La Gazette Drouot
Best of des enchères - Automobile
Best of des enchères
Automobile 2013 / 2003
Ferrari Enzo, puissance fiscale 66 cv, cylindrée 5 998 cm3, carrosserie CI, 1 439 km, mise en circulation 16/12/2005, intérieur cuir rouge.
1 006 720 € frais compris.
ferrari supercar
Les chevaux ne manquaient pas sous les capots des véhicules proposés ce vendredi à Sainte-Geneviève-des-Bois, sur mandat de l’Agence de gestion et de recouvrement des avoirs saisis et confisqués (AGRASC). Ferrari, Aston Martin, Porsche et Bentley étaient au rendez-vous sur la ligne de départ. Sans surprise, la marque au cheval cabré enfumait ses concurrentes, à 880 000 €. Son ambassadrice ? Enzo, l’automobile d’exception appartenant au cercle très fermé des «supercars». Un nom ronflant pour une catégorie aux caractéristiques imprécises, si ce n’est qu’elle s’arroge tous les superlatifs en termes de véhicules sportifs. La performance est bien sûr au cœur de l’affaire, grâce à des matériaux et à des technologies de pointe dignes des circuits. Du sur-mesure produit au compte-goutte, naturellement hors de prix… Ferrari a ainsi mis en vitrine la GTO, la F40 et la F50, rejointes en 2002 par la Enzo, produite à 400 exemplaires. Ses atouts ? Une carrosserie en composite haute performance et un châssis à structure alvéolaire en fibres de carbone et aluminium, véritable défi à la légèreté. Son moteur V12, développant quelque 660 chevaux à son maximum, propulse le bolide aux 350 km/h annoncés par le constructeur. Celui-ci s’est inspiré des lignes de la Formule 1 pour travailler l’aérodynamisme de l’engin et mettre l’accent sur «l’effet de sol». Les commandes du bolide, ainsi que l’installation de son pilote, ont également été pensées de manière fonctionnelle et efficace, afin que l’homme et la machine puissent donner le meilleur d’eux-mêmes. De quoi jouer dans la cour des grands…
Vendredi 14 février, Sainte-Geneviève-des-Bois.
SCP martin du nord, de bouvet.

Maserati 3500 GTI cabriolet Vignale avec hard-top, 1962, six cylindres en ligne en aluminium développant 235 CV.
Frais compris : 553 527 €.
Maserati record
Dès que l’on parle des belles sportives italiennes, un certain cheval cabré rue dans les brancards. C’est cependant un trident qui plantait une enchère de 460 000 € au sommet du podium d’une vente vrombissante… L’emblème de Maserati orne pour ce prix la calandre racée de ce cabriolet 3500 GTI de 1962 «matching numbers», entendez par là que ses numéros de châssis et de moteurs correspondent. Il a bénéficié, après son achat en 2007 par un collectionneur helvète, d’une réfection totale par les meilleurs artisans suisses. Son moteur à six cylindres en ligne est alimenté par une injection Lucas, une amélioration apportée en 1960. Le cabriolet n’a été produit qu’à 242 exemplaires, faisant de notre exemplaire une rareté. Dessinée par Giovanni Michelotti et carrossée par Vignale, la 3500 cabriolet a été présentée au Salon de Paris de 1960 et mise en production de 1961 à 1963. Cette version décapotable est considérée comme étant plus élégante et d’un caractère plus affirmé que la version coupé, laquelle fut la première voiture de grand tourisme produite en série par Maserati. Elle représente le premier grand succès commercial de la marque, achetée par des têtes couronnées et des stars du cinéma. Auparavant, les ateliers du constructeur proposaient des modèles s’avérant davantage des voitures de courses adaptées à un usage routier. Pour séduire une clientèle plus large, il fallait imaginer une voiture à la fois puissante et confortable. Ce sera la 3500 GT, équipée d’un moteur en aluminium dérivé de celui de compétition de la 350 S. Elle est bien entendu destinée à concurrencer les Ferrari et possède l’avantage d’être moins onéreuse tout en étant aussi rageusement séduisante.
Dimanche 20 octobre, Hôtel Marcel-Dassault.
Artcurial - Briest - Poulain - F. Tajan SVV.
Bugatti Veyron 16,4 Grand Sport.
Frais compris : 914 816 €.
Pied au plancher !
Neuf voitures de luxe totalisaient au soleil des enchères la bagatelle de 3 212 147 € frais compris. Outre des noms prestigieux, elles offrent l’avantage d’avoir peu roulé, la plus utilisée affichant 12 841 km. Vendues à la requête de l’Agrasc – Agence de gestion et de recouvrement des avoirs saisis et confisqués –, elles ont été saisies en février 2012 dans l’hôtel particulier parisien du fils du président de la Guinée équatoriale, Teodoro Obiang, objet de poursuites judiciaires internationales. En plus du prix d’adjudication, les acheteurs devaient régler la révision effectuée en juin par les constructeurs ou les concessionnaires officiels des marques. Ainsi, l’acquéreur de la voiture la plus chèrement disputée, 800 000 €, la Bugatti Veyron Grand Sport reproduite, hérite d’une facture se montant très exactement à 38 700,86 € TTC. À voiture d’exception, révision d’exception, ce bolide hors norme pouvant atteindre des vitesses supérieures à 400 km/h ! Dépourvue du qualificatif «grand sport», une Bugatti Veyron de 2007 en deux tons de bleu recueillait 510 000 €. Il s’agit du modèle «de base» de la célèbre marque, ressuscitée en 1998 par le groupe Volkswagen. Reproduite en couverture de la Gazette n° 25, la Maserati MC 12 de 2005 bleu foncé et blanc nacré atteignait 640 000 €. Ce modèle n’a pas été produit à plus de cinquante exemplaires, en plus des cinq destinés à la compétition. Ce pur-sang est susceptible de rouler jusqu’à 330 km/h… Ferrari entrait en piste à 243 000 € avec une 599 GTO de 2010 jaune foncé n’affichant que 597 km au compteur. Sa note de révision est des plus raisonnables, 1 596,10 € TTC. Dotée de la même couleur de robe, une Porsche Carrera 980 GT de 2006 rugissait à 238 000 €. L’écurie Obiang ne possédait pas que des «supercars», le trophée pour les déplacements plus quotidiens revenant moyennant 130 000 € à une Rolls-Royce Phantom noir de 2005, présentant 10 598 km au compteur. Terminons cheveux au vent avec les 125 000 € d’une Bentley Azur de 2007 ivoire arborant une sellerie en cuir crème, une loupe de bois clair complétant harmonieusement son intérieur.
Lundi 8 juillet, 12, rue Drouot.
Me Damien Libert, président de la Chambre de discipline des Commissaires-Priseurs Judiciaires de Paris.

Bugatti type 37 de 1928.
Frais compris : 628 357 €.
Duo terre et mer
Bugatti et Riva. Ces deux noms historiques sont les vainqueurs de ce dimanche dédié aux belles mécaniques. Un résultat sans surprises, les deux constructeurs étant des vedettes, chacun dans sa catégorie… Les bolides bleus du pionnier, avec d’autres, de l’automobile font toujours rêver les amateurs de voitures de courses produites entre 1925 et 1935. Beaucoup de répliques ayant été construites, un modèle affichant un pedigree de choix ne manque jamais de remporter les suffrages des passionnés. Notre type 37, qui décrochait 550 000 €, est de ceux-là. Son moteur 252, un des dix assemblés en 1927, a sans doute été monté l’année suivante sur son châssis, dont on retrouve le numéro dans le registre de vente de Bugatti au nom de «L. Boucher Limoges», en 1929. Propriétaire de plusieurs garages, notre homme enfile volontiers ses lunettes de pilote pour faire gronder ses belles mécaniques et remporter des records de vitesse. 180 km/h sur la route Paris-Limoges avec sa Bugatti type 43 grand sport… voilà de quoi affoler les radars ! Après avoir profité de son nouveau joujou, il le cède à d’autres passionnés, dont on retrace l’historique complet au gré des immatriculations. À quatre cylindres contre huit pour sa devancière, la fameuse type 35 reine des compétitions, notre 37 est moins puissante, mais elle se révèle endurante, légère et agréable à piloter. Des qualités immédiatement remarquées par les amateurs, aujourd’hui comme hier. Avec l’Aquarama, c’est encore une histoire de puissance, sur l’eau cette fois et forcément racontée par Riva. Puissance de la mécanique, bien entendu, mais aussi de la séduction, grâce à des lignes impeccables sensuellement habillées de bois ; ajoutez de l’imaginaire, des personnalités comme l’Aga Khan et Roger Vadim ayant foulé leurs pontons au bras des plus belles femmes du monde. C’est sur un air de Dolce Vita que naviguera le nouveau propriétaire d’un Aquarama de 1966, emporté pour 215 000 €. Le prix du rêve !
Dimanche 23 juin, Fontainebleau, Osenat SVV. M. Montanaro.
Horch 853 A cabriolet, 1939, huit-cylindres en ligne de cinq litres.
Frais compris : 685 900 €.
La rutilante collection Lecoq
Lecoq est un nom qui appartient désormais à l’histoire de l’automobile de collection. André Lecoq (1929-2012) a fondé un atelier de carrosserie qui est allait devenir la référence française en matière de restauration. Ayant débuté en réparant dans les années 1960 les toutes nouvelles parures en polyester des Alpine, Matra et autres Lotus, c’est par hasard qu’au début de la décennie suivante Adrien Maeght lui fait restaurer une voiture de collection. La «success story» est lancée, et le carrossier devient lui-même collectionneur. Il fait l’acquisition en 1972 du cabriolet Horch 853 A reproduit auprès d’un gendarme à la retraite, qui l’avait acheté, juste après la guerre, aux Domaines. Il lui fait subir une campagne de restauration exemplaire et l’utilise dans des rallyes et concours. Ce bijou devient sa meilleure carte de visite, les collectionneurs considérant dès lors qu’une restauration Lecoq est le gage d’un prix lors d’un concours d’élégance. Cette désormais légendaire Horch était le clou de la vente de la collection du carrossier. À 570 000 €, elle doublait son estimation. Son moteur a été entièrement restauré en 2008. Treize autres voitures au pedigree Lecoq défilaient, toutes vendues. Le total de la collection s’établissait à 2 934 300 € frais compris, la deuxième marche du podium étant occupée à 435 000 € par une Bugatti type 57 coach Ventoux de 1938, acquise en 1982. Alors qu’elle appartenait au gentlemen driver Roger Crovetto, elle bénéficia en 1971 d’une restauration dans les règles de l’art chez Henri Chapron. Elle se présente dans une configuration proche de sa sortie d’usine. 236 000 € revenaient à une Mercedes-Benz 320/340 cabriolet B Usine de 1939 qu’André Lecoq avait achetée en 2010 pour sa facilité d’utilisation, en remplacement de ses imposantes 500. Une française arrive en quatrième position à 218 000 €, triplant son estimation, une Renault Nervastella grand sport cabriolet de 1935, seule survivante de la série ABM3. Sa carrosserie aérodynamique suggère à elle seule l’idée de vitesse…
Lundi 10 juin, théâtre du Rond-Point. Artcurial - Briest - Poulain - F. Tajan SVV.
417 000 € frais compris. Lancia Stratos groupe 4, achevée par Bertone le 31 octobre 1974, numéro de coque "391", V6 Dino Ferrari, 2,4 litres.
Plaisirs automobiles
La passion automobile se chiffrait ici à 3 045 833 € frais compris. Cinq voitures franchissaient la barre des 100 000 €, certaines allègrement, à l’image de la Lancia Stratos groupe 4 reproduite, créditée de 350 000 €. On ne présente plus ce modèle, l’un des plus brillants jamais produits pour les rallyes. Sa conception uniquement tournée vers la compétition et sa motorisation, signée Ferrari, lui ont permis d’être l’une des voitures de rallye les plus titrées. Elle est ici présentée dans sa version la plus radicale et la plus efficace, la propulsant entre 1978 et 1980 dans au moins dix épreuves. Sortie de chez Bertone – son carrossier – en 1974, elle a été préparée dans un atelier italien pour courir en compétition client, en respectant la configuration du groupe 4, celle des voitures de grand tourisme spécialisées. En tout, 495 Lancia Stratos ont été produites. Les anglaises voyaient une Aston Martin DB MKIII coupé de 1954 partir à 140 000 €. Gris irisé avec un intérieur marron, celle-ci est à conduite à gauche et a fait l’objet d’une restauration de très haut niveau. Elle possède toujours son 6 cylindres en ligne de 2,9 litres d’origine. Ce modèle a été fabriqué à environ 550 exemplaires. 132 500 € rugissaient sur une rare Arnolt Bristol "Bolide" 404 roadster de 1957 dans son état d’origine et affichant un faible kilométrage. Elle n’a connu que deux propriétaires, le premier l’ayant acquise auprès de Stanley Arnolt pour participer à des rallyes. Importateur de MG aux États-Unis, Arnolt a demandé à Bertone de carrosser un châssis d’AC 404 équipé d’un 6 cylindres 2 litres Bristol. Le dessin de la carrosserie, justement salué par la critique, est de Franco Scaglione.
Dimanche 11 novembre 2012, Hôtel Marcel-Dassault.
Artcurial - Briest - Poulain - F. Tajan SVV.
1 540 200 € frais compris.
Ferrari 275 GTC, châssis n° 275GTC*08457, moteur n° 8457, 1966.
Sacrée championne !
Cette vente organisée au coeur même du circuit des 24 Heures du Mans, recueillait 8 674 160 € frais compris. Notre Ferrari, championne en titre de la vacation enregistrait de plus un record mondial pour sa catégorie. Fabriquée par Carrozzeria Scaglietti, elle est la dernière réalisation de Sergio Pininfarina. Appartenant à la série mythique des 3 Ferrari 275 GTC construites, elle a été victorieuse de sa catégorie aux 1 000 km du Nurburgring, en 1966. Lancé la même année, le modèle est destiné aux clients qui souhaitent participer aux courses. Possédant un moteur avec arbres à cames spéciaux, il est carrossé en acier. Proposée avec un titre de circulation anglaise, notre Ferrari dispose encore de trois carburateurs Weber 40-DCZ-6, de bielles de compétition ainsi que de paliers de vilebrequins à quatre boulons. Alliant classicisme, élégance et dynamisme, elle illustre enfin l’esthétisme des créations de Sergio Pininfarina, star des designers italiens, décédé le 3 juillet 2012 dernier.
Le Mans, samedi 7 juillet 2012.
Artcurial - Briest - Poulain - F. Tajan SVV.


4 507 100 € frais compris. Ferrari 250 GT California Spyder, 1959, ex. Roger Vadim, moteur V12 3 litres, avec hard-top d’usine. Record modial pour le modèle.

Reine de la route… et des enchères

Organisée dans le cadre de Rétromobile même, cette vente totalisait 13 921 473 € frais compris, soit le montant le plus haut jamais atteint en France pour une vente de voitures de collection. Vingt-quatre enchères à six chiffres étaient frappées et une millionnaire. Cette dernière revenait à 4 M€ au Spyder Ferrari 250 GT California reproduit, qui à la perfection technique ajoutait un pedigree glamour puisqu’il a appartenu à Roger Vadim, le metteur en scène aux multiples conquêtes féminines. Il s’agit d’un des 47 exemplaires de cette voiture mythique, produite sur le même châssis que la berlinette "Tour de France" de compétition. Ce lien constant entre les Ferrari de piste et celles destinées à la route allait asseoir la réussite du constructeur italien. Une autre Ferrari faisait à 405 000 € des étincelles, une 250 GT coupé Boano de 1956, un des huit exemplaires ayant une histoire en courses. Ce modèle n’a été produit qu’à 88 exemplaires. Les oldtimer de l’entre-deux-guerres étaient également bien représentées avec en tête de peloton, à 420 000 €, une Mercedes 540 K de 1937 équipée d’une carrosserie "cabriolet B" à quatre places. Elle a d’abord appartenu au consul du Portugal en poste à Hambourg avant de gagner les États-Unis pour rejoindre l’un des garages de la famille Rockefeller. Elle a été restaurée en 1991. Noire et grise, elle possède un intérieur en cuir rouge avec tableau de bord à fond nacré. Son huit cylindres est équipé d’un compresseur lui assurant des performances de premier ordre. Les pionnières étaient également représentées avec les 400 000 € d’une Delaunay Belleville type 06. Ce haut de gamme français, réputé pour sa qualité, est ici carrossé en torpédo par J. Rothschild & Fils avec l’usage d’une spécialité maison, le partinium, un alliage d’aluminium et de tungstène. Notre voiture est restée dans la même famille depuis l’origine, son châssis et son moteur possédant le même numéro.

Vendredi 3 février 2012, Porte de Versailles.
Artcurial - Briest - Poulain - F. Tajan SVV.
 
Mercedes, Facel, Aston Martin : tiercé gagnant !

Salle comble pour cette vente d’automobiles de collection et résultats à la hauteur avec un total recueilli de 2 796 542 € frais compris, 90 % des lots présentés trouvant preneur. Les acheteurs se recrutaient en Europe, au Moyen-Orient et en Asie, une nouvelle génération d’amateurs, des trentenaires, faisant son apparition. La barre des 100 000 € était franchie à quatre reprises, la plus haute marche du podium étant prise par une allemande dont la genèse doit beaucoup à l’Amérique des Trente Glorieuses, la mythique 300 SL à portes papillon. Sortie d’usine le 3 juin 1955, notre voiture atteignait 465 000 €. Elle bénéficie d’un historique connu depuis son origine et d’un entretien suivi, son moteur ayant même été refait il y a trois ans en même temps que sa pompe à injection, son maître-cylindre de freins, son embrayage et son boîtier de direction… Prête pour de nouvelles aventures ! C’est une française qui montait à 173 000 €, estimation largement dépassée, sur la deuxième marche du podium. Il s’agit d’une Facel II bleu irisé de 1963 possédant toujours son moteur d’origine, comme son intérieur en cuir beige, parfaitement patiné. En 1990, elle a fait l’objet d’une campagne de travaux représentant l’équivalent de 17 400 €. La Facel II est rare, ayant été produite à moins de 200 exemplaires. Une fille d’Albion, une Aston Martin DB6 de 1966 vêtue d’une robe rouge Dubonnet, montait à 115 000 € sur la troisième marche. Elle a été entretenue avec soin, une importante remise à niveau ayant été effectuée en 1997-1998. La DB6 possède l’avantage de disposer d’un habitacle plus spacieux que celui de ses devancières. Les lignes aussi puissantes que sensuelles d’un roadster Jaguar XK 120 de 1955 séduisaient un amateur à 94 000 €, une estimation dépassée. Son numéro de châssis laisse entendre qu’elle bénéficie du "Special Equipment", dont la version 180 ch du moteur six cylindres. Elle a en outre fait l’objet d’une restauration poussée. C’est une voiture récente, une incandescente Ferrari 599 GTB Fiorano de 2009, qui récoltait l’ultime enchère à six chiffres de la vente, 115 000 €. Son V12 développant 620 chevaux faisait de ce modèle, au moment de sa sortie en 2006, la Ferrari de route la plus puissante jamais produite. Elle a été livrée, à la demande de son commanditaire, avec une boîte à six rapports manuels.

Dimanche 30 octobre 2011, Hôtel Marcel-Dassault.
Artcurial - Briest - Poulain - Le Fur - F. Tajan SVV.
 
Hispano-Suiza, Ferrari et 4L boostée !

Les belles carrosseries abritant des motorisations aussi puissantes que sophistiquées attisent toujours les convoitises, concrétisées ici par un total de 5 394 006 € frais compris. Les acheteurs étrangers – avec une très nette prépondérance de ceux des pays du Golfe sur les Australiens, Allemands, Autrichiens et Italiens – raflaient les vingt-sept voitures les plus chères vendues, à l’exception de trois seulement qui restaient en France. Treize bolides franchissaient la ligne des 100 000 €. Les sept voitures de la collection Jean Serre récoltaient à elles seules 1 787 100 € frais compris. Resté à l’abri des regards, cet ensemble réuni par un amateur de la première heure d’automobiles qui n’avaient pas encore acquis leur statut de véhicules de collection, évoquait aussi un pilote chevronné, ayant participé dans les années 1950 à des rallyes en Peugeot 203 à compresseur. Sa collection possède l’avantage d’être "dans son jus", un avis dans le catalogue conseillant même pour certaines voitures "d’entreprendre une réanimation précautionneuse". Provenant de sa succession, elles sont dans leur état d’origine et étaient vendues sans prix de réserve. 695 000 € culminaient sur la Ferrari 275 GTB/4 reproduite. Cette quatrième évolution de la 275 GTB, modèle apparu en 1964, dont la carrosserie est la dernière à avoir été supervisée par Pinin lui-même, se caractérise par l’adoption du premier V12 "de route" de la marque. Livré neuf en France en 1968, notre exemplaire avec 42 300 km au compteur est dans son état strictement d’origine, entretenu mais jamais restauré. Une aubaine pour les amateurs ! Les trois autres enchères à six chiffres de la collection Serre concernent des vétérantes de l’entre-deux-guerres, deux Hispano Suiza et une Bugatti. Carrossée par Letourneur et Marchand en cabriolet, l’Hispano-Suiza K6 de 1935 frôlait elle aussi, à 395 000 €, son estimation haute. Elle était l’une des voitures préférées du collectionneur, qui l’avait acquise à la fin des années 1960. Terminons avec une curiosité qui animait considérablement la vente, le prototype de 4L de 2010 sur base BX GTI utilisé dans le film Rien à déclarer. Vendue sans frais au profit de la Fondation de France, elle était acquise à 25 000 € par le propriétaire lillois d’une discothèque. L’ambiance "ch’ti" était de plus assurée par le réalisateur Dany Boon lui-même, à qui Hervé Poulain a laissé le marteau. Le comédien arrivait directement du plateau du "Grand journal" de Canal +, où il assurait la promotion de la sortie DVD du film. Une enchère à chaud !

Lundi 13 juin 2011, Hôtel Marcel-Dassault.
Artcurial - Briest - Poulain - F. Tajan SVV.
 
Chevaux hurlants

C’est dans la vente inaugurale de ce festival automobile que rugissait d’emblée la plus haute enchère de la spécialité, 900 000 €. Elle récompensait la Peugeot 905 EV 2.1 de 1993, dite "EV 2" pour "Évolution Z". Ce modèle n’a été fabriqué qu’en deux exemplaires, le second - EV 2.2 - se trouvant au musée de la marque à Sochaux. Notre voiture était donc l’unique chance d’acquérir ce bolide de course également appelé "Supercopter". Elle représente l’ultime évolution de la 905, voiture qui permit à Peugeot de prendre la tête du championnat du monde des marques en 1992. Une modification de la réglementation empêchera cependant aux EV 2 de concourir, le flambeau étant plus tard repris par la 908. Notre exemplaire, restauré sous la supervision du constructeur, a notamment été essayé et réglé à Magny-Cours, en juin 2010. Une voiture de course plus ancienne était également convoitée, une Bugatti Type 35 de 1925, adjugée 275 000 €. Le mythique modèle est apparu au Grand Prix de France de 1924. Notre exemplaire a été construit à partir d’un titre de circulation et d’un important lot de pièces trouvées chez le plus grand marchand d’automobiles de collection de l’après-guerre, Roger Loyer. Il a été achevé en 1994. Restons dans le domaine de la compétition, mais avec une voiture de grand tourisme, une Alfa Romeo TZ de 1965 qui gravissait, à 310 000 €, la deuxième marche du podium de cette vente. Elle a notamment participé au Rally Jolly Hotels de 1965 et au Grand Prix du Mugello de 1969. Elle est vendue avec son moteur d’origine en plus de celui abrité sous le capot. La carrosserie en aluminium de la TZ due à Zagato repose sur un châssis tubulaire d’une grande résistance. Parée pour un concours d’élégance, une Delahaye 135 MS 1949, carrossée par Guilloré en cabriolet quatre places Estérel, glissait à 125 000 €. Elle a été entièrement restaurée, pour un montant de 130 000 $, avant de se reposer quelques années dans un musée. Les lettres "MS" désignent le moteur de 3,5 litres à culasse en alliage spécial, arbre à cames spécial et triple carburateur développant 130 ch. Moyennant 115 000 € déboulait, toute de bleu foncé, une Ferrari 250 GTE 2 + 2 de 1961 propulsée par un V12, de 2 953 cm3, développant 240 ch à 7 000 tr/min. Sa carrosserie est signée par Pininfarina. Elle était poursuivie à 112 000 € par une Aston Martin DB 2/4 Mk III de 1957 vert foncé, vendue à Paris et donc avec conduite à gauche. Son 6 cylindres en ligne se flatte de développer 178 ch à 5 500 tr/mn...

Jeudi 3 février 2011, Paris Invalides (place Vauban),
Chevau-Légers Enchères SVV. M. Souvrain.
 
Le rêve automobile

Dans le cadre sur mesure du salon Rétromobile, les voitures de collection et l’automobilia totalisaient 7,9 M€ (80 % en lots), 19 numéros franchissant la barre des 100 000 €. La victoire revenait moyennant 510 000 € à une mythique Bugatti Type 57 C Atalante de 1937. Son châssis avait été vendu à Jérôme Medrano, directeur du célèbre cirque éponyme, qui fit installer par Roger Teillac - chef d’atelier au garage Gaborit à Paris - la carrosserie Atalante d’une autre Bugatti, l’usine ne fournissant plus ce modèle. Medrano en profita pour apporter des modifications, comme les phares carénés. Suite à une rupture de carter, la belle reçut en 1956 un autre moteur. Dans les années 1960, un nouveau groupe fut installé, un 20 C provenant d’un cabriolet Stelvio vendu neuf, en Belgique, au pilote Georges Bouriano. 470 000 € s’affichaient sur l’Invicta type LS 4,5 litres Low Chassis coupé de 1931. Marque exclusive et confidentielle, Invicta a produit des voitures de sport, la nôtre étant un rare sinon unique coupé deux places. Les Invicta LS n’ont été réalisées qu’à 52 ou 77 exemplaires. Une Peugeot 402 Darl’mat roadster de 1938 se faufilait à 230 000 €. Elle a été la propriété de Michel Carey, premier adhérent à l’association des amis de la Darl’mat, gage d’un entretien suivi… Pour l’après-guerre, la plus haute enchère, 365 000 €, était marquée par une Mercedes-Benz 300 SL Roadster de 1958, l’une des rares livrées neuves en France. Peinte en rouge avec un intérieur en cuir mastic, elle a été restaurée il y a dix ans dans les ateliers de la concession Mercedes de Barcelone. Elle est équipée de roues en aluminium larges, une option à l’époque, et d’une radio Becker Mexico, son moteur étant celui d’origine. À 232 000 € pointait l’emblématique Spirit of Ecstasy ornant le long capot d’un cabriolet Rolls-Royce Silver Cloud de 1961 habillé en gris et bleu nuit. La capote électrique en toile bleu nuit doublée de laine grise, assortie à l’intérieur bleu ciel d’origine joliment patiné, a été refaite. Cette voiture a été très bien entretenue et se trouve dans un état de présentation majoritairement d’origine. Changement de ton à 181 000 €, record mondial pour le modèle, avec une Lancia Rallye 037 de 1983 rouge, ayant appartenu durant vingt-trois ans à un collectionneur suisse de voitures de ce type, qui l’a parfaitement entretenue et restaurée. La 037 a remporté un grand nombre de rallyes, considérée comme la dernière des championnes à deux roues motrices. Notre voiture est l’un des rares exemplaires homologués pour la route de ces bolides du groupe B.

Vendredi 4 février 2011, Porte de Versailles.
Artcurial - Briest - Poulain - F. Tajan SVV.
 
La belle italienne du baron

On l’oublie, mais de 1901 à 1961, les voûtes d’acier du Grand Palais ont accueilli le Salon automobile ! Pour célébrer dignement le 110e anniversaire de cet événement, pas moins de 26 voitures franchissaient la barre fatidique des 100 000 €. Passait en trombe à 820 000 €, une estimation dépassée, la Bugatti type 51 de 1933 provenant de la succession de Fitzroy Sommerset, 5e baron Raglan, parrain et ancien président du Bugatti Owner’s Club et administrateur du Bugatti Trust. Il l’a acquise en 1979 et entièrement restaurée. Les Bugatti ont souvent eu des histoires complexes et celle-ci n’échappe pas à la règle… Son châssis 51153 est équipé du moteur n° 32 et il est avéré qu’elle est probablement la troisième des trois voitures d’usine type 51 à avoir disputé les grands prix de Belgique et de Dieppe en 1933. Elle a été gravement accidentée en 1934, moment où a sans doute été remplacé le cadre de son châssis. Une autre Bugatti de lord Raglan était proposée, une plus sage Type 46 cabriolet de 1930 carrossée par Figoni. En 1948, elle a été transformée en break pour participer au Rallye Alger-Le Cap en 1951 et remise dans son état d’origine dans les années 1960. Elle aussi a été restaurée dans les règles de l’art lors de son acquisition par lord Raglan, en 1996. Carrossée en Hollande par Veth & Zoon en faux cabriolet, une autre Bugatti Type 46 de 1930 bondissait à 550 000 €. Son châssis et son moteur sont d’origine, elle est peinte en noir, élégamment soulignée de bandes nickelées, tout comme sa capote en mohair beige.

Samedi 5 février 2011, Grand Palais.
Bonhams France SVV.
 
Lamborghini 1970

Ce bolide d’exception - la routière la plus rapide de son époque ! - rugissait moyennant 331 000 €. Lamborghini est le premier constructeur à proposer sur une GT de production un moteur central arrière, une nouveauté qui fait sensation au Salon de Genève de 1966. Non content de cette architecture révolutionnaire, la voiture reçoit un V12 dérivé de la compétition. Par rapport à la P400, la P400 S développe vingt chevaux supplémentaires qui lui permettent d’atteindre 285 km/h. Les lignes basses de ce modèle sont quant à elles dues au crayon inspiré de Marcello Gandini, un jeune designer de chez Bertone. Notre exemplaire a été acheté en 2002 par un amateur français qui l’a entièrement fait restaurer. Au total, plus de 180 000 € ont été dépensés pour à la fois fiabiliser et raffiner son fonctionnement. Elle peut ainsi être destinée à un usage courant. Imaginez, les spécialistes de Lamborghini Automobili à Stuttgart ont même adapté ses culasses à la consommation du carburant sans plomb !

Dimanche 7 novembre 2010, Hôtel Marcel-Dassault.
Artcurial - Briest - Poulain - F. Tajan SVV.
Modèle unique

Star de la vacation, notre voiture tout à fait exceptionnelle est une création unique au monde, alliant un moteur d’américaine à une ligne italienne ; réalisée sur commande, elle illustre la haute qualité des productions de la firme NART (North American Racing Team), fondée aux États-Unis par Luigi Chinetti, un homme d’affaires milanais. Ferraillée ferme entre divers amateurs, notre Nart Zagato arrêtait finalement sa course au double des estimations pour gagner le garage d’un collectionneur étranger. Une Mercedes 170 S A était enlevée à 70 800 €, un autre modèle aussi de chez Mercedes, une 280 SL, obtenait 30 000 €. On engageait 24 000 € pour acquérir une élégante Bentley S2. Il fallait prévoir 90 000 € pour emporter une Rolls Royce Corniche 91. Mentionnons les 16 500 € accordés à une Buick Riviera Bobtail. Un amateur achetait 64 800 € une voiture Tecma Le Mans 75. Revenons aux belles italiennes avec les 39 600 € recueillis sur une Ferrari 328 GTS. 22 800 € s’inscrivaient sur une Lancia 037. Concluons cette vente par les 19 450 € octroyés à une Porsche Replica 550 73.

Montastruc-la-Conseillière, dimanche 26 septembre 2010.
FEE - Stanislas Machoïr SVV. M. Pouteau.
Rapport des courses : 6,8 M€

Sous une tente monumentale dressée en plein coeur du circuit mythique, le commissaire-priseur Hervé Poulain fêtait ses quarante ans de ventes automobiles. Devant une salle comble et animée, il conduisait la première vacation d’Artcurial Motorcars. Enregistrant un beau succès, il adjugeait 47 des 60 automobiles présentées pour un produit de vente de 6 815 000 € frais compris. Quatre voitures arrêtaient leur course au-delà des 500 000 €, seize autres franchissaient allégrement la barre des 100 000 €. La palme des enchères revient à une Ferrari Berlinetta 275 GTB/4, adjugée 740 000 €. Elle était talonnée par notre Bentley, qui a connu dans les années 1930 une réelle histoire d’amour avec le circuit manceau. Suite à ses victoires, de nombreux propriétaires ont fait carrosser leur limousine en tourer Le Mans, comme notre modèle attendu entre 390 000 et 500 000 €. Après une belle joute d’enchères, elle était emportée par un amateur allemand présent en salle. L’autre point fort de la vacation était la collection d’un homme d’affaires parisien réunissant huit automobiles. Débattue avec enthousiasme par de nombreux amateurs français et étrangers, elle atteignait 2 261 700 €. Un collectionneur américain se portait acquéreur de notre Lamborghini. Affichant un kilométrage d’origine des plus faibles, elle est sans aucun doute la plus belle Miura SV en circulation. Matching numbers en tous points, elle présente aussi un intérieur jamais remplacé, strictement d’origine et excellemment conservé. Autre voiture mythique, une élégante AC Cobra 289 MK II trouvait acquéreur à 370 000 €.
Venant de la collection de Bernard Tapie, une Porsche 959 à l’aérodynamique soignée était vendue 198 000 €. Affichant une ligne incontournable, une fringante Dino 246 GTS partait à 110 000 €. Attendue autour de 100 000 €, une magnifique Aston Martin DB6 Mark I Superlegerra de 1966 était disputée jusqu’à 150 000 €. Une Lamborghini Countach 25 th Anniversary de 1989 était encore enlevée à 95 000 € tandis qu’une Lamborghini 400 GT 2+2 Superleggera de 1967 dépassait largement les estimations, recueillant 145 000 €. Renouons pour finir avec les 24 Heures internationales du Mans : un historique coupé CD Panhard de 1962, voiture personnelle du directeur du service compétition de Panhard, franchissait la ligne d’arrivée à 140 000 €. Possédant un important dossier d’archives, elle restera en France.

Circuit des 24 Heures du Mans, vendredi 9 juillet 2010.
Artcurial-Briest-Poulain - F.Tajan SVV.
Pour tous... ou presque
En ces temps de chasse plus ou moins effrénée du carbone, le transport hippomobile possède des adeptes ! La preuve avec les 65 000 € réalisés par ce luxueux coupé de ville à l'estampille d’Anquetin sur les volets en acajou à jalousies mobiles, estimé pas plus de 20 000 €. Les armes qui ornent ses portières sont celles de la famille de Maupas, notre véhicule ayant été commandé par l’éphémère ministre de la Police générale de Louis-Napoléon Bonaparte, Charlemagne-Émile de Maupas. En 1860, dans le Guide du carrossier, Brice Thomas indique concernant ce type de véhicule : «Très répandu dans Paris, il est à l’usage de tout le monde, on le trouve sur la place et sous la remise, chez l’industriel comme chez le financier, il assiste à toutes les cérémonies, sert à tous les besoins ; il est devenu à la fois populaire et aristocratique.» Qui dit mieux ?
Mardi 16 mars 2010, salle 14 - Drouot-Richelieu.
Maigret (Thierry de) SVV. M. Dauger.
Belles mécaniques
Les amateurs se rendaient nombreux rue Royale, pour le rendez-vous incontournable des automobiles de collection. Parmi les «automobilia» du début de vacation figurait une collection d’affiches anciennes. L’une d’elles, Le Circuit du diable, obtenait un résultat à la hauteur de sa rareté : 15 000 €. Il s’agit sans doute d’un exemplaire unique, imprimé en lithographie dans les années 20 par Gaillard Paris Amiens. Le dessin de Roger Soubie, auteur des affiches Bugatti et Amilcar, figure deux voitures en pleine course. Celle de droite, rouge, pourrait être la Fiat Mephistopheles. Point fort de la maison bellifontaine, tous les "ancêtres» trouvaient preneur. Parmi ces témoins des premières heures de l’automobile, une De Dion Bouton «vis-à-vis» de 1902 était emportée pour 40 000 €. Amovibles, les places en vis à vis sont faciles à déplacer, transformant la voiture en deux places face à la route. Au fil du temps, les voiturettes deviennent de véritables voitures, aussi aptes à courir des raids automobiles qu’à représenter le haut de gamme. C’est encore le cas d’une Delage type DE de 1923, entièrement restaurée, qui s’échangeait moyennant 28 000 €. Elle fait partie des quelque soixante-trois survivantes du modèle, fabriqué à 3 600 exemplaires. Élégante, elle est équipée d’une carrosserie torpédo à quatre places plus deux strapontins. Un an après ce petit bolide, était construite la voiture obtenant la meilleure enchère de cette vacation : une Hotchkiss type AM, adjugée 45 000 €. Le constructeur français se fit connaître entre 1904 et 1955 pour ses productions robustes et fiables. On n’attendait pas moins de cet ancien fabricant d’armes ! Puissant et confortable, notre modèle, habillé d’une carrosserie torpédo à double pare-brise et strapontins, illustre bien le slogan de Hotchkiss : "La marque du juste milieu". Les mécaniques modernes faisaient également recette ce dimanche, Ferrari et Porsche montant sur les marches du podium. 40 000 € étaient ainsi prononcés pour la marque au cheval cabré, sur un modèle 328 GTS de 1986. Cette berlinette à moteur central arrière est un classique de la gamme. Toit amovible, couleur «"rosso corsa", ligne fluide et son rauque moteur V8 signent cette voiture sportive et sculpturale. Il fallait prévoir 37 000 € pour le modèle phare de Porsche, une 911 de 1999, dans sa version de compétition GT3 club sport, reconnaissable à son aérodynamisme. Ses fulgurantes accélérations ne l’empêchent pas d’offrir tout le confort, de la climatisation au lecteur CD. Plus besoin de choisir entre la performance et l’agrément !
Fontainebleau, dimanche 21 mars 2010.
Jean-Pierre Osenat Fontainebleau SVV. M. Montanaro.
Comme un avion !
Les automobiles de collection totalisaient, en soirée, 2 320 692 € frais compris. Six enchères à six chiffres étaient prononcées. Les lignes savamment profilées de cette Avions Voisin C25 Aérodyne attiraient la plus haute, 470 000 €. Cette voiture est une rareté, seulement vingt-huit châssis C25 ayant été produits, entre 1934 et 1937, et pas plus de sept d’entre ont reçu une carrosserie Aérodyne. Il en resterait cinq à ce jour... Notre exemplaire a en outre l’avantage d’être dans son état d’origine, tant intérieur qu’extérieur, son moteur ayant été refait. Rappelons que la carrosserie Aérodyne, en aluminium, dessinée par l’architecte André Noël Noël, se caractérise par ses ailes carénées et son coffre intégré abritant le moteur à dépression, permettant l’ouverture automatique de son toit hublot. Soit "le confort d’une berline et le plaisir d’une décapotable" pour amateur fortuné... À 160 000 €, l’estimation était dépassée pour une Facel Vega HK II B de 1963, repeinte en ivoire et ayant bénéficié de nombreuses restaurations mécaniques. Cette sportive française est animée par un V8 Chrysler de 6,2 litres, développant 360 ch à 5 500 tr/min. Vendue à l’origine aux États-Unis, notre exemplaire est doté d’une boîte de vitesses automatique. À 140 000 €, l’estimation haute était atteinte pour une Packard Roadster Individual Custom Eight de 1931, à moteur 8 cylindres en ligne développant 120 ch. Sa carrosserie se présente sous la forme d’un roadster à deux places, deux autres places se trouvant dans le spider. La personnalité de la voiture est marquée par le dessin particulier de ses phares. Les lignes plus fluides d’une Delahaye 135 MS de 1939, carrossée en cabriolet quatre places par Chapron, provoquaient 125 000 €. Elle est équipée d’un 6 cylindres en ligne de 3,5 litres à trois carburateurs et culasses en alliage léger, ces dernières justifiant le "S" pour "Spécial" de son appellation. La capote imaginée par Chapron propose trois positions : ouverte, "mylord" (mi-close) et fermée.
Dimanche 14 février 2010. Palais des Congrès.
Artcurial - Briest - Poulain - F. Tajan SVV. M. Souvrain.
Record mondial pour une Bugatti 37A de 1928
Le 14 avril 1929, la Bugatti type 37A courait le premier Grand Prix de Monaco et remportait la cinquième place au général et la première de sa catégorie, la classe 1500. Une autre date est désormais à inscrire à son palmarès : dimanche dernier à Fontainebleau s’établissait le record mondial pour ce modèle. Il est vrai que le pedigree de notre bolide est impressionnant. Outre sa place sur le podium de Monaco, il a été piloté par René Dreyfus, qui achète un an plus tôt cette version de course à quatre cylindres, produite à 78 exemplaires. C’est d’ailleurs la victoire de 1929 qui lancera la carrière du pilote automobile français et en fera l’un des plus grands de sa génération. Atout non négligeable, notre Bugatti – sauvée par l’amateur d’automobiles anciennes Louis Desbordes et conservée au sein de la même famille depuis 1958 – est toujours équipée de son châssis, de son moteur, de sa boîte et de son pont d’origine, ce qui est particulièrement rare pour une voiture de course. Son capot, sa carrosserie et sa sellerie sont également d’époque. Rien d’étonnant dans ces conditions à ce que les enchères, débutées à 400 000 €, se soient immédiatement emballées jusqu’à 910 000 €. Mais évoquons les autres réussites de la journée, la vacation totalisant un résultat global de 2,1 M€, bien que la Ferrari type 212 n’ait pas trouvé preneur. Témoins des premiers pas de l’automobile, les "ancêtres" confirmaient leur attrait, notamment auprès de la clientèle anglaise. La voiturette de Léon Bollée obtenait ainsi 65 000 €. Léger, bas, muni de deux places en tandem et équipé de deux roues avant directionnelles et d’une roue arrière motrice, le véhicule était l’un des plus fiables et des plus rapides de son époque.
Fontainebleau, dimanche 13 décembre 2009.
Jean-Pierre Osenat Fontainebleau SVV. MM. Montanaro, Pluton.
La grande classe...
Vous rêviez de conduire du bout des doigts et cheveux au vent une Rolls Royce Silver Dawn, sur la grande corniche entre Villefranche et Menton, en admirant le profil racé de votre voisine se détachant sur le bleu de la mer ? Cet exemplaire était LA voiture pour vous. En effet, il s’agit du seul et unique fabriqué en conduite à gauche. Un intérêt bien compris par les amateurs continentaux, qui n’hésitaient pas à le pousser jusqu’à 280 000 €, sur une estimation qui n’en excédait pas 180 000. La belle anglaise a appartenu au baron Empain et a bénéficié, à la fin des années 1980, d’une restauration de grande classe qui lui a permis de concourir à plusieurs grands prix d’élégance. Le raffinement de ses deux tons de vert, appliqués aussi bien à la carrosserie qu’à la sellerie, lui a ainsi donné l’occasion de recevoir de la main de la princesse Anne d’Angleterre la plus haute distinction du grand prix de Diane Hermès, histoire de rester entre gens de bonne compagnie... Un dernier mot : sa capote électrique est une option d’origine. Discrétion garantie, sans aucun effort !
Lundi 16 novembre 2009, Palais des Congrès. Artcurial - Briest - Poulain - F. Tajan SVV. M. Souvrain.
Un éléphant qui paie énormément
Mascotte de cette vente alsacienne, notre bouchon de radiateur, qui affichait un pedigree exceptionnel, tenait toutes ses promesses : commencées à 70 000 €, les enchères ont rapidement grimpé. À 200 000 € étaient encore en lice plusieurs amateurs ; le commerce international était particulièrement actif grâce aux six lignes téléphoniques installées à l’hôtel de la Monnaie. Au final, un collectionneur présent dans la salle l’a emporté au triple des estimations et sous une salve d’applaudissements. Interviewé par Les Dernières Nouvelles d’Alsace, l’heureux acquéreur a confié : "À dix-sept ans, j’ai rencontré Fritz Schlumpf à l’hôtel des Trois Rois. C’était un homme d’une grande classe. Je n’ai pas acheté une oeuvre d’art, j’ai acheté une partie de l’histoire la plus fantastique de l’automobile." Battant un record mondial selon l’expert, notre statuette en argent est effectivement l’un des objets auquel a particulièrement tenu Fritz Schlumpf. Industriel du textile, il avait réuni durant la seconde moitié du XXe siècle la gamme la plus large de voitures créées par la firme Bugatti : obligé de quitter la France à la fin des années 1970, Schlumpf n’a pu emporter que très peu de choses... mais il prit le bouchon de radiateur garnissant sa Royale coupé Napoléon, qui trôna sur son bureau de Bâle jusqu’à son décès, en 1992. Reprenant une sculpture de Rembrandt Bugatti, notre statuette représente l’animal le plus puissant au monde. En piste comme à la parade, il magnifie merveilleusement l’avant de la voiture la plus prestigieuse et la plus luxueuse jamais conçue par Ettore Bugatti. Reproduites en six modèles, la Royale coupé Napoléon n’a toutefois été vendue qu’à trois exemplaires en raison de son coût exorbitant. L’autre pôle d’attraction de cette vente alsacienne était une Baby Bugatti type 52, voiture exceptionnelle, puisqu’elle a été réalisée en 1927 en modèle unique ; Ettore Bugatti l’avait offerte en présent à son fils Roland, âgé de 5 ans. Espérée autour de 28 000 €, elle achevait sa course à 65 000 €, inscrivant aussi, d’après l’expert, un prix record.

Molsheim, dimanche 5 juillet 2009.
Étude Gasser - Audhuy SVV. M. Huet.

Une Allard J2 aux enchères
Présentée comme la pièce phare de ces journées de ventes (voir Gazette n° 19, page 139), notre Allard J2 tenait ses promesses, recueillant l’enchère la plus élevée. Arrivée première sur le podium des enchères, notre fringante voiture de compétition, créée en 1949, est effectivement un monument dans l’histoire de l’automobile. Alimentée par un moteur VB Cadillac 351 de 5 424 cm3, elle est conforme au deuxième modèle livré en Angleterre. Alliant esthétique et aérodynamisme, notre bolide d’une grande modernité séduisait au final un pilote de course français qui l’emportait dans la fourchette des estimations (150 000/200 000 €).
Montastruc-la-Conseillère, dimanche 17 mai 2009.
FEE-Stanislas Machoïr SVV.
Un doublé Hispano-Suiza
Pour apercevoir des cigognes ce dimanche, il suffisait d’aller non loin de la forêt de Fontainebleau... Vous aurez évidemment reconnu l’emblème des fameuses Hispano-Suiza, qui, en dépit de leur bel âge, s’arrogeaient les premières places de ce spécial voitures de collection. Rappelons que cette firme d’origine espagnole, fondée à Barcelone en 1904 par Damian Mateu et le Suisse Marc Birkigt, compte parmi les marques mythiques de l’histoire automobile, au même titre que les Delage, Delahaye et autres Bugatti aujourd’hui disparues. L’entreprise prit ses quartiers non loin de Paris, à Bois-Colombes, en 1914. Pendant la Grande Guerre, elle orienta sa production vers la motorisation aéronautique, un domaine dans lequel elle excella, rivalisant avec la société des moteurs Gnome et Rhône. Elle doit d’ailleurs son emblème - une paire d’ailes encadrant les drapeaux espagnol et suisse, surmontés d’une cigogne - à l’escadrille du capitaine Guynemer. Notre Hispano-Suiza, sortie des usines des Hauts-de-Seine en 1935, avait de quoi séduire les amateurs de belles cylindrées, entre autres une ligne toute d’élégance dessinée par Henry Binder, un habitué des châssis de prestige. On lui doit par exemple la carrosserie d’une Bugatti Royale. Elle fait en outre partie des 78 voitures type K6-30 CV recensées dans le monde, selon le registre de l’Hispano-Suiza Society publié en 2004, dont deux seulement sont équipées d’une carrosserie Binder. Quant au modèle type I 6, dont on proposait rien moins que le "prototype" de 1924, il gagnait - avec, au volant, un amateur anglais - la deuxième marche du podium, soit quelque 120 000 €...
Fontainebleau, dimanche 5 avril 2009.
Jean-Pierre Osenat Fontainebleau SVV. MM. Montanaro, Pluton.
Hommage à Clément-Bayard
Le charme des voitures anciennes agit même en ces temps de crise ! Provenant d’une succession, plusieurs automobiles d’antan raflaient la vedette dans cette vente bretonne. Annoncée autour de 2 000 €, une superbe 203 C de 1955 terminait sa course à 4 600 €, au double des estimations. Notre double phaeton, habillé d’une élégante carrosserie rouge vif et arborant une belle silhouette décorative, était quant à lui espéré autour de 20 000 €. Bataillé ferme entre le négoce, divers amateurs français et étrangers, il fut au final conquis par un collectionneur breton contre divers particuliers européens. Proposé en bon état de conservation, notre modèle est au diapason des créations de la firme Clément-Bayard, juste avant la Première Guerre mondiale. L’histoire débute en 1899, à Charleville-Mézières. Gustave-Adolphe Clément (1855-1928), fabricant de cycles et de pneus fonde alors une société industrielle, choisissant d’associer son nom à celui du "bon chevalier sans peur et sans reproche". Érigée en face de la maison Clément, la statue de Bayard - sauveur de la cité ardennaise - deviendra d’ailleurs l’emblème de la marque automobile. Trois ans plus tard, Gustave-Adolphe Clément établit sa firme à Levallois-Perret, dans une usine plus spacieuse. À la fois légères, économiques et endurantes, les premières voitures fonctionnent grâce à des moteurs deux et quatre cylindres, placés à l’avant. Elles sont complétées à partir de 1908 de plusieurs dirigeables, tel le célèbre Clément-Bayard II, premier engin à traverser la Manche en 1910, en parcourant 380 km en six heures ! La gamme des Clément-Bayard allait alors d’une bicylindre de 8/10 CV à une 4 cylindres de 50/60 CV. Cette dernière, sachez-le, est l’un des plus grands modèles pourvu d’un entraînement par chaîne. La voiture la plus innovante était toutefois une 10/12 CV dotée d’un bloc-moteur 4 cylindres et - rareté - radiateur sous le tablier. Après la Première Guerre mondiale, l’usine de Levallois-Perret sera vendue à un certain André Citroën...
Brest, vendredi 27 février 2009.
Thierry-Lannon & Associés SVV.
Pole position
Cette vente clôturait la semaine avec un produit, frais compris, de 2 862 903 €. La ligne d’arrivée était très largement passée en tête par une Matra 650 de 1969, qui décrochait un record mondial pour la marque. À compétition automobile de haut niveau, bataille d’enchères à couteaux tirés, avec les 1 325 000 € arrachés par cette Matra 650 de 1969. Il s’agit d’un record mondial pour la marque. Notre bolide, victorieux de l’édition 1969 des 1000 kilomètres de Paris - piloté par Jean-Pierre Beltoise et Henri Pescarolo -, porte le numéro de série #01 et n’est plus équipé du moteur MS9 ou MS1 monté à l’époque, mais d’un MS76, plus puissant, plus moderne et plus fiable. Cette voiture possède l’avantage d’être utilisable sur route. Elle est vendue avec un moteur supplémentaire de type MS12, démonté mais complet. Trois Matra 650 ont été construites. L’une d’entre elles se trouve au musée de Romorantin et l’autre, dans une collection privée. Plus policée, une Aston Martin DB5 de 1964 vêtue d’une rutilante robe "Dubonnet Rosso" s’échappait à 175 000 €. Son intérieur en cuir noir est d’origine, et son moteur a été entièrement reconstruit en 1998. Un élégant cabriolet Delahaye 135M de 1948, carrossé en Hollande par Pennock, réalisait 140 000 €. Il n’ a eu que deux propriétaires et a été restauré l’année dernière. Il est propulsé par un 6 cylidres en ligne de 3,5 litres développant 115 CV, à 4 000 tr/min. Plus sportive, une A.C. 16/80 Compétition Sport de 1936 atteignait 132 000 €. Elle est équipée d’un moteur UBS 6 cylindres en ligne développant 80 CV à 4 250 tr/min. Seulement 28 exemplaires de compétition de notre voiture ont été produits, et celui-ci a participé à plusieurs courses en Angleterre.
Dimanche 8 février 2009, Palais des Congrès.
Artcurial-Briest-Poulain-F. Tajan SVV. M. Souvrain.
Traction tête au vent
En matière automobile, les versions les plus ludiques des modèles d’une marque sont souvent aussi les plus beaux et les plus rares, et par conséquent les plus recherchés. C’est le cas avec la célèbre traction avant de Citroën dont cet exemplaire décapotable de 1934 produisait 71 000 €, battant ainsi une vénérable Bentley construite trois ans plus tard. Notre Citroën a bénéficié d’une restauration exemplaire de sept années, touchant aussi bien les éléments mécaniques que la carrosserie et la sellerie. Depuis ce lifting, elle n’a parcouru qu’une centaine de kilomètres. Son premier propriétaire l’avait choisie avec l’option «finition concours d’élégance» et en motorisation sport, la cylindrée étant poussé à 1 911 cm3. Notre voiture est sortie de l’usine le 14 août 1934, soit peu de temps après le lancement de la Traction, le 18 avril de la même année. Seules les voitures équipées des motorisation 7B (1 529 cm3) et 7S étaient alors disponibles en version coupé et cabriolet. Notre voiture se situe donc au sommet de la gamme.
Dimanche 16 novembre 2008, Palais des Congrès.
Artcurial-Briest-Poulain-F. Tajan SVV. M. Souvrain
Darracq, Mercedes, Jaguar en pole position
En dépit de son âge, la Darracq terminait bel et bien en pole position ce spécial voitures de collection, laissant loin derrière les véloces Ferrari Testarossa, Jaguar et autres Lamborghini. Eh oui, "rien ne sert de courir, il faut partir à point" ! Notre vieille dame, carrossée Belle Époque dans une robe violine, ravivait la fable et remportait, avec son moteur deux cylindres et du haut de ses 105 printemps, la meilleure enchère de ce spécial quatre roues, 125 000 €. Et n’y allons pas par quatre chemins : si elle est aujourd’hui peu connue des profanes, la marque Darracq a beaucoup compté dans l’histoire de l’automobile. Au début du XXe siècle, les voitures créées sous la direction d’Alexandre Darracq, auréolées de succès en compétition, jouent dans la cour des grands, avec les Renault et les Peugeot. Notre type H, phaéton deux places de 1903, se voyait talonnée, dans la course aux enchères, par une jeunesse de 71 ans, la Mercedes Benz 290, un modèle cabriolet présenté dans une livrée blanc et noir, chic et élégante. Elle était emportée à 60 000 €. Quant à la sublime Jaguar XK 120 de 1951, elle séduisait un amateur de lignes pures pour 57 000 €, au-dessus de l’estimation. Le bolide, rappelons-le, avait fait sensation lors de sa présentation au premier salon organisé après-guerre sur les bords de la Tamise. À 38 500 € partait un autre symbole, celui des swinging Sixties cette fois. Le cabriolet Jaguar type E, à robe jaune pâle, demeure l’icône de cette décennie anglaise baignée par le fameux Love, love me do des Beatles. Quittons le rock à présent pour le jazz avec notre Salmson "Splendilux", qui aurait appartenu au musicien américain Sydney Bechet. Ce cabriolet millésimé 1950 était adjugé au-dessus de l’estimation : 36 000 €. Ce châssis Salmson S4E est équipé de la fameuse carrosserie Splendilux, imaginée par Esclassan en 1949 ou 1950. Une voiture qui, une fois restaurée, permettra à son heureux propriétaire de participer au prochain rallye des clubs de marques disparues !
Fontainebleau, dimanche 19 octobre 2008.
Jean-Pierre Osenat Fontainebleau SVV. MM. Montanaro, Pluton.
Atout automobile 14 M€

Matthieu Lamoure, le spécialiste automobile de chez Bonhams France, est catégorique : "Le salon Rétromobile ? C’est le plus glamour du continent européen !" Dans le feu de cet évènement attirant porte de Versailles tous les amateurs de voitures de collection, deux ventes étaient organisées à Paris. Avec un total de 14 M€ récoltés au cours de la soirée de samedi, le verdict est sans appel. Attachez vos ceintures !

Samedi 9 février 2008, porte de Versailles. Bonhams France SVV.
Bonhams France réalisait ici sa première vente en France, le succès étant au rendez-vous puisque pas moins de 10 045 314 € frais compris étaient récoltés. Il faut remonter à 2003 et à la vente de la collection Rolf Meyer chez Artcurial (9,82 M€) pour trouver une vente de ce calibre à Paris. Deux enchères millionnaires étaient prononcées - les premières de l’année - et dix-neuf autres affichaient vaillamment six chiffres. Débutons avec les 2,1 M€, un achat européen, d’une Mercedes-Benz type S de 1928 au moteur équipé d’un compresseur et à la carrosserie spécialement réalisée pour Mme Charles Levine par Jacques Saoutchik à Paris. Elle se distingue par son style inédit : un arrière raccourci, un pare-brise surbaissé et une capote qui disparaît entièrement sous le coffre arrière. Si Mme Levine n’a jamais pris livraison de la voiture - qui ne plaisait pas à son époux - la famille de son premier propriétaire, Frederick Bedford, l’a conservée jusqu’en 2006 ! Elle a été entièrement restaurée au début des années 80 et n’a jamais participé à aucun concours d’élégance. Prête pour Peeble Beach ? La Bugatti type 101 de 1951 carrossée en berline deux portes par Guillorée à Courbevoie de la collection de Pim Hascher - qui totalisait 1,8 M€ - récoltait à elle seule 1,2 M€, une estimation littéralement pulvérisée. Il s’agit d’un record pour ce modèle, grâce à un enchérisseur néerlandais. Seulement sept exemplaires ont été produits. C’est l’une des dernières Bugatti fabriquées et son histoire est connue depuis sa livraison. Elle a été restaurée en 2005. Passons sous la barre du million d’euros avec une Mercedes Benz 500 K cabriolet A de 1936 appartenant depuis 1958 au peintre Georges Mathieu. Elle était payée 800 000 € par un Américain. Mathieu l’a fait entièrement restaurer en 1985 par André Lecoq, qui a reçu à ce titre en 1989 le prix du meilleur restaurateur d’art. C’est la seule occasion pour laquelle une restauration d’automobile a obtenu cette distinction !

Samedi 9 février 2008, palais des congrès. Artcurial - Briest - Poulain - Le Fur - F. Tajan SVV. M. Souvrain.
Cette vente totalisait devant une assistance de plus de mille amateurs français et internationaux 3 956 095 € frais compris, près de 80 % des véhicules trouvant preneur. L’enchère la plus vrombissante, 460 000 €, était prononcée grâce à un acheteur américain, qui prenait ainsi le volant de l’Avions Voisin C25 Aérodyne de 1935 reproduite, qui provient de la collection d’Henry de Kilmaine. Cette voiture obtenait un record mondial pour ce modèle. Rappelons qu’il s’agit d’une rareté, pas plus de vingt-huit châssis C25 ayant été produits entre 1934 et 1937, seulement sept d’entre eux ayant reçu une carrosserie Aérodyne. Cette dernière se particularise par ses ailes carénées, sa malle arrière intégrée dans la ligne aérodynamique de la voiture et, last but not least, son toit ouvrant à hublots commandé par un moteur à dépression situé dans le coffre. Notre modèle possède l’avantage d’être dans son état d’origine, le moteur de commande du toit étant manquant. Quatre enchères de 280 000 € étaient prononcées. La première revenait, un achat suisse, à une Bugatti type 57 cabriolet Stelvio de 1935 à carrosserie réalisée par Gangloff à Colmar. Cette voiture a retrouvé son aspect d’origine grâce au restaurateur spécialiste de Bugatti, ancien président du Bugatti Owner’s Club, Barry Price. La deuxième enchère de 280 000 €, record mondial pour ce modèle, allait à une Aston Martin DB4 série 3 de 1961, qui prend ainsi la direction de l’Europe orientale. Cette Aston Martin possède la particularité d’être une première main, quarante-sept ans après son achat par Claude Rouzeau. Le manuel de bord contient une enveloppe renfermant un trèfle à quatre feuilles trouvé par ce dernier lorsqu’il a essayé une DB4 au garage Mirabeau à Paris. L’état d’origine de la voiture est proche du neuf. 280 000 € étaient une troisième fois prononcés, un achat français, sur une Mercedes-Benz 300 SL Roaster de 1958 de la collection Thierry Dehaeck. Affichant 51 435 miles au compteur, elle est équipée d’un Tripmaster pour les rallyes de régularité et d’une sortie d’échappement type queue de carpe. L’ultime enchère de 280 000 € s’affichait sur une Lamborghini Miura PS 400 S de 1969 ayant bénéficié en 1986 d’une restauration complète et très poussée, le châssis ayant par exemple subi chez Aérospatiale un bombardement électrochimique destiné à le protéger et à le renforcer. Depuis, la voiture n’a parcouru que cinquante kilomètres. Il s’agit quasiment d’un véhicule neuf !

Vive les pompiers !
La dispersion du musée du patrimoine du Sapeur-Pompier, fondé en 2003, réunissait la collection de Jean-Claude Picot. Ce fils d’un capitaine de pompiers a grandi à la caserne de Beaune. Sapeur bénévole, Jean-Claude Picot a créé sa propre entreprise spécialisée dans le matériel d’incendie, et devient même leader sur le marché des VSAB, sigle des véhicules de secours aux asphyxiés et blessés. Installée dans les 3 600 m2 d’un atelier à Savigny-lès-Beaune, sa collection enregistrait ce week-end 600 000 € pour 266 lots inscrits au catalogue. Durant les quatre journées d’exposition, le palais des congrès de Beaune accueillait plus d’un millier d’amateurs et de collectionneurs européens, fascinés par cette collection unique en son genre. Elle comprenait en effet les premières pompes à bras du XIXe siècle ainsi que d’importants véhicules, témoins des différentes armes utilisées contre le feu depuis près de deux cent ans. Doublant ses estimations (20 000 €), notre autopompe a fait l’objet d’une bataille entre plusieurs collectionneurs pour finalement être acquise par un musée d’art moderne de la région parisienne. Datant de 1950, elle permet au conducteur, tout en ne quittant pas son siège, de mettre en oeuvre la lance et le dévidoir tournant. Un modèle Berliet GLC 19 R de 1958, qui provenait du service départemental d’incendie et de secours de Chaumont, en Haute-Marne, a été lui disputé jusqu’à 11 500 €. Il fallait compter un peu plus, soit 15 500 €, pour emporter un camion de liaison et de commandement, un Dodge WC de 1956. Les collectionneurs ont encore fait flamber les pompes à bras sur chariot, à l’exemple des 7 600 € obtenus sur un spécimen fabriqué par Bettend au milieu du XIXe siècle (photo). Il était estimé autour de 2 500 €. Beaucoup moins encombrante, une exceptionnelle collection d’extincteurs, des origines à nos jours, totalisait enfin 11 500 €.
Beaune, dimanche 4 mars 2007. Jean-Pierre Osenat
Fontainebleau SVV. MM. Montanaro et Pluton.
Les sportives en pole position
Dans le sillage du salon Rétromobile, cette vaccation récoltait 3 487 347 € frais compris. L’enchère la plus rugissante émanait à 830 000 € du V10 de la Peugeot 905 reproduite, destinée à concourir dans la catégorie des Sport-Prototypes. Vendue par le constructeur, elle est la cinquième 905 sortie des ateliers de Peugeot Talbot Sport. Elle a participé à plusieurs compétitions en 1991, dont les 24 Heures du Mans. Après quelques modifications techniques et aérodynamiques, le modèle s’est classé à la première place à Magny-Cours et à Mexico avec l’équipage Yannick Dalmas et Keke Rosberg, gagnant par là même deux épreuves du championnat du monde des marques. Il a activement contribué à l’obtention de la troisième place de Peugeot en 1991 à ce même classement. Le véhicule a bénéficié en 2005-2006 d’une restauration réalisée par Peugeot Talbot Sport. Porsche remportait au cours de cette vente un tiercé gagnant. Commençons par les 460 000 € décrochés par une 904 GTS de 1964. Ce modèle de compétition a été fabriqué pour pouvoir être également homologué sur route. En tout, cent vingt exemplaires furent construits. Pour s’installer au volant de la Porsche RSR 934 de 1976 ayant remporté la première place du groupe IV des 24 Heures du Mans en 1977, il fallait ensuite prévoir 310 000 €. Il s’agit de la neuvième 934 à être sortie des ateliers de Zuffenhausen. Engagée par l’écurie Kremer en 1976 et 1977, avec notamment Bob Wolleck au volant, elle a figuré sur presque tous les podiums des courses du championnat allemand de 1976. Son six cylindres à plat turbocompressé lui permet de dépasser les 300 km/h. Une Porsche 356 B Carrera 2 de 1963 enregistrait enfin 136 000 €. Au moment de son lancement, elle était la Porsche la plus rapide produite. Elle est propulsée par un quatre cylindres à plat de 1 966 cm3 développant 130 Ch à 6 200 tr/min, pour un poids total de la voiture n’excédant pas 850 kg...
Lundi 19 février 2007. Palais des congrès.
Artcurial - Briest - Poulain - Le Fur - F. Tajan SVV. M. Souvrain.

Le noir lui va si bien

Pas question de porter le deuil puisque l’ambiance, malgré la thématique noire de la vente, était à l’optimisme le plus débridé, avec 953 686 € frais compris totalisés. Le résultat le plus spectaculaire s’affichait à 20 500 € sur un Solex 3800 a priori sans prétention. Il était estimé au plus haut 800 € mais possède la particularité d’être l’un des derniers à être sorti des chaînes de l’usine de Saint-Quentin, qui a fermé ses portes le 7 novembre 1988. Son numéro de série dépasse le chiffre fatidique de 5 millions. Le 3800, le classique des classiques, a été lancé en 1966. Par rapport à ses prédécesseurs, il dispose d’un couple plus important pour attaquer vaillamment les côtes - et pour faire s’envoler les enchères quarante ans plus tard. En octobre dernier à Gien, la collection de Solex d’un amateur était dispersée (Jean-Claude Renard SVV). Elle était dominée par les 3 400 € d’un Solex 3800 en version tandem, dont il n’existerait que 4 exemplaires. Avis aux amateurs. Le noir se déclinait non seulement sur deux roues mais aussi sous d’autres formes. Ainsi, une Potence (H. 2 m) de Jean Prouvé suspendait une enchère de 40 000 €. Cette applique a éclairé les bureaux d’Air France à Brazzaville au Congo. L’exemplaire unique en aramide, carbone, corde et époxy de la Black Knotted Chair de 1996 de Marcel Wanders triplait à 12 500 € son estimation. Elle provenait de la collection personnelle du créateur, comme d’autres meubles, dont le prototype de la chaise Black Knotted Chair, de 1996 toujours, adjugé 13 500 €. La version noire de cette chaise n’a jamais été produite.

Mercredi 28, jeudi 29 juin 2006.
Artcurial, Briest, Poulain, Le Fur, F. Tajan SVV.

Pole position

Cette vente de voitures rapportait 1 587 030 € frais compris. Hors de question de pouvoir conduire sur route la lauréate de cette compétition d’enchères puisqu’il s’agit d’une formule 1. À 285 000 €, la Williams-Renault F1 W 15 C vendue possède tous les paramètres nécessaires à la victoire puisqu’il s’agit ni plus ni moins du châssis, le n° 5, qui a permis en 1993 à Alain Prost de décrocher son quatrième et dernier titre de champion du monde des pilotes et à l’écurie de Franck Williams d’obtenir celui de champion du monde des constructeurs. Le pilote avait décrit son bolide comme «un véritable petit Airbus», le châssis n° 5 lui permettant d’arriver en tête à Hockenheim et de faire les meilleurs tours de course à Hungaroring, Spa-Francochamps et Suzuka. Après une année sabbatique, Prost voulait faire une dernière saison, qui allait s’avérer victorieuse. Le châssis n° 5 a été engagé pour la première fois à Hockenheim pour le grand prix d’Allemagne le 25 juillet 1993, permettant à Prost de remporter son ultime victoire en formule 1. Il l’a ensuite piloté dans 6 autres grand prix de la saison 1993 avant de se retirer définitivement de la compétition. Quittons la F1 avec les 210 000 € d’une Ford GT de 2006, l’une des 4 voitures réservées pour la France sur les 4 500 produites. Équipée d’un 8 cylindres en V en position centrale arrière développant 558 ch, cette GT reprend les lignes de la fameuse Ford GT 40 dans sa version MK II des années 1960. La GT 40 a été victorieuse à trois reprises des 24 Heures du Mans, entre 1966 et 1968. La carrosserie de notre GT de 2006 est due à Camillo Pardo.

Lundi 12 juin 2006. Palais des Congrès.
Artcurial, Briest, Poulain,
Le Fur, F. Tajan SVV. M. Souvrain, Cérède.

Jaguar, Mercedes et Ferrari en tête !

Rétromobile oblige, le week-end était monopolisé par les voitures de collection, qui totalisaient en 2 ventes 7,89 M€ frais compris, 4,27 M€ étant récoltés chez Artcurial au Palais des congrès et 3,62 M€ chez Christie’s dans le salon lui-même.
Enchère pour le moins sportive à Rétromobile en fin de soirée : 1 250 000 € sur une Jaguar type C de 1952, achetée par David Murray pour son écurie d’Écosse. Pilotée par Ian Stewart, elle remportait sa première victoire au Jersey Road Race de 1952 avant de décrocher pas moins de 14 victoires la saison suivante. Jaguar a développé la type C pour remporter les 24 Heures du Mans, chose faite en 1951 avec 107 km d’avance à l’arrivée ! 6 exemplaires ont été réservés à la marque, les autres étant proposés à la vente. Le modèle vendu par Christie's France gagne une collection américaine.
Au Palais des congrès, c’est devant plus de 1 500 personnes qu’était adjugée 700 000 € la Mercedes 300 SL reproduite, l’un des 29 exemplaires de ce mythe automobile à avoir bénéficié d’une carrosserie en aluminium. Sortie d’usine le 29 mars 1955, elle est équipée de nombreuses améliorations comme un moteur à arbre à cames «NSL» de compétition et un rapport de pont de 13 x 42. Livrée à New York, cette commande spéciale a probablement appartenu à Lance Reventlow, fils unique de la milliardaire Barbara Hutton et fondateur des automobiles de sport Scarab. Cette 300 SL regagne son pays d’origine : l’Allemagne. La flamboyante Cameron Millar de 1982, réplique de la Maserati 250 F, fusait à 385 000 €. Éminemment recherchée, la 250 F n’a été produite qu’à 33 exemplaires, ce qui explique le succès des répliques. Millar est à l’origine de 12 répliques, faites à partir de pièces détachées d’origine, le châssis et la carrosserie étant neufs. Le modèle vendu, pourvu d’une carrosserie de type 1956, est la quatrième voiture fabriquée par Millar.

Samedi 11 février 2006. Porte de Versailles.
Christie’s France SVV.

Dimanche 12 février 2006. Hotel des ventes du Palais.
Artcurial - Briest - Poulain - Le Fur - F. Tajan SVV. M. Souvrain.
Alvis dans la course !
Cette voiture anglaise est habillée par le carrossier suisse Graber. Très bien restauré, ce modèle unique fut présenté en 1960 au Salon de Genève. En outre, il possède encore son intérieur en cuir d’origine ainsi qu’une boîte de vitesse à 5 rapports avec le tableau de bord en bois précieux et la conduite à gauche. 70.100 euros frais compris.
Dimanche 19 juin 2005
Fontainebleau. Jean Pierre Osenat Fontainebleau SVV. MM. Pluton, Montanaro.
Prototype de légende
Cette voiture n’est rien moins que la première voiture de formule 1 de l’écurie Matra. C’est donc un véritable morceau d’anthologie qui trouvait preneur à 245.000 euros, sous l’estimation cependant. L’histoire de cette voiture commence en 1966 par la visite du général de Gaulle au Salon de l’automobile. Sur le stand Matra, il félicite Jean-Luc Lagardère pour les succès obtenus en formule 2 en lui faisant toutefois remarquer que le moteur de ses voitures n’est pas français. Quelques mois plus tard, le gouvernement de Georges Pompidou débloque 6 MF pour aider l’industriel à construire une formule 1. Répondant à l’injonction présidentielle, Matra prévoit d’équiper son nouveau bolide d’un moteur maison, un V 12, mais aussi d’un V 8 Ford Cosworth. Ce moteur légendaire est né en 1966, suite à la signature avec Ford par Keith Duckworth, cofondateur avec Mike Costin du motoriste anglais Cosworth, d’un contrat pour le développement d’un moteur de formule 1 de 3 litres, la cylindrée maximale autorisée pour la F1. Étant prêt avant le moteur français, il est installé dans une voiture d’essai, celle qui était adjugée. Nomenclaturée MS 9, elle est essayée en décembre 1967 sur le circuit de Montlhéry avant d’être envoyée à Kyalami en Afrique du Sud, où l’attendent Ken Tyrrel et Jackie Stewart. Ce dernier est enthousiasmé par l’engin. La décision est alors prise de l’engager dans le grand prix d’Afrique du Sud. Toujours pilotée par Stewart, elle prend la première place aux essais, mais abandonne la course pour cause de surchauffe du moteur. Qu’importe, ce semi-échec, la MS 9 a frappé les esprits et préparé le terrain pour les succès de la MS 10.
Lundi 20 juin 2005
Palais des congrès. Artcurial, Briest, Poulain, Le Fur, F. Tajan SVV. M. Souvrain.
Collection Jean Blaton
Sur les 18 voitures de la collection du pilote Jean Blaton, plus connu sous le pseudonyme de Beurlys, 8 trouvaient preneurs pour un total de 405.000 euros. La plupart de ces voitures s’inscrivent dans un créneau pointu et exigeant, celui des voitures de compétition. 93.000 euros allaient à l’un des 4 exemplaires de la Lancia Martini LC1 Groupe 6 de 1982. Cette biplace de course a été conçue pour participer au Championnat du monde d’endurance des marques. Pilotée par Michele Alboretto et Piercarlo Ghinzani, elle a atteint 340 hm/h sur la ligne droite des Hunaudières au Mans. 75.000 euros allaient à une Mc Laren M8 C de 1970, unique exemplaire étudiée à la demande d’Alain de Cadenet pour concourir au championnat du monde d’endurance. Elle était vendue sans moteur. Elle a en effet perdu son V8 Cosworth DFV après avoir participé aux 1 000 km de Buenos-Aires en 1971. Retrouvée en Argentine par Colin Crabbe, elle a été entièrement restaurée. La Lotus 93T de 1983, pilotée principalement par Elio de Angelis dans les grands prix, atteignait 56.000 euros. Elle possède son moteur d’origine, un Renault Gordini EF1 V6 bi-turbo lui permettant de dépasser les 300 km/h. Une Tiga C2 de 1985 à moteur BMW M3 première génération suscitait 47.000 euros. Ce label a été créé en 1975 par Tim Schenken et Howen Ganlen (TIm GAnley) pour concourir sur les formules Ford. Dans les année 80, Tiga s’est concentré sur les formules Atlantic et des voitures de sport comme celle vendue. Jean Blaton sait aussi apprécier des vaisseaux plus faciles à conduire, comme en témoignent les 55.000 euros d’une Ferrari 512 TR de 1982 à moteur 12 cylindres à plat de 421 CV. Elle a succédé à la Testarossa en en améliorant les performances. Elle est ici vêtue d’une robe gris argent, le rouge maison étant réservé à l’intérieur.
Dimanche 13 février 2005.
Hôtel des ventes du Palais. Artcurial, Briest, Poulain, Le Fur SVV, M. Souvrain.
Les italiennes en pole position !
Sous les auspices du salon Rétromobile, cette vente recueillait 2.147.116 euros frais compris représentant 78 % en nombre de lots et 46 % en valeur. Ce différentiel de pourcentage s’explique par le fait que quelques cylindrées assorties de solides estimations ne trouvaient pas preneurs. Du côté de celle ayant séduit leur public, les belles italiennes menaient le bal depuis les lignes futuristes de la Maserati Boomerang de 1972 adjugée à l’estimation basse 700.000 euros, à celles évoquant plus la dolce vita de l’O.S.C.A. MT4-2AD de 1955, cédée contre 350. 000 euros, là encore l’estimation basse. La Maserati avait perdu sa virginité sur le marché des ventes aux enchères en février 2002, ayant été vendue, chez Christie’s toujours, 650.000 euros, soit 721.750 euros frais compris. Elle possède l’avantage d’être unique en son genre. Ce concept car, dû au crayon de Giorgetto Giugiaro, a d’abord été présenté comme une étude de style au salon de Turin en 1971 avant d’être rendu roulant, équipé d’un V8 maison de 310 CV pour le salon de Genève de 1972. Le rêve suggéré par sa forme dynamique devenait réalité ! L’O.S.C.A. MT4-2AD a également été exposée au salon de Turin, mais en 1955, prête à vrombir. Elle est unique par sa carrosserie. Elle est en effet la seule berlinette O.S.C.A. MT4-2AD à moteur 1 500 cm3 à avoir été habillée par Vignale. En cinquante ans, elle n’a connu que trois propriétaires. Rappelons que la marque O.S.C.A. a été créée par les frères Maseratti après la Seconde Guerre mondiale.
Samedi 12 février 2005
Paris, Christie’s France.
1 350 250 euros une Aston Martin
Extrêmement bien conservée, cette voiture d’usine a été pilotée par Clément et Watney. Verte avec un intérieur en cuir noir, elle a été carrossée par Vanden Plas. Parvenue à la seconde place du circuit du Mans en 1930, elle s’est également classée première au Double Twelve, l’équivalent britannique de la course d’endurance sur 24 heures. Cette enchère enregistre un record mondial pour une Bentley et s’avère être aussi le second prix pour une voiture vendue aux enchères en Europe. 1.350.250 euros une Aston Martin.Christie’s France a organisé avec succès sa quatrième vente aux enchères, puisqu’un record mondial a été enregistré sur une Bentley, 1930, adjugée 4.188.250 euros, sur estimations de 2 millions à 2,5 millions. C’est d’ailleurs l’une des deux automobiles les plus chères vendues en Europe jusqu’à ce jour (voir encadré p. 87). Cette vente a totalisé plus de 10,6 millions d’euros et elle s’avère la vente la plus importante de l’année en France pour Christie’s. Il fallait compter 1. .658.250 euros pour une autre Bentley cette fois-ci de 1928 et 1.350.250 euros pour une Aston Martin de 1956. Citons les 723.250 euros payés pour une Sunbeam 1914 et une Bentley 8 litres de 1931 était cédée pour 470.250 euros. On engageait 393.250 euros pour une Porsche Carrera 1975 et une Aston Martin 1989 s’élevait enfin à 294.250 euros.
Vendredi 23 juillet 2004
Le Mans, Christie’s France.
Hispano-Suiza 1924 : 210.000 euros
Rétromobile oblige, les années folles étaient à la fête dans la monde automobile ce week end. 210.000 euros, obtenus sous l’estimation basse, couronnaient une auguste Hispano-Suiza H6B cabriolet 4 portes de 1924. Sa carrosserie jaune et noire est l’oeuvre des carrossiers berlinois Erdmann et Rossi, célèbres pour les livrées sur-mesure qu’ils concoctèrent pour les mythiques Mercedes S, SS et SSK. Cette Hispano-Suiza est propulsée par un 6 cylindres en ligne développant 135 cv à 2500 tr/mn. Ce moteur, directement issu des techniques aéronautiques, a été présenté pour la première fois au Salon de Paris de 1919 sur l’Hispano-Suiza 32 CV dont il assura le succès, aussi bien commercial que sportif. La cigogne qui orne le bouchon des radiateurs trouve son origine dans celle dessinée sur l’avion de Guynemer, reprise par ses compagnons d’escadrille sur leurs avions équipés des célèbres 8 cylindre en V Hispano-Suiza.
Dimanche 15 février 2004
Paris, Artcurial - Briest - Poulain - Le Fur, M. Souvrain.
Une sportive d’avant-guerre
Cette Bentley 41/4 litre Série MR de 1939, adjugée 340.000 euros sur une estimation haute de 90.000 euros inférieure, doit l’élégance de ses lignes à un couturier de la tôle parisien installé à Courbevoie, Vanvooren. Il a fluidifié les lignes du modèle en supprimant les plats-bords, tout en conservant des ailes à ponton séparé et en intégrant la roue de secours dans la malle. Le soin apporté au dessin de la capote permet à ce cabriolet d’être aussi beau en configuration ouverte que fermée. La mécanique est également d’exception. Seuls 200 exemplaires de la Bentley à moteur 6 cylindres en ligne de 41/4 litres bénéficient de la qualification MR ou MW. Elle désigne des améliorations techniques – volant Marles, roues de 17 pouces, rapport de pont arrière spécifique, boite de vitesse overdrive – qui font de cette automobile l’une des plus performantes et agréable à conduire de sa génération. 40 furent carrossées en cabriolet, dont deux seulement échurent à Vanvooren. Une bien belle exception !
Samedi 14 février 2004
Paris, Christie’s.
Delage, pionnier des voitures de course
Après avoir créé, en 1905, la première compagnie Delage installée à Levallois-Perret, l’ingénieur Louis Delage (1874-1947) dessine dès 1906 un châssis équipé d’un moteur monocylindre de Dion Bouton. En 1908, il propose un moteur 4 cylindres 10 cv et en 1911 il gagne le Grand Prix de Boulogne. La maison se spécialise dans les voitures de grand luxe avant de mettre au point des automobiles de course équipées de moteur 12 cylindres surcompressés. Elles lui permettent de gagner de nombreuses victoires En 1925, la firme obtient le titre de champion d’Europe, enlevant tous les grands prix internationaux. Bel exemple de la production de la firme, une voiture de course biplace par Dhoedt de couleur bleue (type D6 ex Agaci, châssis n° 50 490), Delage 1940, a été adjugée 47.000 euros à Fontainebleau.
Dimanche 19 octobre 2003
Fontainebleau, Jean-Pierre Osenat
   
 
 
http://www.gazette-drouot.com/static/resultat_vente_encheres/liste.html http://catalogue.gazette-drouot.com/ref/ventes-aux-encheres.jsp