La Gazette Drouot
La Gazette Drouot
Top des enchères
Luong Xuan Nhi (1913-2006), L’Atelier de broderie, encre et couleurs sur soie, 37 x 77,5 cm.
Adjugé : 526 760 €
Deux records mondiaux pour l'Indochine
Nouvel opus dédié à la modernité vietnamienne et nouveaux succès couronnant tout d’abord un peintre formé à l’École des beaux-arts d’Hanoï puis une femme artiste, professeure dans cette même école. Luong Xuan Nhi (1913-2006) a un parcours personnel qui le différencie des autres élèves. Après avoir obtenu son diplôme en 1937, il part deux ans pour l’URSS et à son retour, peindra des scènes sociales et réalistes qui, dans le nouveau Vietnam, lui apporteront une grande notoriété. Cette œuvre, intitue L’Atelier de broderie, appartient à sa première période, celle où son regard sensible se porte sur la société traditionnelle. Il la représente en douceur et avec naturel, employant volontairement des tons assourdis et le support ancestral de la soie. Forte de ces qualités, elle s’élevait pour lui offrir à 526 760 € un record mondial (source : Artnet), honneur qu’elle partageait avec un laque d’Alix Aymé (1894-1989 - Voir détail page de droite), porté à 182 000 €. Les auteurs de ces œuvres savent transcrire des scènes intimistes avec une infinie subtilité. Ce paravent montre des Femmes alanguies qui semblent ne pas être dérangées par le travail de l’artiste et se laissent aller à leur rêverie, sur un fond paysager d’une belle modernité. À leurs côtés, une toile de Nguyen Nam Son (1890-1973) figurant Le Vieux du village de Kim Lien (40,2 x 52,3 cm), peinte en 1926, s’inscrivait à 130 000 €. Le vieil homme émerge sur une végétation exécutée par aplats d’ocres de vert et de jaune, une technique empruntée aux impressionnistes. Autre élève reconnu, Lé Phô (1907-2001), dont les Fleurs de pavots et foulard éclairaient à 75 400 € un coin de table laqué rouge. Pour conclure, Lin Fengmian (1900-1991) invitait à une douce poésie nocturne avec des Lotus aquarellés, traduits dans le format carré (66,5 x 66 cm) apprécié de l’artiste chinois. Difficile de ne pas y voir une généalogie avec les Nymphéas de Monet, un aller-retour gagnant entre l’Est et l’Ouest, récompensé cette fois de 269 800 €.
Vendredi 12 avril, salle 9 - Drouot-Richelieu.
Aguttes OVV. Mme Reynier.
Diego Giacometti (1902-1985), guéridon, modèle «arbre», bronze à patine brune, plateau en verre fumé, 71,5 x 74 x 40 cm.
Adjugé : 304 800 €
Le printemps de Diego Giacometti
La semaine dernière, une grande figure de l’art du XXe siècle nous quittait. Claude Lalanne (1924-2019) avait fait de la nature le support de ses créations. En ce sens, elle s’inscrivait dans la lignée de Diego Giacometti (1902-1985), qui, avec ses meubles en bronze d’une rare poésie, a lui-même livré une véritable ode à dame nature. En témoignait un modèle de son guéridon «arbre», en bronze à patine brune (reproduit ci-contre et en couverture de la Gazette no 13 du 15 avril), qui libérait ici sa sève à 304 800 €. De la beauté, il y en avait également dans une feuille de Pablo Picasso (1881-1973), une encre de 1923 représentant Trois Grâces debout (29 x 22,5 cm). Cette œuvre a appartenu à Henry Prunières (1886-1942), un érudit humaniste qui refonda en 1920 La Revue musicale, la plus célèbre des publications d’avant-guerre sur le sujet. Il la dirigera jusqu’en 1939, avec l’ambition – toute nouvelle en France – de couvrir l’actualité en la matière et d’être un observateur impartial de la musique contemporaine. Prunières demandera à des artistes d’y collaborer par le biais de l’illustration, nous permettant d’y retrouver les plumes d’Antoine Bourdelle, d’André Derain, de Marie Laurencin, de Raoul Dufy et du Malaguène. Ce dessin de belle provenance se hissait à 120 650 €. Deux ex æquo à 35 560 € venaient enrichir ce palmarès, Charlotte Perriand (1903-1999) et Bessie Davidson (1881-1965) : des figures à l’expression très différente, mais ancrées l’une comme l’autre dans l’affirmation de la place féminine dans la démarche créatrice. La première est une designer bien connue et indissociable du XXe siècle. La seconde est une peintre née en Australie, venue à Paris parfaire sa formation et devenue en 1930 vice-présidente de la Société des femmes artistes modernes. Cette Nature morte aux deux bouquets de fleurs (huile sur carton, 73 x 92 cm) de l’artiste est tout à fait caractéristique de son travail empreint de réalisme. Il en est de même pour la chaise Ombre  de Charlotte Perriand, reproduite page 57 de la Gazette no 13. Nul voile ne venait se glisser sur ce modèle, conçu en 1956, après un voyage au Japon, et qui ne fut édité qu’en très peu d’exemplaires en raison de sa fragilité.
Vendredi 12 avril, salle 5 - Drouot-Richelieu.
Beaussant Lefèvre OVV. Mme Sevestre-Barbé, MM. Cahen, de Louvencourt, Grail, Cabinet Maury.
Auguste Rodin (1840-1917), Fugit amor, petit modèle, épreuve en plâtre peint couleur bronze, conçue entre 1882 et 1887, exécutée en 1890, 37,22 x 46,2 x 19,8 cm.
Adjugé : 216 920 €
Amour interdit
Le musée Rodin parle de cette composition comme de l’une des plus belles de son auteur, tant «les deux corps en tension sont assemblés avec une parfaire fluidité». Fugit amor émerge vers 1885, initialement conçu par l’artiste pour intégrer le cadre de La Porte de l’Enfer. Mais son succès est tel qu’il sera exposé seul – sous divers titres – à partir de 1887 et connaîtra plusieurs variantes, déclinées en bronze et en plâtre. Celle qui nous intéresse (reproduite ci-dessus et voir page 62 de la Gazette n° 13 du 5 avril) est un petit modèle (h. 37,22 cm), ce qui ne l’empêchait pas de s’envoler à 216 920 €, rejoignant dans ces hauteurs les derniers plâtres de Rodin passés aux enchères récemment. De ce couple, déchiré par un amour interdit, se dégage une force incroyable lui conférant toute sa beauté – la femme s’y fait tentatrice et sensuelle, entraînant son amant dans sa chute. Cette épreuve a été offerte par Auguste Rodin (1840-1917) lui-même à son ami Hippolyte Durand-Tahier (1863-1899). L’homme est poète, critique d’art, mais aussi journaliste, et devient en 1890 le premier secrétaire général de la Société nationale des beaux-arts – fondée la même année par le peintre Ernest Meissonier. Grand admirateur du maître de Meudon, il gagne son amitié et, quelque temps plus tard, recevra ce petit plâtre, dont un échange – fourni – de correspondance apprendra la joie à en être le propriétaire. Dans cette vente, plusieurs œuvres provenaient comme celle-ci de son ancienne collection, et notamment une aquarelle de septembre 1855 d’Eugène Delacroix (1798-1863), intitulée Chemin montant à Croze. Tout en fluidité de touche, rythmée par la présence de cyprès, elle rappelle la présence de l’artiste dans la Creuse, découverte grâce à l’invitation de son amie George Sand à venir séjourner à Nohant. Comme tant d’autres avant et après lui, il tombera sous le charme de cette vallée et de ses sites. Sur cette feuille, la route serpentait jusqu’à 22 968 €. Autre provenance et autre lieu : Le Port de Dieppe et le Pollet, par temps clair (51 x 74 cm), fixé en 1896 par Eugène Boudin (1824-1898). La peinture montre un ciel occupant un large pan de la toile, caractéristique de celui qui n’hésitait pas à affirmer son ambition de «nager en plein ciel. Arriver aux délicatesses du nuage (…), faire éclater l’azur». Un programme atteint à 44 660 €.
Vendredi 12 avril, salle 4 - Drouot-Richelieu.
Mirabaud - Mercier OVV. Cabinets Brame et Lorenceau, Maréchaux.
Sébastien Leblond (1648-1731), Paris, 1712-1717, pot à eau couvert en argent uni à section ovale, piédouche fileté, anse à pans, gravé d’armoiries à supports surmontées d’une couronne comtale, h. 21 cm, poids 872,89 g.
Adjugé : 48 108 €
Orfèvrerie, céramiques et gemmes en majesté
Deux jours de ventes, quatre catalogues et plusieurs spécialités concouraient au résultat de 1 813 105 € de produit vendu en totalité – 1 238 562 € le mardi 9 et 574 543 € le mercredi 10 avril –, emportés par les 720 024 € d’un diamant «faint pink» . La couleur régnait en maîtresse puisque, après ce délicat rose, les saphirs entraient en scène pour dévoiler leurs bleus profonds. À 40 413 € séduisait ainsi une pierre ovale sri-lankaise de 16,02 ct, présentée sur une bague en platine dans un double entourage de diamants taillés en brillant, à 44 311 €, un collier en or jaune et argent formé d’une chute de trois rangs de perles fines et de culture, la partie frontale ornée d’un saphir coussin du Sri Lanka lui aussi, et à 31 651 €, un bracelet en or jaune sous la forme d’un demi-jonc souple, à décor de chevrons sertis de saphirs et de diamants. Cette dernière pièce est une création des années 1980 de la maison Boucheron. La route était tout aussi précieuse, le mercredi, avec des pièces d’orfèvrerie française des XVIIe et XVIIIe siècles provenant de la collection d’un amateur parisien. Un pot à eau couvert en argent uni poinçonné du maître orfèvre Sébastien Leblond avançait logiquement au plus haut, à 48 108 €. L’objet est sobre et pur, à l’image de son contenu. À ses côtés, un huilier et ses deux bouchons de Marcoult Langlois (reçu maître en 1715), exposé au musée des Arts décoratifs en 1960 et ayant figuré dans la seconde vente – au palais Galliera en 1971 – de la collection David-Weill retenait 34 816 €. Celui-ci, daté 1714-1715, présente encore les caractéristiques de l’argenterie de l’époque Louis XIV avec son fond amati de lambrequins fleuronnés en applique, assez semblable à celui d’un pot à sucre et son couvercle exécutés par le maître Charles Houasse à Marseille en 1738 (26 587 €). Les quelque cinquante pièces de l’ensemble exprimaient la richesse de l’orfèvrerie française ancienne. Place ensuite aux céramiques, et notamment aux porcelaines de Sèvres. Le groupe en biscuit de porcelaine dure représentant Télémaque chez Calypso, moulé d’après un modèle de Louis-Simon Boizot (1743-1809), était disputé jusqu’à 18 991 €, et une coupe à bouillon à fond pourpre munie de deux anses, livrée aux Tuileries par la manufacture en 1809 afin d’être offerte par Napoléon Ier pour les étrennes, recevait 6 963 €.
Mardi 9 et mercredi 10 avril, salle 7 - Drouot-Richelieu.
Fraysse & Associés OVV. Mme Bourgey, MM. Charron, Vandermeersch, Cabinet Déchaut-Stetten.
Jean Jacques François Le Barbier, dit Le Barbier l’Aîné (1738-1826), La Création d’Ève, huile sur toile, 147 x 114 cm.
Adjugé : 52 000 €
Eve dans un buisson de roses
Des générations d’enfants ont appris qu’Ève serait née de la côte d’Adam. Ce n’est pas ce que montre Jean Jacques François Le Barbier, dit Le Barbier l’Aîné (1738-1826), dans cette toile portée à 52 000 € – ce qui l’inscrit à la septième place dans le palmarès de l’artiste (source : Artnet). On ressent en revanche bien la surprise d’Adam à découvrir la belle comme surgissant d’un buisson de roses. Barbier l’Aîné affectionne tout particulièrement les sujets mythologiques et les thèmes issus de l’Ancien Testament, qui lui offrent une matière profonde où exprimer son talent de dessinateur et de coloriste néoclassique. Des capacités artistiques vite révélées le mènent de Paris à Rouen, où il entre dans l’atelier de Jean-Baptiste Marie Pierre (1714-1789), puis en Italie entre 1761 et 1768. Élu à l’Académie en 1780, il exposera régulièrement au Salon entre 1781 et 1814 – on lui doit au passage l’illustration de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, son œuvre la plus fameuse (huile sur bois, vers 1789, musée Carnavalet). Lors de cette première partie d’une vente dévolue aux tableaux anciens, la paire d’huiles sur toile de Charles-Léopold Grevenboeck (?-1758) campant des Vues des jardins du Luxembourg ne séduisait pas, malgré le charme des compositions, mais la Bergère et son troupeau (37,5 x 54,5 cm) traduite sur panneau de chêne au XVIIe siècle par un artiste de l’école anversoise de l’entourage de Rubens faisait halte à 16 000 €. Enfin, le délicat double portrait d’Un frère et une sœur avec leur chien, de la même époque mais de l’école hollandaise puisque exécuté dans l’atelier de Caspar Netscher (1639-1684), était complimenté de 10 400 €.
Mercredi 10 avril, salle 1 - Drouot-Richelieu.
Millon OVV. M. Millet.
Chine, XVIIIe-XIXe siècle. Boîte circulaire couverte en laque rouge de cinabre sur bois à motifs d’objets précieux, diam. 22 cm.
Adjugé : 19 275 €
Direction la Chine
Le rouge corail des laques de Chine les rend particulièrement désirables. Il est obtenu en colorant la résine végétale avec du cinabre (ou sulfate de mercure), un pigment minéral déjà utilisé pour les peintures pariétales. Le niveau de qualité atteint par les artisans du pays leur permet de superposer les couches et de les travailler ensuite en sculpture, comme ce fut le cas pour cette boîte circulaire, aux motifs d’objets précieux tels que paniers fleuris, éventails, sceptre, gourde, tablettes, feuilles d’armoise : un décor d’une grande variété qui menait ce précieux contenant à 19 275 €. Les objets en laque ont toujours eu une place importante dans l’art chinois : le plus ancien bol en bois laqué découvert à ce jour a permis d’en faire remonter l’existence à 4000 av. J.-C. Leur histoire connaîtra ensuite de nombreux soubresauts avant qu’ils ne reviennent en vogue sous le règne de Qianlong (1736-1796), qui en commandera un grand nombre pour son usage personnel. La Chine était la destination principale de l’après-midi. Un ensemble de trois petits bols en porcelaine de forme circulaire (diam. 4,5 cm), décorés en émaux polychromes doucai de deux lettrés assis près d’une jarre, réalisés au XVIIIe ou au XIXe siècle, ne se contentait pas de son estimation raisonnable. Portant une marque de Qianlong à six caractères en bleu, ils s’envolaient à 32 125 €.
Vendredi 12 avril, salle 7 - Drouot-Richelieu.
Delon - Hoebanx OVV. M. L’Herrou.
Culture Mezcala, Guerrero, Mexique, 750 av.-250 apr. J.-C. Temple avec personnage assis, andésite verte, 12,3 x 9,5 x 4 cm.
Adjugé : 78 740 €
Fenêtre sur l’au-delà
L’art précolombien provenant de différentes collections particulières européennes, notamment suisses, exhumait des pièces d’une forte présence. Au sein d’un plus vaste ensemble, ce sont quelques artefacts ayant appartenu à Félix et Heidi Stoll qui étaient retenus au plus haut. Cette sculpture minérale, ouverte comme une fenêtre sur l’au-delà, présente un personnage assis entre les colonnes d’un temple. Elle remonte à la culture mezcala (750 av.-250 apr. J.-C.) et fut découverte dans l’État mexicain montagneux de Guerrero. Extraite de l’andésite verte, avec son esthétique simplifiée à l’extrême des plus modernes, elle capturait l’attention à 78 740 €. À ses côtés, un temple (17,5 x 16,5 x 4,3 cm) d’époque et de provenance identiques, composé d’un soubassement et de huit colonnes, était posé à 40 640 €. Le même dépouillement et la même vigueur de style s’y retrouvent. Quant à un masque figurant un visage humain sculpté dans la pierre noire, fixant un idéal de beauté appartenant à la période classique de la culture de Teotihuacán, dans la vallée de Mexico, il provenait également d’une collection suisse, bâloise cette fois et anonyme. Sa bouche s’ouvrait pour exprimer 47 880 €.
Vendredi 12 avril, salle 2 - Drouot-Richelieu.
Art Richelieu - Castor Hara OVV. MM. Hamard, Lebeurrier.
Léon Detroy (1859-1955), Le Moulin de Gargilesse sur la Creuse, huile sur toile, 60 x 81 cm.
Adjugé : 16 640 €
Pluie de modernité
Parmi les nombreuses signatures incarnant différentes tendances de la modernité picturale, on retiendra celles marquées par l’expression des beautés de la nature. Il en est ainsi notamment de Léon Detroy (1859-1955). Depuis plusieurs années, des travaux d’historiens et des expositions remettent les peintres de l’école de Crozant sur le devant de la scène – en ce moment encore et jusqu’au 26 mai, ils sont sur les cimaises de l’atelier Grognard de Rueil-Malmaison, et leurs résultats s’en ressentent. Detroy en bénéficie à juste titre. Ce Moulin de Gargilesse sur la Creuse (reproduit ci-contre) dépeint avec une touche pointilliste dans une palette typique jouant des nuances de vert et de mauve, et La Sedelle près de Crozant (50 x 73 cm), deux sujets «classiques» du site, s’écoulaient paisiblement à respectivement 16 640 et 16 896 €. Ces deux prix les positionnent en troisième et quatrième place dans la cote de l’artiste (source : Artnet). Pour rester dans une veine régionaliste et naturaliste, on s’attardera au soleil près des meules du spécialiste du genre, Gustave Gaston Cariot (1872-1950). Son Char de foin sur la route, brossé lors d’une belle journée de l’été 1929 (voir page 66 de la Gazette no 13 du 5 avril), s’éloignait à 15 360 €, dépassé par les 18 560 € de Meules de foin de 1925 (60 x 81 cm). Pour cet artiste très apprécié de l’autre côté de l’Atlantique, dont les tableaux se retrouvent régulièrement à Drouot et dans ces pages, la cote est maintenant bien établie.
Mercredi 10 avril, salle 5 - Drouot-Richelieu.
Ader OVV.
Ulysse Bertrand (1851-1941), paire de vases cornet aux dieux marins Neptune et Amphitrite, marque de Gien olographe et signés «U Bertrand», pièces uniques, h. 58, diam. 32 cm.
Adjugé : 37 200 €
La faïence de Gien dans tous ses états
La dispersion en deux jours d’une impressionnante collection de faïences de Gien, rassemblée par Jean-Marie et Chantal Jacquet-Gaultier, créait l’événement à Saint-Herblain. Le dimanche 7 avril, la paire de vases cornet décorés par Ulysse Bertrand triomphait : un collectionneur étranger les achetait pour 37 200 €, enthousiasmé par leur décor couvrant, célébrant Neptune pour l’un, et son épouse Amphitrite pour l’autre. Du même peintre, on avait ensuite, pour 12 400 €, une pièce unique, une gourde plate en céramique émaillée peinte, d’une face, d’une scène de départ mythologique, et d’autre part, d’une scène de l’expédition polaire de Charcot (vers 1900-1910). Pour le même prix, changeait de mains la fameuse jardinière «Warwick», du nom de son décor représentant le château britannique ; il était dû au pinceau du décorateur «J. Blu», qui le signait en 1872. D’Armand Désiré Gautier, deux plats étaient vendus 5 456 € : pièces uniques, ils portaient une scène galante lacustre sur l’un, et un pont sur la rivière sur l’autre, réalisés en barbotine impressionniste signé dans le décor. En cette fin du XIXe siècle, la manufacture proposait aussi des plaques décoratives, véritables tableaux à encadrer ; telle une Élégante à la robe rose et au chapeau à plume des alentours de 1880, due au talent de Jean Clair-Guyot partie à 4 960 €. Le même, admirateur d’Edgar Degas, avait repris les célèbres danseuses du maître parisien sur un vase rouleau en barbotine impressionniste, avec une marque au revers de l’atelier de Dominique Grenet (3 700 €). On pouvait aussi emporter contre 5 580 € des sculptures, à l’image d’une Porteuse d’eau de 1881, en céramique émaillée, par Bertrand, ou un buste de Minerve (autour de 1860), posé sur une colonne avec marque olographe. Le lundi, c’est une paire de plaques émaillées polychromes peintes à la barbotine, des pièces uniques signées «À Gauthier» et à décor fluvial, qui ressortaient du lot, avec 14 880 €. Signalons enfin l’achat à 2 100 € par la manufacture de Gien d’aujourd’hui, de la paire de vases cornet, aux entrelacs d’émaux dits «Ispahan», exécutés vers 1880.
Saint-Herblain, dimanche 7 et lundi 8 avril.
Rouillac OVV.

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