La Gazette de l'Hôtel Drouot - Top des enchères
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| Top des enchères |
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681 600 € frais compris.
Auguste Rodin (1840-1917),
Le Penseur, bronze à patine noire,
cachet Rudier fondeur,
fonte entre 1925 et 1935,
signé, h. 37,5 cm. |
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| Le Penseur porté au pinacle |
La sculpture était le point de mire de cette prestigieuse vente deauvilloise grâce à notre Penseur, la plus célèbre oeuvre de Rodin, conçue à l’origine pour orner la Porte de l’enfer. Commandée en 1880 par l’État, cette dernière était destinée au futur musée des Arts décoratifs. Inspiré du poème épique de Dante, l’ouvrage devait mettre en scène de nombreuses figures aux prises avec les affres du purgatoire. Présenté dans sa taille originale - 71,5 cm de hauteur - à Copenhague en 1888, Le Penseur sera agrandi en 1902, avant d’être exposé au Salon en 1904. Deux ans plus tard, ce sera la première sculpture de Rodin à être érigée dans un espace public, devant le Panthéon. Certifié de M. J. Le Blay, du comité Rodin, notre bronze avait à l’origine été acquis durant l’entre-deux-guerres directement auprès du fondeur. Annoncé autour de 220 000 €, il était ferraillé ferme entre la salle et plusieurs téléphones. Triplant au final les estimations, notre Penseur était adopté par un client britannique. Selon l’étude, il recueille d’ailleurs un record pour ce format. Le Poète, comme on l’appelait également, devait représenter Dante devant les portes de l’Enfer, méditant sur La Divine Comédie. Puissamment façonnée, l’anatomie du modèle fait référence aux sculptures de la Renaissance italienne, notamment aux oeuvres de Michel-Ange. Elle révèle aussi une concentration intérieure d’une intensité telle qu’elle est devenue le symbole universel de la pensée humaine. |
Deauville, jeudi 19 août.
Artcurial Deauville SVV. |
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| 427 170 € frais compris. Pierre Puvis de Chavannes (1824-1898), Pro Patria Ludus ("Les Jeux pour la patrie"), huile sur toile, 94 x 280 cm. |
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| Puvis de Chavannes, décorateur symboliste |
L’enchère la plus élevée de cette vente paloise retentissait sur ce spectaculaire et monumental tableau, annoncé autour de 80 000 €. Proposé en bon état de conservation, proche d’une toile de plus petit format conservée au Metropolitan Museum de New York, il était débattu avec ferveur entre des musées, le négoce et des particuliers. À 200 000 € étaient encore en lice cinq enchérisseurs. Quadruplant largement les estimations, il était finalement acquis sous les applaudissements du public par une galerie londonienne, peut-être pour le compte du musée des beaux-arts de Toledo, dans l’Ohio, qui possède l’autre moitié de Pro Patria Ludus. Le principal atout de notre toile est d’avoir appartenu à la prestigieuse collection Lazare Weiller, dont un portrait au pastel par Lucien Lévy-Dhurmer était d’ailleurs adjugé 13 000 € lors de cette même vente. Industriel, politicien, amateur d’art, Lazare Weiller s’intéresse aussi à la peinture moderne, sous l’influence de son ami Puvis de Chavannes. Personnalité majeure de l’art du XIXe siècle, l’artiste renoue en pleine explosion réaliste avec la grande tradition classique, qu’il oriente vers le symbolisme. Pendant près de trente ans, il peint ainsi de grandes compositions décoratives élégantes et hiératiques, aux tons volontairement éteints, pâles et ternes. Il s’agit par exemple de monumentales commandes faites pour le Panthéon, notamment les scènes de l’enfance de sainte Geneviève. Exposées au Salon de 1876, celles-ci lui valent succès et reconnaissance. Quelques années plus tard, notre artiste, renouvelant le genre allégorique, réalise Pro Patria Ludus, oeuvre primitivement destinée au musée d’Amiens. Faisant référence à cette peinture murale, notre tableau exécuté dans les années 1880 possède une histoire particulière : visitant l’atelier de l’artiste, Lazare Weiller achète la toile, pourtant inachevée. Puvis de Chavannes la terminera in situ. Harmonieusement composée, elle représente des villageois vaquant à leurs occupations dans un paysage arcadien aux accents du nord de la France. |
Pau, samedi 24 juillet.
Gestas-Carrere Enchères de Bourbon SVV. |
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| 143 500 € frais compris. Marc Chagall (1887-1985), Couple d’amoureux et violonistes, lavis, encre de Chine, gouache et pastel sur papier, cachet de la signature en bas à droite, 57,7 x 75,5 cm. |
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| L’univers poétique de Chagall |
Provenant d’une collection privée, ce charmant tableau tenait toutes ses promesses, recueillant l’enchère la plus haute de la vente. Il porte le cachet officiel de la succession Chagall. Certifié par le comité Marc Chagall, il était le thème d’une vive joute d’enchères entre la salle et plusieurs téléphones. Fort disputé entre divers amateurs et le négoce international, notre dessin part finalement animer la collection d’un particulier français. En bon état de conservation, il illustre à merveille l’univers poétique du peintre. Libre improvisation au sens musical du mot, il met ainsi en scène une vache, des personnages volants et un couple d’amoureux juifs se mariant au son de plusieurs violons. Placés sous le traditionnel dais rouge, nos tourtereaux, également représentés dans Les Mariés de la tour Eiffel, peints en 1939, désignent les thèmes principaux de la composition : l’amour et la joie qu’exprime aussi le concert des violons. Orchestrant une aubade aux mariés, les musiciens rappellent les racines juives du peintre. Sous le nom de Moishe Zakharovich, Chagall est né à Liozno, dans la banlieue de Vitebsk, en Biélorussie. Tout en adoptant plus tard Paris comme sa seconde ville natale, notre artiste s’inspire souvent du folklore juif et de l’art populaire russe. La technique cubiste du peintre se manifeste dans les lignes et les carrés dessinant la ville. L’imagination est aussi un élément essentiel de sa création. Ainsi, la vache blanche survolant les maisons se révèle tout à fait d’esprit surréaliste. |
Cannes, dimanche 15 août.
Besch Cannes Auction SVV. |
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| 165 000 € frais compris. Georges Braque (1882-1963), Aréion, épreuve en bronze d’édition posthume à patine verte,
fonte Rosini, h. 64, l. 65 cm. |
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| Braque sculpteur |
La sculpture était le point fort de
cette prestigieuse vente deauvilloise. Annoncée autour de 90 000 €, une épreuve en bronze de José-Maria David enregistrait l’enchère la plus haute de la vacation. Ce Léopard bondissant, (voir Gazette n° 29, page 92), doublait largement les estimations pour être disputé jusqu’à 252 000 €. Quant à notre bronze, certifié authentique et adjugé au-delà de la fourchette haute des estimations, il sera répertorié dans le catalogue en préparation par M. Armand Israël sur les Métamorphoses de Georges Braque. Numéroté 1/8, notre cheval est un bel exemple de la quête sculpturale de l’artiste : après avoir façonné dans les années 1930 un certain nombre de plâtres gravés, notre artiste se consacre à la sculpture durant la Seconde Guerre mondiale. Entre 1941 et 1946, il réalise par exemple une Tête de cheval fantastique. En référence à cette sculpture, notre bronze représente Aréion, un cheval fabuleux chanté par Homère dans l’Iliade. De race divine
- il serait né de l’union de Poséidon et de Déméter -, cet équidé immortel et doté de la parole possédait de plus une crinière verte. Tiré à deux exemplaires seulement, notre bronze était d’autant plus disputé des amateurs. Aux dernières années de sa vie, Braque entreprend la synthèse de ses oeuvres majeures dans les Métamorphoses. Ainsi, interprète-t-il à nouveau l’Aréion, créant avec le maître lapidaire Heger de Loewenfeld une statuette éponyme. En 1963, elle fut présentée au Louvre sous le numéro 17, lors de l’exposition hommage à Braque. |
Deauville, dimanche 15 août.
Massol SVV. |
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186 000 € frais compris.
Ferrare (ou Bruxelles), vers 1600.
Jeux d’enfants faisant les vendanges
dans une treille devant une perspective urbaine, tapisserie conçue par Giovanni da Udine
pour le pape Léon X, carton de Jules Romain, 314 x 262 cm. |
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| Facétieux putti italiens |
Le principal pôle d’attraction de cette vente auvergnate était un magnifique ensemble de tapisseries garnissant le château du Léobard, à Isserteaux dans le Puy-de-Dôme. Accidentées et comportant des restaurations anciennes, les treize pièces avaient toutefois conservé de belles couleurs éclatantes. Vedettes de la vacation, elles étaient ainsi ardemment bataillées entre divers acheteurs tant français qu’étrangers. Indiquée autour de 8 000 €, une tapisserie représentant une partie de Colin-Maillard triplait les estimations pour être adjugée 28 000 €. Appartenant elle aussi à la tenture des Amusements champêtres, une pièce montrant cette fois le jeu de la Main chaude était acquise à 16 000 €, au double des prévisions. Quant à notre tapisserie, espérée autour de 15 000 €, elle emballait les amateurs présents en salle et sur plusieurs lignes de téléphone. Tissée d’après un carton de Jules Romain, elle fait partie de la tenture des Puttuni ou Giochi di Putti. Les premiers exemplaires ont été tissés à partir de 1530 dans l’atelier de Guillermo Pannemaker, un licier bruxellois. Très appréciées, d’autres séries sont produites sous la direction du Flamand Nicolas Karcher et seront par exemple réalisées en Italie, à Ferrare et à Mantoue, à la demande du duc de Gonzague. De nos jours, elles agrémentent la collection Gulbenkian à Lisbonne et embellissent aussi le Palais royal de Madrid. Identique à une pièce conservée à la Fondazione Progetto Marzotto, à Vicence, notre tapisserie représente une scène pleine de verve et d’entrain, qui est aussi une magnifique allégorie de l’automne. |
Clermont-Ferrand, jeudi 22 juillet.
Vassy-Jalenques SVV. MM. Bacot, de Lencquesaing. |
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| 125 000 € frais compris. Collier de mariage ou "lebbah", or, émaux, émeraudes, diamants, rubis et saphirs, Maroc, Fez, XVIIIe siècle, l. 39 cm. |
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| Bijoux marocains |
Des bijoux marocains anciens provenant d’une collection étaient les mascottes de la prestigieuse vente organisée au Carlton Intercontinental de Cannes. De tradition andalouse, ils étaient offerts à l’épousée, puis transmis ensuite de mère en fille. Bien conservés, ils illustrent l’art de la bijouterie traditionnelle marocaine, inspirée de la joaillerie européenne et des bijoux berbères. Portée à la fois par les femmes juives et musulmanes, une spectaculaire paire de boucles d’oreilles de cérémonie dite "kher’oz" était d’abord adjugée 38 0000 €. Datant de la fin du XVIIIe siècle, elles représentent deux papillons stylisés s’accrochant à un turban ; proches d’exemplaires agrémentant les collections royales marocaines, elles illustrent le style andalou des bijoux créés au Maroc du Nord. Similaire à un modèle présenté à Paris en 1999, lors de l’exposition "Maroc, les trésors du Royaume", un pendentif à musc dit "tazra" était acquis pour 17 500 € ; à décor végétal, serti d’un grand grenat, il est muni au verso d’une boîte servant de réceptacle au parfum. C’est toutefois notre luxueux collier qui récoltait l’enchère la plus élevée de la vacation. Pièce de choix dans la corbeille de mariée, il révélait la place éminente de la grande famille marocaine à laquelle appartenait l’épousée. Composée de dix perles creuses en or fusiforme, la "lebbah" (voir photo) est encore embellie de neuf pendants présentant de superbes arabesques. Travaillés en émaux champlevés, ils rappellent l’art de la joaillerie andalouse nasride. Après une rude bataille d’enchères, notre collier de mariage, affichant un savoir-faire exceptionnel, était au final empoché par un amateur étranger. |
Cannes, mardi 3 août.
Marc-Arthur Kohn SVV. Mme Gabard. |
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