, on s’offrait une paire de pendants d’oreilles en or gris entièrement pavés de brillants formés par une chute de trois fleurs articulées. Intéressons-nous maintenant à deux saphirs. Le premier, de taille coussin (6,49 ct - CCIP : Cachemire, sans modification thermique), est centré sur une broche du début du XXe siècle, stylisant une fleur sertie de diamant, adjugée 101 000 €. Le second, de taille coussin toujours (7,18 ct - CCIP : Myanmar, sans modification thermique), orne une délicate broche du début du XXe siècle en ors parsemés de diamants demi-taille et perles fines, dont une en papille. Elle suscitait 30 000 €.

Mercredi 9 avril 2008, salle 3.
Bailly-Pommery & Voutier Associés SVV. M. Stetten.

Signés ou anonymes

Nouveau succès pour les bijoux cette semaine, avec les 1 168 370 € frais compris récoltés au Crédit Municipal. Trois enchères à six chiffres étaient marquées. La première, 148 000 €, allait à la torsade de diamants reproduite. Elle était estimée au plus haut 45 000 €. À 122 000 €, l’estimation était également largement oubliée pour un collier de Van Cleef & Arpels en or serti de diamants ronds brillantés et baguette, retenant en pendentif une importante émeraude ovale facettée (13,34 ct) entourée de diamants brillantés dessinant un ruban noué la rattachant au collier. Épaulé d’une chute de diamants baguette, un diamant de taille émeraude de taille ancienne (13,52 ct) présenté sur une bague des années 1930 fusait à 109 000 €. Une montre de dame Lady Kalla de Vacheron & Constantin en or gris à cadran, lunette et bracelet habillés de diamants rectangulaires à pans coupés était poussée jusqu’à 74 000 €. Le mouvement est mécanique. Elle laissait la place à l’autre poignet, à 45 000 €, pour un bracelet machette Van Cleef & Arpels vers 1950-1960 en or et platine, composé de deux rangées de franges articulées pavées de diamants brillantés sertis en grains. Présenté entre deux diamants tapers sur une bague en platine, un diamant brillanté (3,89 ct - CCIP : G, VS2), filait à 34 000 €. Terminons comme nous avons commencé avec un collier, un travail français vers 1935-1940 cette fois. En platine, il est composé d’un entrelacement de deux lignes de diamants ronds brillantés et d’une ligne de diamants baguette se nouant pour faire jaillir trois pampilles terminées par des diamants taillés en poire.

Vendredi 11 avril 2008, 55, rue des Francs-Bourgeois,
Crédit Municipal, M. Vion.

Émeraudes gravées
Estimée au plus haut 12 000 €, cette broche vers 1925 s’envolait à 148 000 €. Elle est ornée de trois émeraudes gravées, celle retenue en pampilles l’ayant été sur ses deux faces au XVIIe-XVIIIe siècle. La gravure des émeraudes est une spécialité indienne. Les fastueux empereurs Moghols - qui ont régné entre 1528 et 1858 - étaient particulièrement amateurs de pierres précieuses et de bijoux. Le vert étant la couleur de l’islam, l’émeraude est dans cette religion le symbole de l’espoir et de la vie éternelle. Aussi les Moghols ont-ils fait graver sur les émeraudes - provenant d’Inde, mais aussi de Colombie - leur noms, des versets du Coran et des motifs floraux. Dans la seconde moitié du XIXe siècle, l’Inde des maharadjahs fascine et Victoria est proclamée impératrice des Indes en 1876. La maison Cartier profite de cet engouement et présente à l’Exposition universelle de 1900 ses premiers bijoux indiens. Les maharadjahs vont de leur côté faire moderniser leurs parures. Dans les années 1920 à Londres, Jacques Cartier voit affluer les trésors venus d’Inde. La vogue des pierres gravées culminera par la suite dans un style que l’on nommera tutti frutti, dont l’une des pièces les plus emblématiques est le collier hindou créé pour Daisy Fellowes en 1936.

Mardi 18 décembre 2007, salle 8.
Piasa SVV. Cabinet Serret & Portier.

Diamants et rubis
Cette vente de bijoux rapportait 1 692 300 € frais compris. Pas moins de sept enchères à cinq chiffres étaient prononcées, une autre dépassant la barre des 100 000 €. À 120 000 €, elle récompense le diamant jonquille reproduit. Un rubis ovale ensuite (8,05 ct – GRS : Birmanie, sans traitement thermique), présenté encadré par deux diamants coeur sur une bague en ors gris et jaune. Un autre rubis ovale (10,51 ct – GRS : Birmanie, sans traitement thermique) récoltait 75 000 €. Il orne, encadré par une ligne de diamants baguette, une bague en ors gris et jaune. À 78 000 €, le diamant reprenait ses droits avec un brillant (7,5 ct – AGS : H, SI 2) monté sur une bague en or gris, entre deux diamants tapers. Un diamant de couleur de nouveau, orange-jaune profond, et taillé en coussin (4,28 ct – GIA : fancy deep yellow orange), provoquait, serti sur une bague en platine et or jaune pavée de diamants, 57 000 €. Intéressons-nous aux pierres de couleur. Un saphir ovale (11,7 ct – GRS : Birmanie, sans traitement thermique, bleu royal) séduisait un acheteur à 69 000 €. Il se présente sur une bague en or gris, accompagné de deux diamants tapers. Une émeraude ovale (17,11 ct – CCIP : couleur naturelle, sans huile ni résine) ornant une bague en or gris à attaches et griffes pavées de brillants, les côtés agrémentés d’émeraudes de taille ronde, recueillait 56 000 €. Terminons à 55 000 € avec un rubis ovale (4,04 ct – GRS : Birmanie, sang de pigeon, sans traitement thermique) magnifiant une bague en or gris, les attaches pavées de brillants.

Lundi 3 décembre 2007, salle 3.
Millon & Associés SVV. Mme Bauer-Petiet.

Diamant bleu exceptionnel
Supplantant les pierres blanches, les diamants de couleur ont depuis quelques saisons le vent en poupe. Ils connaissent aujourd’hui une vogue pour le moins égale à celle du XVIIIe. Pour fêter la promotion d’une cuvée spéciale, les propriétaires d’une maison de Champagne avaient demandé en 1962 au joaillier Chaumet de leur réaliser une bague. Choisissant un exceptionnel diamant bleu, ils l’avaient fait monter avec élégance et sobriété entre deux diamants trapèze. Seul le diamant bleu était proposé ce samedi, illuminant de tout son éclat cette vente rémoise. Pour l’anecdote, la propriétaire gardera la monture en souvenir. Notre diamant brille d’un bleu clair intense dû à un infime quantité de bore dans le cristal. Sa taille ancienne émeraude de type II B est l’une des plus rares. Espéré autour de 6 000 €, il provoquait une âpre joute d’enchères entre divers amateurs, présents dans la salle et le téléphone. Parmi les dix-sept enchérisseurs, on comptait de nombreux Européens, des Américains, ainsi que des Chinois d’Hongkong et bien sûr des amateurs français. Finalement, il était empoché par le marché international. Selon les experts, la pierre proviendrait des anciennes mines de Golconde en Inde, comme le fameux diamant de la couronne de France, devenu le Hope Diamond et exposé au Smithsonian Institute de Washington. Hergé s’en inspira d’ailleurs dans les années 1940 pour conter les aventures de Tintin au pays des maharadjahs recherchant le fameux diamant de Padhakore...

Reims, samedi 8 décembre 2007.
Mes Guizetti et Collet, Cabinet Serret et Portier.

Carats, bijoux et mécaniques
Cette vente de bijoux, pour beaucoup signés Arfan, Gemelli et Chopard, était réalisée à la requête d’un établissement financier sur attributions de gage. Elle remportait un vif succès, vingt-trois enchères à cinq chiffres et une à six chiffres étant marquées. Cette dernière, 242 000 €, s’affichait sur la bague d’Arfan reproduite, sertie d’un diamant de 10,02 ct environ. Arfan et Gemelli sont deux enseignes de joaillerie qui appartiennent en réalité à la même personne, Nicolas Arfan. Joaillier et horloger arménien, petit-fils de diamantaires et fils de bijoutier, il est dans le métier depuis les années 1970. Sa spécialité : le mélange des pierres précieuses et de diverses matières, décliné en une dizaine de modèles créés par an, sous différentes formes. Signée de Gemelli justement, une bague dôme en or gris, ornée d’un diamant octogonal (environ 5 ct) disposé dans un pavage concentrique de diamants taillés en brillant et de saphirs ronds, doublait à 29 000 € son estimation. Par Gemelli toujours, une bague jonc en or parsemée de petits diamant taille brillant et sertie clos d’un diamant taillé en tête de taureau (environ 6,75 ct) partait à 27 000 €. Le diamant principal est de forme hexagonale symétrique, mais à pans non réguliers. 26 000 € s’inscrivaient sur une bague toi en moi non signée en platine et or ornée de deux diamants poire, l’un blanc (3,01 ct – CCIP : E, P1, fluorescence faible) et l’autre jaune (3,08 ct – CCIP : Fancy yellow, SI2, fluorescence intense). Les montres étaient proposées en ouverture de programme. 54 000 € s’affichaient sur le modèle Edward Piguet de la marque Audemars Piguet, une montre d’homme à tourbillon. Le boîtier rectangulaire en or abrite un mouvement squelette, le cadran transparent étant appliqué de rinceaux en or. La trotteuse et le tourbillon "minute" sont situés à 6 heures. Exécutée vers 2000, elle est équipée d’un bracelet en crocodile à boucle déployante. Rappelons que le tourbillon, imaginé par Abraham-Louis Breguet, est un dispositif mécanique rotatif destiné à compenser les mouvements qui affectent le système balancier-spiral, afin d’améliorer la précision du mouvement.

Vendredi 16 novembre 2007, salle 3.
Farrando  Lemoine SVV. Cabinet Dechaut-Stetten.

Précieux diamants roses
Pour cette troisième édition cannoise des prestigieuses ventes organisées au Carlton, les bijoux se sont taillé la part du lion atteignant un produit global de plus d’un million d’euros. La meilleure enchère s’est inscrite sur cette somptueuse broche. Outre la belle pureté des diamants, elle illustre les différentes tailles de la grande joaillerie : brillant, rectangulaire, marquise, coussin, poire, émeraude... Autre atout, les diamants roses de la broche. Jusqu’à une époque récente, les diamants de couleur ou fancy diamonds étaient boudés, considérés comme moins purs. Dans les mines classiques de diamants blancs, les pierres de couleur résultent effectivement d’"accidents de la nature". Aujourd’hui, ils sont justement prisés des collectionneurs pour cette raison et les pièces aux nuances les plus exceptionnelles sont même plus cotées au carat que les diamants blancs. Magnifiques, rares et très chères, ces pierres tenaient récemment le premier rôle dans le film à succès du réalisateur américain Edward Zwick, Blood diamond. Pour nos diamants roses, sachez qu’il fallut pas moins de dix années de recherches. Certains proviennent de Russie, d’autres d’Afrique centrale et du Sud, du Brésil et, bien sûr, d’Australie où le filon d’Argyle en livre de sublimes exemplaires, au rose délicatement teinté de fuchsia.

Cannes, samedi 4 août 2007.
Marc-Arthur Kohn SVV.

Tout feu, tout flammes
L’air du temps pousse fréquemment les amateurs à préférer à l’inspiration naturaliste des années 1900 la rigueur géométrique de l’art déco. L’affrontement aux enchères de deux bijoux inversait cette tendance. En effet, si Sémaphore, la broche de Gérard Sandoz réalisée vers 1925 en platine et or gris serti de corail, onyx et petits diamants, s’octroyait 109 000 €, la broche dragon vers 1900-1905 reproduite, attribuée à Étienne Tourrette, était catapultée à 305 000 €, une estimation décuplée. Le propriétaire de ces deux bijoux avait préféré ne pas choisir entre géométrie et naturalisme, tout comme Nourhan Manoukian (1906-1993), dont la collection a auparavant servi d’écrin à ces créations. Ce dernier a réuni sa collection d’art nouveau et d’art déco à une époque où, longtemps méprisés, ces deux mouvements amorçaient leur reconnaissance. Familier de l’Hôtel Drouot, il traquait dans les ventes aux enchères, en France et à l’étranger, les objets les plus rares, qui allaient ensuite rejoindre son hôtel particulier montmartrois. Là, l’art nouveau régnait en maître au rez-de-chaussée, tandis que l’art déco avait les honneurs du premier étage. Dans la notice du catalogue de la vente de sa succession, organisée à Drouot le 17 décembre 1993 par l’étude Boisgirard, l’expert de la vente, Félix Marcilhac, relevait le caractère infaillible du collectionneur, qui lui a permis de " découvrir et d’acquérir les oeuvres les plus marquantes des meilleurs artistes des styles art nouveau et art déco ". La preuve en est à nouveau faite avec notre dragon gourmand d’aigues-marine, qui ne figurait pas dans la vente de 1993, contrairement au sémaphore de Sandoz, alors adjugé 490 000 F (90 262 € en valeur réactualisée).

Lundi 4 juin 2007, salle 2.
Enchères Rive Gauche SVV. Cabinet Serret & Portier.

Diamants «for ever»
Cette vente de bijoux totalisait plus de 1 264 000 € frais compris de produit vendu, le meilleur résultat s’affichant à 142 000 € sur la bague reproduite, ornée d’un diamant jonquille de 12,5 ct de taille coussin dont le certificat atteste la couleur naturelle. À 94 000 €, l’estimation était respectée pour un diamant taillé en brillant (8,84 ct - HRD : J, VS2), présenté encadré par quatre diamants navette et deux diamants baguette sur une bague en platine. Monté en solitaire sur une bague, un diamant de taille brillant (3,13 ct - CCIP : F, VVS2) se négociait 45 000 €. Un diamant de taille radiant (3,01 ct - HRD : E, SI1) monté, encadré de deux diamants demi-lune, sur une bague en or gris, suscitait 32 000 €. Intéressons-nous ensuite aux saphirs. L’estimation était dépassée à 54 000 € pour un rubis coussin (7,32 ct - GRS : Birmanie, sans traitement thermique) serti sur une bague en or de deux couleurs, jaune et gris. Les attaches ajourées sont pavées de brillants. Pour un peu moins, 40 000 €, on disposait d’une bague en or gris arborant un saphir de taille coussin (9,37 ct - GRS : Birmanie, sans traitement thermique, Vivid Blue), dotée d’attaches pavées de quatre diamants navette et deux brillants. Un saphir coussin (24,2 ct - GRS Ceylan, sans traitement thermique) produisait 29 000 €. Il est présenté sur une bague en or gris, encadré de six diamants baguette. Terminons à 25 000 € avec un collier rivière en platine serti de brillants (environ 12 ct au total), un travail de la maison Cartier des années 1950.
Lundi 2 avril 2007. Salle 3.
Millon & Associés SVV. Mme Bauer-Petiet.

Les diamants toujours dans le coup !

C’est assurément les pierres utilisées pour la composition du collier reproduit qui provoquait l’intérêt des enchérisseurs. Ils poussaient l’objet de leur convoitise jusqu’à 122 000 €, une estimation quadruplée. Le poids des diamants utilisés représente environ 50 ct, répartis entre différentes tailles : brillant, poire, baguette et navette. En mars 2003, un collier rivière composé de 53 diamants ronds partait à 180 000 € (Drouot, Beaussant - Lefèvre SVV). Il est de surcroît signé par Van Cleef & Arpels. Le 2 décembre 2005, le Crédit municipal de Paris adjugeait 43 000 € un collier d’Harry Winston en platine formant une chute de 58 diamants poires (20,33 ct l’ensemble : E-F/VVS-VS). Dans la même vente, un collier en platine, agrémenté d’une guirlande retenant 7 poires diamantées en pampille, le tour de cou étant rehaussé de petits diamant brillantés, nécessitait 36 000 €. Il est signé de Cartier New York, sa facture étant datée de janvier 1954. Signalons encore que l’on adjugeait 90 000 € le 8 juin 2005, chez Christie’s France à Paris, une parure se composant d’un collier et d’un bracelet, tous deux ornés d’une chute de diamants de taille émeraude, montée sur platine. Le bracelet porte le poinçon de la maison Asprey.

Vendredi 24 mars 2006. Salle 3.
Cabinet V.A.E.P. Marie-Françoise Robert
& Franck Baille SVV. Vendôme Expertise.

Lalique au sommet

Chacune des 5 serres agrippant les opales attrapées par deux femmes unies dans une même quête placée sous les feux irisants d’une goutte d’opale : voilà une image du désir tout en courbes gracieuses. Signée par René Lalique, cette broche opérait un charme l’entraînant à 172 000 €, une estimation doublée. Le 6 décembre dernier, une vingtaine de bijoux de Lalique figuraient dans une vente comprenant un important ensemble de ses œuvres (voir encadré page 39 de la Gazette n° 44). La meilleure enchère, 75 000 €, allaient alors à un collier tour de cou. Le prix remporté par la broche adjugée cette semaine se situe au sommet des enchères atteint par l’un des maîtres du bijoux art nouveau. En novembre 2001, un pendentif avec sa chaîne, Deux Libellules s’affrontant ailes levées, autour de deux aigues-marines, obtenait 104 690 € frais compris (Neuilly, étude Aguttes). En juin 1988, une broche en argent à motifs floraux entourant un visage de femme en verre opalescent montait à 687 000 F (143 600 € en valeur réactualisée, hôtel George V, étude Ader, Picard, Tajan). Le 10 juin 1991, une broche Chardons en or, pâte de verre et aigue-marine, ornée de diamants de taille ancienne, suscitait 697 800 F (131 900 € en valeur réactualisée, Drouot, études Libert-Castor, Ader-Picard-Tajan, Ferri).

Mercredi 14 décembre 2005. Salle 15.
Drouot-Estimations SVV. M. Stetten.

Par deux, c’est mieux

Décrits séparément dans le catalogue avec un cumul d’estimation haute de 270 000 €, ces deux diamants étaient adjugés ensemble 460 000 €. Avant leur réunion, le premier de 10,55 ct (GIA : F, VS1) allait à 178 000 € et le second, 9,44 ct (G, VVS2) à 105 000 €. Vendues sur ordonnance du tribunal de commerce de Paris, ces pierres n’ont à supporter, pour le plus grand plaisir de l’acheteur, que des frais à 10,764 % TTC. Les quatre critères d’évaluation des diamants sont appelés les «4 C» par rapport à l’anglais cut (taille), carat (poids), clarity (pureté) et color (couleur). De la taille dépend une bonne partie de la brillance du diamant. Or, la taille en poire est l’une des plus complexes à réaliser pour la partie supérieure de la pierre. Elle compte en plus de la table (la partie plane) 55 facettes réparties en 8 étoiles, un coin de tête, 3 bezels et 20 haléfis (voir www.diamants-infos.com pour plus de détails).

Mercredi 14 décembre 2005. Salle 3.
S.C.P. Castor - Libert- Hara.

Type IIa Golconde

En cette fin de saison, les diamants n’arrêtent pas de briller sur la place parisienne. Après ceux de Simone del Duca vendus avec le succès que l’on sait le 23 novembre dernier (voir Gazette n° 42 page 63), c’était au tour de deux diamants non montés d’être propulsés à 460 000 € (voir encadré page 23), celui reproduit, monté en bague, étant adjugé pour sa part 350 000 €. Pour ce dernier, de taille émeraude et pesant 23,03 ct, les laboratoires du G.I.A. (Gemological Institute of America) lui ont attribué une couleur parfaite, D, et une pureté se situant dans le haut de l’échelle, VS1 (Very Small inclusion 1). Le certificat indique également «type IIa Golconde». Cette appellation est attribuée par le GIA et le Gubelin Gem Lab pour qualifier la qualité de couleur et de transparence de certaines pierres. Leur blancheur et leur pureté renvoient en effet à l’étalon mythique, celui des diamants extraits dans la région de Golconde au sud de l’Inde. La plupart des diamants produits entre le IVe siècle av. J.-C. et jusqu’en 1730 proviennent de là. C’est notamment le cas du fameux Régent conservé au Louvre. Les pierres de type IIa Golconde ne proviennent pas forcément d’Inde, mais leur qualité les situe au sommet de la hiérarchie des diamants. Déjà au XVIIIe siècle, les diamants extraits dans les mines brésiliennes tout juste découvertes transitaient par l’Inde afin d’avoir le passeport «Golconde». Les mines indiennes étaient alors quasiment taries, mais leur réputation demeurait intacte.

Dimanche 11 décembre 2005. Tajan SVV.
Hôtel Le Bristol. Mme Beauvois.
Simone del Duca l’air des bijoux
Les 5 295 773 € frais compris obtenus par cette vente de bijoux constituent sans doute un des sommets français pour cette spécialité. L’essentiel de ce résultat, 4 404 465 € frais compris, revenait bien entendu aux bijoux de Simone del Duca, pour la plupart offerts par son mari Cino (pour plus de détails biographiques). Les tableaux, meubles et objets d’art de la succession de madame del Duca adjugés le 19 novembre 2004 au profit de la fondation Simone et Cino del Duca, avaient rapportés 2 672 760 € frais compris. Concernant les ventes de bijoux, rappelons les 3 908 772 € de l’écrin de la princesse Soraya, ex-impératrice d’Iran (29 mai 2002, Drouot-Montaigne- étude Beaussant- Lefèvre, voir Gazette2002 n° 23 page 65) ou encore les 23 MF (4,1 M€ en valeur réactualisée) de la vingt-troisième vente du redressement judiciaire de la maison Chaumet (11 octobre 1994, Drouot-Montaigne, études Libert & Castor, Watine-Arnault). Simone del Duca affichait un goût marqué pour les diamants, quelquefois mêlés à des rubis et à quelques émeraudes. La vedette revenait naturellement au diamant marquise facetté reproduit, poussé jusqu’à 1,7 M€, une estimation triplée. Si sa taille, 43,82 ct, lui réserve sa sortie du coffre uniquement pour les grandes occasions et si le certificat du GIA lui attribue seulement un F pour sa couleur, ces deux inconvénients relatifs sont contrebalancés par la matière de la pierre, mesurable seulement par l’œil humain, saluée pour ses qualités par l’ensemble des professionnels. Le Gia a en revanche octroyé un D, la couleur la plus blanche, au diamant rectangulaire de taille émeraude taillé à degré (24,78 ct, VVS1 pour la pureté), adjugé 1,1 M€ au double de son estimation. Il est présenté entre deux diamants tapers sur une bague en platine. Celui de Soraya de même taille, mais légèrement moins lourd, 22,37 ct, et doté de caractéristiques comparables (D, VVS2), avait récolté 900 000 €. Cette bague portait la signature d’Harry Winston. Retour à l’écrin del Duca avec les 910 000 €, une estimation basse triplée, d’une paire de boucles d’oreilles en diamant retenant 2 poires facettées, l’une de 13,35 ct (D, VS1) et l’autre 14,75 ct (E, VVS2). Là encore, ces deux pierres ont été admirées pour la qualité de leur matière. Une paire de clips d’oreilles en platine, pavés de diamants navettes et de diamants poires, suscitait 93 000 €.
Mercredi 23 novembre 2005. Salle 6.
Olivier Coutau-Bégarie SVV, Tajan SVV. Mme Beauvois, cabinet Serret & Portier.
L’art nouveau au féminin
Excellent exemple de l’art de René Lalique, génie incontesté de la bijouterie art nouveau dont la cote se maintient, depuis quelques décennies, à un niveau élevé. Après avoir dessiné divers modèles pour des joailliers parisiens comme Aucoc, Cartier ou Boucheron, Lalique se lance comme créateur indépendant et reprend, en 1885, l’atelier de Jules Destapes dans le quartier de l’Opéra, à Paris. Travailleur acharné, René Lalique veut rompre avec la bijouterie traditionnelle, imaginant sans cesse des modèles, expérimentant de nouvelles techniques. Installé au 20 rue Thérèse, il crée, entre 1891 et 1894, une spectaculaire collection de bijoux pour la tragédienne Sarah Bernhardt, qui lui assure une certaine notoriété. La figure féminine devient avec la nature ses sujets de prédilection : femmes et fleurs s’unissent aux thèmes typiques de l’art nouveau tels les scarabées, les libellules, les papillons et les insectes...Avec René Lalique, l’or et les pierres précieuses n’ont plus la première place. Dès 1891, il met au point les émaux en grand relief, réalisés selon un procédé proche de la pâte de verre. Lalique travaille également l’ivoire, l’écaille et les perles baroques. Le joaillier sait en tirer des effets se rapprochant souvent de la sculpture. Tel est le cas de ce ravissant pendentif, dont un modèle similaire est répertorié par Sigrid Barten en page 283 de son ouvrage sur René Lalique. Estimé entre 5.000 et 8. 000 euros, il a été très convoité entre divers amateurs pour finalement être acquis au quadruple de son évaluation. Une enchère de taille pour un petit objet précieux !
Orléans, 29 septembre 2005.
Pousse Cornet SVV. Mme Salanne.
Une fleur rare
Modestement estimée 2 000 €, cette orchidée envoûtait les amateurs au point de leur faire dépenser 165 000 €. Ce bijou est à rapprocher de certaines productions américaines de la même époque, de la maison Tiffany en particulier. À l’Exposition universelle de 1889, Tiffany & co présente une collection de 24 orchidées émaillées, qui valent à leur créateur, Paulding Farnham, une médaille d’or. Le succès de ces broches est tel que l’année suivante 40 autres orchidées sont proposées dans le magasin new-yorkais de la firme. Les bijoux floraux de Farnham, influencé par l’art japonais, sont remarqués depuis 1885. Le motif de l’orchidée apparaît pour la première fois à l’exposition de 1889. Cette fleur est alors une rareté, collectionnée par des clients de Tiffany comme Jay Gould ou Mary Jane Morgan. Abondamment reproduites, les orchidées de Farnham vont avoir une influence importante sur l’art nouveau tout juste naissant. Le prix obtenu par la broche adjugée à Paris se situe dans la fourchette haute des prix relevés pour ce type de bijoux. En avril dernier à New York chez Christie’s, une broche orchidée, probablement exposée à Paris en 1889, atteignait 228 000 $ frais compris (175 723 €) En avril 2002, un exemplaire réalisé vers 1889 obtenait, toujours chez Christie’s New York, 182 000 $ frais compris (205 840 € en valeur réactualisée). Des broches orchidées n’atteignent cependant pas ces sommets, comme en témoignent les 18 800 $ frais compris (20 916 €) d’un exemplaire conçu vers 1900 et proposé en octobre 2001 chez Chrisie’s New York. Visiblement, la date de création fait la valeur !
Jeudi 30 juin 2005.
Salle 8. Beaussant, Lefèvre SVV. Cabinet Serret & Portier.
Exceptionnel fancy yellow
Cette bague est exceptionnelle pour la qualité de son diamant. Elle a, du reste, été vendue accompagnée d’un certificat du laboratoire HRD, attestant fancy yellow couleur naturelle, pureté P1.
Deauville, 7 mai 2005
Deauville Auction. Mme Beauvois.
Un envol chatoyant
À première vue, on pourrait croire ce vol de papillons aux ailes chatoyantes arrive tout droit du XXe siècle. En regardant de plus près, les diamants de taille ancienne et les roses formant aussi bien les corps des insectes que les fleurs, comme le montage dit « en trembleuse » de cette broche, renvoient au siècle précédent, un XIXe décidément riche en surprises ! Du coup, l’estimation de 7.000 euros était vite oubliée, cet ensemble étant projeté à tir d’aile à 60. 000 euros. L’introducteur du naturalisme dans l’art du bijou en France est, dès 1860, Oscar Massin. Il multiplie les sources d’inspiration végétales ou animales et dépose de nombreux brevets d’inventions techniques qui, tout autant que l’esthétique raffinée de ses créations, lui apportent gloire et récompenses. Ce grand rénovateur de la joaillerie française, inspirera, entre autres, un certain René Lalique.
Vendredi 26 novembre 2004
Paris, Thierry de Maigret, Vendôme Expertise.
Isabey, miniaturiste de l’Empire
Parsemée de perles fines sur de l’or et de l’émail, la précieuse monture formant collier de cette non moins précieuse miniature d’Isabey montrant Laetitia Bonaparte, la mère de Napoléon Ier, contribuait à l’établissement de l’enchère de 8.000 euros prononcée sur une estimation qui n’en excédait pas 3.800. Jean-Baptiste Isabey, présenté à Napoléon par David et auteur du dessin de la Légion d’honneur, devient en 1805 le premier peintre de l’impératrice. Il va ainsi constituer une galerie de portraits miniatures des grands de l’Empire. "Madame mère" devance ainsi sa bru, la jolie Joséphine, portraiturée sur ivoire (4,8 x 3 cm) en 1804 et créditée de 6.500 euros en décembre 2002 (Paris, Beaussant, Lefèvre SVV). Bien entendu, Napoléon tient le haut du pavé avec les 11 950 £, frais compris (17.920 euros), recueillis par une miniature sur ivoire (7,8 x 7,8 cm) de 1811 le représentant (Bonhams Londres, avril 2004). Joachim Murat, toujours exécuté sur ivoire (H. 5,2 cm) mais en 1810, décrochait quant à lui 18.400 francs suisses, frais compris (13.500 euros en valeur réactualisée) en novembre 1995 à Genève chez Sotheby’s. Sur papier (10 x 8 cm) et daté de la même année, un portrait du même prince récoltait 8. 400 euros en avril 2003 en Italie (Porro & C.). Le musée du Louvre conserve plusieurs portraits miniatures de la famille impériale réalisés par Isabey, dont deux de Laetitia. Ils sont différents de celui qui était vendu cette semaine, ce dernier étant plus proche du portrait d’apparat peint par le baron Gérard vers 1802-1804. Si le diadème n’est pas semblable, le voile à motifs dorés est le même.
Vendredi 15 octobre 2004
Espace Tajan, Tajan, M. Bruel.
La 1526 de Patek Philippe
Troisième enchère notable à Paris cette année pour Patek Philippe grâce aux 68.000 euros décrochés par cette montre en or, référence 1526, sortie des ateliers vers 1944. Le 12 mars, une montre de poche en or à complications, fabriquée vers 1890-1895, avait obtenu 108.000 euros (Beaussant - Lefèvre SVV). Elle était battue le 26 mai à 145.000 euros par une montre chronomètre en or, référence 1463, produite en 1963, record mondial pour cette référence (Blanchet & Associés). En parfait état de conservation, elle possède deux caractéristiques de fabrication qui la rendent quasi unique. La 1526 vendue cette semaine, sous son estimation, présente un état moins satisfaisant pour les méticuleux collectionneurs de mécanique de précision. Son intérêt réside principalement dans son mécanisme à quantième perpétuel affichant les phases de la Lune, doté d’un spiral Breguet, d’un système de réglage fin et d’un balancier compensateur. Le quantième perpétuel tient automatiquement compte des mois de 30 ou 31 jours et des années bissextiles. Patek Philippe introduit le premier quantième perpétuel de l’histoire de la montre-bracelet en 1925. La production de la première 1526 débute en 1941, la même année que la sortie de la référence 1518, le premier chronographe à quantième perpétuel produit en série. Comme pour la 1463 adjugée en mai, des modèles de la 1526 possèdent des particularités qui génèrent de fortes plus-values. Signalons le modèle astronomique, sans doute unique, produit en 1948 et vendu, sans aiguille des secondes, 520.000 francs suisses (349.000 euros en valeur réactualisée) en novembre 1999 à Genève chez Antiquorum. En avril 2002, la même société décrochait un record mondial pour une 1526 à 1.340.000 francs suisses (914.500 euros en valeur réactualisée). Elle était estimée au plus haut 96.000 euros.
Lundi 18 octobre 2004
Paris, Tajan, M. Gavioli.
Record pour la 1463
Le nom de Patek Philippe enflamme pour la seconde fois cette année la scène parisienne des enchères. Après les 108.000 euros prononcés le 12 mars dernier sur une montre de poche en or à complications vers 1892-1895 (Beaussant, Lefèvre), en voici 145.000 adjugés à 7 fois l’estimation sur une montre chronomètre référence 1463 en or fabriquée en 1963. Les collectionneurs de mécanique de précision sont gens méticuleux, et le fait que cette montre ait été très peu portée, et donc en parfait état, n’est pas étranger au résultat obtenu. L’émail d’origine du cadran n’a fait l’objet d’aucune restauration, son mécanisme est de première qualité et deux caractéristiques la distinguent de ses consœurs : tout d’abord, les chiffres appliqués du cadran sont en or rose et ensuite ses boutons poussoirs sont ronds et lisses. Les archives Patek Philippe indiquent qu’elle a été produite en 1963 et que le concessionnaire parisien de la marque - Guillermin & Molet place Vendôme - l’a vendue l’année suivante en 1964.
Mercredi 26 mai 2004
Paris, Blanchet & associés, M. Stetten.
L’or d’une culture perdue
À 33.000 euros, estimation dépassée pour deux pendentifs en or de la culture diquis, vivement combattus par 4 collectionneurs. La culture diquis correspond à une aire géographique au sud-ouest de l’actuel Costa Rica. Elle a notamment donné son nom à un delta sur le Pacifique. Le Metropolitan Museum of Art de New York conserve une importante collection de bijoux en or diquis. Elle a également laissé des poteries, mais son héritage le plus mystérieux consiste en d’importantes sphères de pierre pouvant pesées jusqu’à 16 tonnes. Elles ont été identifiées pour la première fois dans les années 1930 et font l’objet de nombreuses spéculations. Les deux pendentifs vendus à Drouot témoignent de la maîtrise du travail de l’or qu’avait cette culture.
Vendredi 7 mai 2004
Paris, Blanchet & Associés, M. Reynes.
Patek Philippe, enchère top chrono
A 108.000 euros, une enchère de haute précision se portait sur une montre de poche en or jaune fabriquée vers 1890-1895 par Patek Philippe, initialement estimée dix fois moins. L’objet de tant de convoitise possède plus d’un tour dans son mouvement. Non seulement elle forme chronographe avec rattrapante, mais elle est en plus dotée d’un système de répétition minute. Il permet également de faire sonner par l’intermédiaire d’un double gong l’heure, la demie et le quart, mais aussi d’égrener les minutes. Patek Philippe est la première maison à fabriquer des montres de poche à répétition minute en 1845, année de la réunion des talents d’Antoine Norbert de Patek de Prawdzic, né en Pologne (1812-1877) et Jean Adrien Philippe, né en France (1815-1894). Trois ans auparavant, ce dernier mettait au point le premier remontoir permettant de remonter la montre et de positionner les aiguilles pour le réglage de l’heure. La même année, la société est baptisée Patek Philippe, du nom des deux associés
Vendredi 12 mars 2004
Paris, Beaussant - Lefèvre. Cabinet Serret-Portier.
Collection Feuard
C’est le moment ou jamais de le dire, un feu ardent d’enchères nourrissait la vente des bijoux de l’ancienne collection de Félix-Bienaimé Feuardent (1819-1907), le bien nommé. Il était numismate et également passionné d’archéologie. Elle totalisait 641.785 euros au marteau, avec nombre d’estimations pulvérisées. 58.000 euros allaient à un paisible camée en agate brun et blanc d’époque romaine figurant un couple. Il était poursuivi à 41.000 euros par une bague en or bordée d’une frise de lotus sertissant un cartouche ovale en jaspe beige gravé d’inscriptions hiéroglyphique datant de la Basse Époque égyptienne (voir reproduction). Retour à l’époque romaine à 30.000 euros avec une intaille ovale en nicolo gravé d’un Jupiter trônant, tenant une lance et le foudre avec, à ses pieds, son aigle emblématique. Elle est sertie dans une bague en or ajouré sertie de deux petits grena
Vendredi 26 mars 2004
Paris, Boisgirard et Associés, Mme Kevorkia
Jean Fouquet
Toujours très courus, les bijoux art déco de Jean Fouquet (1899-1994), l’un des joailliers les plus hardi et les plus novateur de son temps, ont largement dépassé leurs estimations. Les lignes géométriques de ce collier au pendentif ponctué d’importants cabochons de corail montait à 49.000 euros, la bague assortie atteignant quant à elle 13.800 euros. A 28.000 euros, on hésitait entre un collier en cristal de roche dépoli et une broche à monture en or gris, cabochon en cristal de roche entourée de jais, avec un pavage de petits diamants en arc de cercle
Cannes, samedi 6 et dimanche 7 mars 2004,
Cannes Enchères, SVV, en présence de Me Issaly, Mme Barranger-Scotto.
L’aigue-marine selon Boivin
Le nom de Boivin brillait dans l’eau douce des aigues-marines grâce aux 10.000 euros provoqués par cette bague chevalière en or modèle Écaille. La monture transparente dessine une résille sertie de cette pierre dont le nom évoque l’eau de mer. La maison Boivin fait partie des quelques joailliers à avoir eu une prédilection toute particulière pour l’aigue-marine. L’aigue-marine a été plus particulièrement utilisée en Angleterre sous le règne d’Édouard VII, puis dans une veine fort différente par les créateurs art déco et dans les années 50. La maison Boivin, dont la production singulière ne s’attache à aucun style particulier, a notamment assuré le succès de cette pierre avec un collier (1931), un bracelet rigide (1937) et une broche (1947), où elle est taillée en boule.
Bijoux, mercredi 4 février 2004,
Paris, Chochon-Barré et Allardi, MM. Martin, Boré.
Boucheron, avec éclat !
L’éclat des diamants ornant cette broche en platine et or gris attirait les enchères comme la lumière les papillons, la conduisant de son estimation haute de 40.000 euros à son adjudication de 71.000 euros. Elle possède son écrin d’origine de la maison Boucheron, et a subit une transformation. Le coeur de ce précieux noeud était à l’origine serti d’une émeraude cabochon, remplacée par l’actuel diamant de forme coussin. Le dessin de cette broche est typique des années 1910, offrant une variation déliée, à la fois naturaliste et stylisée, d’un thème classique.
Mercredi 26 novembre 2003,
Paris, Piasa, cabinet Serret & Portier.
http://www.gazette-drouot.com/static/resultat_vente_encheres/liste.html http://catalogue.gazette-drouot.com/ref/ventes-aux-encheres.jsp