La Gazette Drouot
La Gazette Drouot
Top des enchères
Cesare Dandini (1596-1657), Madone avec l’Enfant sur ses épaules, toile ovale, 67 x 52 cm.
Adjugé : 49 400 €
Retour gagnant de la peinture ancienne
La Biennale des antiquaires voyant, la semaine dernière à Paris, le retour de la peinture ancienne en son sein, les amateurs étaient nombreux à s’y intéresser. Cette toile de Cesare Dandini (1596-1657) représentant la Madone avec l’Enfant sur ses épaules n’est donc pas passée inaperçue. Annoncée entre 6 000 et 8 000 €, c’est à 49 400 € qu’elle s’est finalement échangée. Peintre italien, né et décédé à Florence, Dandini s’intéresse aussi bien aux sujets mythologiques qu’aux thèmes religieux, aux portraits qu’aux scènes allégoriques, et même aux natures mortes, avec en point d’orgue de ce genre Deux canards sauvages suspendus après la chasse, toile conservée à la galerie des Offices et commandée par le cardinal Jean-Charles de Médicis (1611-1663), pour sa résidence florentine. Son art le rattache au mouvement baroque, alors en vogue dans la cité toscane, dont il est l’un des plus originaux représentants. On retrouve dans les inspirations de l’artiste les figures du Caravage, du Pontormo et du Bronzino. Il assimile les leçons de ces grands peintres et les restitue dans un style qui lui est propre, marqué par de profonds clairs-obscurs, des carnations neigeuses et une certaine sensualité, dont même ses madones ne sont pas dépourvues ! Nombre de ses œuvres sont aujourd’hui conservées dans des institutions prestigieuses, en Europe et aux États-Unis, ainsi que dans des collections privées. La peinture ancienne était également représentée par Les Cinq Sens, mis en image par un suiveur de Carlo Cignani (membre de l’école italienne du XVIIe siècle). Cette toile de grandes dimensions (147 x 197 cm) se décrochait à 14 300 €. Au cœur de cette vacation, titrée «Collections et successions», l’Extrême-Orient prenait lui aussi le chemin du retour. Un coffret rectangulaire en laque de cinabre, formé de deux compartiments superposés et orné, en relief sur toutes ses faces, de scènes animées d’animaux et de végétaux, s’emportait à 31 200 €.
Vendredi 16 septembre, salle 1 - Drouot-Richelieu.
Milon OVV. M. Millet.
Attribué à la maison Marnyhac (1869-1910), Paris, vers 1878. Guéridon japonisant d’après des dessins
d’Édouard Lièvre (1828-1886), en bronze doré et plaque d’émaux cloisonnés d’époque Qianlong (1711-1799), 72 x 72 x 72 cm.
Adjugé : 82 632 €
Bronze doré et émaux cloisonnés
Marnyhac est le nom commercial d’une maison située au cœur de la capitale, plus précisément au 1, rue de la Paix : la Société des marbres et bronzes artistiques de Paris, créée dans la seconde moitié du XIXe siècle par Charles de Marnyhac (1840-1897). Spécialisée dans la fabrication d’objets de luxe et l’édition de bronzes d’art, elle fermera ses portes aux environs de 1910. Sous cette griffe se retrouvent des coupes, des cache-pots, des candélabres et des pendules, et même de petits meubles de type cabinet en bronze doré ou patiné, la plupart du temps ornés d’émaux cloisonnés. Les archives mentionnent également qu’elle officiait pour l’Escalier de Cristal, d’après des dessins d’Édouard Lièvre (1828-1886). L’époque est à l’éclectisme des sources d’inspiration, avec une prédilection pour l’Extrême-Orient et un intérêt tout particulier pour le Japon, tout nouvellement rouvert au monde. L’Exposition universelle de 1878 offre une formidable vitrine pour mettre en scène les plus belles créations des arts industriels français. Ils s’y font remarquer et Marnyhac repartira avec une médaille d’or, concurrençant ainsi Barbedienne, qui semblait indétrônable jusque-là. Le modèle du support en bronze doré de ce guéridon, à fût balustre autour duquel s’enroule un serpent et terminé par un piètement quadripode orné de têtes d’éléphant, sera repris à plusieurs reprises, à chaque fois pour présenter un plateau en émail polychrome. C’est au niveau de ce décor que les variantes apparaissent.
Jeudi 15 septembre, Hôtel Le Bristol.
Marc-Arthur Kohn OVV.
Ivan Bounine (1870-1953) et son épouse Vera (1881-1961), photographie (retirage), avec envoi de Bounine à Gregory Alexinsky (1879-1967), daté 12 février 1953, 17,8 x 11,5 cm, accompagnée de trois autres documents historiques.
Adjugé : 44 200 €
Tentations russes
La dernière vente avant la pause estivale parisienne voyait défiler les souvenirs dédiés à l’histoire tourmentée de la Russie éternelle et des premières années de la Révolution. Alors que l’on attendait un cadre en argent et vermeil décoré d’émaux polychromes , les surprises venaient de différents ensembles de documents historiques, secrets ou inédits. Deux lettres autographes de Lénine (1870-1924), non signées, griffonnées et raturées, emportaient l’une 42 900 € et la seconde, 39 000 €. Elles provenaient des archives de Gregory Alexinsky (1879-1967), un révolutionnaire social-démocrate qui dénonça par la suite son engagement, dont le livre d’or, tenu en compagnie de son épouse Tatiana et contenant les dédicaces de nombreuses célébrités nationales de l’époque, recueillait 26 000 €. Il en était de même de cette photographie en noir et blanc montrant Ivan Bounine, le grand prix Nobel de littérature, et son épouse Vera. Accompagnée d’une carte postale adressée à Alexinsky, d’une autre à la rédaction de Pays natal et d’une poésie tapuscrite, «Tentation», celle-ci totalisait 44 200 €. Les archives de Vadim Stchavinsky (1896-1976), fils d’un général, qui rejoignit les rangs de l’Armée blanche, clôturèrent le défilé des souvenirs à 32 500 €. Elles comprenaient un dossier secret de ROVS (l’Union générale des combattants russes, fondée par le général Piotr Nikolaïevitch Wrangel), établi en 1930 après l’enlèvement du général Koutiepov, son chef, à Paris. L’événement avait alors fait grand bruit.
Mardi 19 juillet, salle V.V.
Cazo OVV.


 
Chrysler char M4A4 Sherman, 1944.
Adjugé : 364 000 €
Une triomphale "D Day sale"
Pour le Normandy Tank Museum de Catz, dans la Manche, ce dimanche 18 septembre était un véritable Jour J. Après trois ans d’existence et faute de soutien financier, ce musée privé fermait ses portes et mettait en vente 130 lots de sa collection unique de blindés, véhicules, avions et autres deux-roues, sous le ministère d’Artcurial. Pour les passionnés et les collectionneurs de militaria de la Seconde Guerre mondiale, c’était une occasion inespérée d’acquérir des pièces d’exception, rarement disponibles sur le marché. Et ils étaient venus de très loin, dans la salle ou au téléphone pour faire vrombir les enchères, qui totalisaient 3 714 675 €… Elles s’enflammaient en particulier pour les chars, véritables stars de la vente. Tels ces 364 000 € que remportait le Chrysler M4A4 Sherman de 1944. Tandis que l’un des 80 exemplaires construits du Chrysler M4 Sherman «105», même millésime et décoré aux couleurs de la 2e DB, était enlevé pour 310 700 €. Son acheteur annonçait immédiatement qu’il resterait en France. Il fallait aussi débourser 100 100 € pour prendre le volant d’une iconique Jeep Willys de 1944, tarif constituant un «record du monde pour ce modèle» (source Artcurial), alors qu’elle avait été mise à prix de 15 000 €. L’une de ses semblables atteignait encore 78 000 €. Belle surprise également pour ce side-car allemand BMW R75 de 1942, en livrée de l’Afrika Corps, qui a été vendu 169 000 € soit cinq fois son estimation. Face à lui, vous pouviez toujours enfourcher l’étonnant scooter militaire fabriqué par la société Cushman dans l’État de Géorgie, en échange de 149 500 €.
Catz, dimanche 18 septembre.
Artcurial OVV.
Maquette de la Belle Poule, bois, corde, bronze, vers 1840, l. 80 cm (hors-tout), et 50 cm (coque), h. 71 cm.
Adjugé : 9 680 €
Le retour de la Belle Poule
Le lundi 12 septembre chez Rennes Enchères, c’était l’un des clous de la vente consacrée aux mondes, complémentaires, de la marine et du divin. Longue de 80 cm, et haute de 70 cm, cette impressionnante maquette de la Belle Poule attirait sans peine 9 680 €. Précieux souvenir historique exécuté autour de 1840, elle commémore la frégate qui ramena en France les cendres de Napoléon Ier en cette même année. Le navire, repeint en noir et portant une chapelle ardente, avait mouillé devant Sainte-Hélène après un voyage de quatre-vingt-treize jours. Ayant levé l’ancre le 15 octobre, la frégate arriva à Cherbourg le 30 novembre avant de remonter la Seine vers Paris. Ce modèle réduit fut réalisé, ou commandé, par un admirateur du Petit Caporal, car à la place de la figure de proue, qui était normalement celle d’une jeune femme, c’est l’Empereur qui est représenté en buste ! D’une grande finesse d’exécution, la coque en bois sculpté, et percée de ses sabords, présente des canons sortis en position de tir ; les gréements, dormant et courant, et le pont sont parfaitement détaillés. Notre maquette aurait été un véritable reliquaire ; en effet, une lettre jointe, et signée d’un mystérieux «Mal xxxxxx», nous apprend que le navire supporte un cercueil contenant «des petites bandes d’un arbrisseau poussé sur la tombe de Napoléon, le grand Empereur des Français, un petit morceau de bois provenant du cercueil de ce grand homme mort sur le rocher de Sainte-Hélène le 5 mai 1821». 
Rennes, lundi 12 septembre.
Rennes Enchères OVV. M. Neveu.

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