La Gazette Drouot
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Top des enchères
Fernand Léger (1881-1955), Les Constructeurs, gouache sur papier, vers 1950, 31,7 x 22,5 cm, certificat du comité Léger.
Adjugé : 64 260 €
Les constructeurs de Fernand Léger à l’œuvre
Cette gouache sur papierde Fernand Léger intitulée Les Constructeurs, l’une des très nombreuses études pour sa toile monumentale du même nom aujourd'hui exposée au Musée national de Biot, passait sous les feux de la rampe le mercredi 16 août. Toujours très recherché, le travail préparatoire de l’artiste engagé était emporté pour la somme de 64 260 €. Il bénéficiait d’une joyeuse palette de couleurs, dominée par un fond jaune irradiant, et d’une composition simple mais efficace, comme à l’habitude chez Léger. On pouvait se consoler avec un autre de ses dessins, Composition à la roue, stoppé à 11 340 €. Autre créateur très prisé : Bernard Buffet, qui signait un dessin fixant un Squelette, apprécié à hauteur de 31 500 €. Plus romantique, une vue avec des Vaches au pré était due au pinceau d’Eugène Boudin ; une alternative intéressante à ses paysages maritimes, qui partait au final à 28 980 €. Jules Cavaillès prenait la relève avec les 20 790 € requis pour sa toile Fenêtre ouverte sur le port. Citons aussi un prix pour la création contemporaine, celle de JonOne bien sûr, dont une Composition à l’acrylique de 2014 enregistrait 19 530 €. Du côté des bronzes, notons deux enchères intéressantes : 30 240 €, pour une Lionne aux aguets de Georges Lucien Guyot, et les 18 900 € de la Punaise imaginée par César. Le dimanche 20 août, place aux montres et aux bijoux. Dans la première catégorie, la vedette était ravie par une montre chronographe signée Bulgari portée à 7 056 €. Sonnait ensuite une montre Tudor modèle «Submariner», ravie pour 4 788 €. Dans la seconde, à 6 048 €, tintait surtout ce bracelet Trinity grand modèle de la maison Cartier, constitué de trois anneaux d’or de trois tons.
Deauville, mercredi 16 août.
Tradart Deauville OVV.
Chakra Samvara, bronze doré, travail sino-tibétain, XIXe siècle, h. 19 cm.
Adjugé : 21 080 €
De la sculpture tibétaine à l’orfèvrerie rennaise
Deux jours de ventes se déroulaient les lundi 7 et mardi 8 août à Morlaix, bien pourvus en objets d’art asiatiques et en belle orfèvrerie régionale du XVIIIe siècle. Le panthéon bouddhique ouvrait la séquence, avec une remarquable statuette de Chakra Samvara en bronze doré sino-tibétain datant du XIXe siècle. La déité «courroucée» Samvara, une forme de Heruka, support à la méditation, est décrite comme le veut la tradition, avec un corps bleu, douze bras et quatre visages, étreignant sa parèdre Vajra Varahi. Cette représentation tantrique s’élevait jusqu’à 21 080 €. Plus sereine, une importante tête de bouddha en bronze, de la Chine de l’époque Ming, et plus précisément du XVIe siècle, calmait le jeu de son regard aux yeux mi-clos, attirant sans peine 18 600 €. Du Deccan, en Inde, provenait aussi une épée en acier et fonte de laiton, dont la lame était un remploi européen ; mais son intérêt résidait dans le yali, animal hybride, situé sur sa garde. Il fallait compter 14 260 € pour s’en saisir. Le travail des orfèvres, en particulier bretons, était ensuite récompensé, à commencer par celui du maître Jean Grégoire, de Rennes, reçu en 1688, auteur vers 1706-1708 d’un superbe bassin d’huilier en argent d’un poids de 1 083 g. L’artefact, étudié dans la Gazette n° 29 page 80, obtenait au marteau 14 260 €. Quant à la tasse à quêter en argent du maître orfèvre Louis Le Restif de Saint-Brieuc, exécutée vers 1697, d’un poids de 166 g, elle recueillait 10 416 €. De Mâcon, on avait pour 6 448 € un moutardier en argent daté de 1748-1749 du maître orfèvre Veuve Claude II Soldat, née Marguerite Desaint, et pesant 195 g. Toujours à ce chapitre, notons la présence d’une théière en vermeil par Odiot à Paris, d’un poids de 67 g, réalisé entre 1819 et 1838, nécessitant 7 440 €. Dernier domaine bien illustré, la joaillerie, où la première place était occupée par un collier tour de cou à sept rangs de perles fines du XIXe siècle à fermoir serti d’une perle entourée de diamants taille brillant ; d’une longueur de 40,5 cm, l’accessoire précieux attirait 40 920 €. Pour 22 320 €, on empochait aussi une bague en or gris ornée d’un saphir ovale d’un poids de 16,38 ct, d’origine Ceylan, et entouré de deux diamants troïda.
Morlaix, lundi 7 août.
Dupont & Associés OVV. M. Delalande.
Félix Ziem (1821-1911), Vue du Bosphore, huile sur toile, 68 x 113 cm.
Adjugé : 130 416 €
Le Bosphore vu par Ziem
Embarquement immédiat pour Constantinople, l’actuelle Istanbul, grâce à Félix Ziem. C’est en 1856 que l’artiste découvre la capitale de l’Empire ottoman, enveloppée de ces lumières mouillées qu’il sait si bien traduire, en particulier à Venise. On le sait, il trouva sur les bords du Bosphore une source inépuisable d’inspiration pour ses paysages maritimes. Le célèbre détroit qui relie la mer de Marmara à la mer Noire, tout en formant la limite entre les continents asiatique et européen, offre un panorama de côtes lumineuses, sillonné par les vaisseaux grands et petits, des trois-mâts aux rapides caïques à rameurs. On les retrouve sur cette toile, Vue du Bosphore, évoquée dans la Gazette n° 29 page 83, et décrochée pour 130 416 €, après une belle rixe d’enchères à Lisieux le samedi 29 juillet. Un prix qui se situe dans la fourchette haute pour les œuvres de l’artiste, ce qui est peu étonnant, ses sujets orientaux étant les plus prisés des collectionneurs (source Artnet). Ziem éprouvait aussi une grande passion pour les rivages de Martigues, en Provence, mais c’est du prolifique Jean-Baptiste Olive que nous venait Le Port de Marseille. Sa cote ne faiblissait pas avec une enchère à 52 624 €. Retour en Turquie avec un objet caractéristique : l’aiguière en tombak, ou cuivre doré au mercure, ici à décor de godrons en relief, partiellement gravée de motifs végétaux, réalisée à la fin du XVIIIe siècle. Provenant de la collection d’un diplomate, on l’empoignait pour 4 953 €. Plus exotique encore, on trouvait aussi une cloche de temple en bronze, au corps divisé en huit registres rectangulaires contenant de nombreuses inscriptions et des idéogrammes, comportant un des cartouches où figure la date de la douzième année du règne de Minh Mang, empereur du Vietnam, soit 1831. Elle proviendrait de la pagode Du Hang de la ville d’Hai Phòng, et sonnait pour 3 949 €. Concluons sur une œuvre en ébène de Raymond Bigot : Sculpture de Tetra, enlevée à 3 887 €.
Lisieux, samedi 29 juillet.
Lisieux Enchères OVV.

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