La Gazette Drouot
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Top des enchères
Amir Khusrau Dihlavi (1253-1325), recueil de poésies persanes, enluminées et calligraphiées, in-8°. Shiraz, 1558.
Adjugé : 53 320 €
Livres en fête à Lyon
Diversité : c’était le maître mot qui, avec rareté, présidait à la dispersion d’ouvrages pour bibliophiles avertis par Artcurial Lyon OVV. L’Occident s’illustrait d’abord, avec, comme vainqueur à 106 640 €, le fameux recueil signé par René Héron de Villefosse sous le titre de La Rivière enchantée (voir page 84), et dont la particularité est d’être, comme on le sait, enrichi d’eaux-fortes originales de Foujita. Il s’agit sans doute du plus recherché des nombreux livres illustrés par l’artiste japonais ; il est aussi très important quant à sa genèse, car édité à l’occasion de son 65e anniversaire, en 1951. Le précieux in-folio, numéroté 39/50, était en feuilles rassemblées dans une chemise de velours gris de l’éditeur. On y compte vingt-six eaux-fortes hors texte, dont quinze en couleurs ou camaieu, deux lettrines imagées, une eau-forte supplémentaire, une suite des vingt-six illustrations en couleurs et une suite également des vingt-sept illustrations en noir et en couleurs… Mais ce qui retenait sans aucun doute l’attention était la présence dans l’ouvrage d’un dessin à l’encre et à l’aquarelle signé par Foujita, qui expliquait la différence de prix avec la version de la Rivière qui en était dépourvue, vendue 68 200 €, le 16 septembre 2015 par le même opérateur. Présenté dans la Gazette n° 1 (voir page 89), se distinguait aussi le recueil de poésies d’Amir Khusrau Dihlavi – un mystique soufi, et l’un des grands poètes de l’Inde en langue persane – composées à Shiraz et datées de 966 de l’Hégire (1558). Ce volume in-8° compte 343 feuillets, enluminés et calligraphiés sur papier à l’encre noire, présentant un poème au centre des pages et un autre dans la marge, orné d’arabesques et de vingt et une miniatures à pleine page. Tant de raffinements valait à notre ouvrage de récolter 53 320 €. Troisième pièce plébiscitée : l’Atlas nouveau contenant toutes les parties du monde, écrit à quatre mains par Charles-Hubert Jaillot et Nicolas Sanson d’Abbeville, imprimé à Amsterdam par Pierre Mortier en 1708. Un grand in-folio en reliure d’époque, qui n’était pourtant que le tome second de la série… Cela ne l’empêchait pas d’attirer l’enchère de 21 080 €.
Lyon, mercredi 10 janvier.
Artcurial Lyon OVV. M. Daval.
Attribué à Luca di Tommè (connu à Sienne de 1356 à 1389), La Vierge et l’Enfant en trône entourés de six saints, panneau de peuplier, 67 x 37,4 cm.
Adjugé : 48 200 €
De Sienne à Limoges, l’art ancien en lumière
L’artiste Luca di Tommè aurait vu le jour autour de 1330, à Sienne ; mais ce que l’on sait avec certitude, c’est qu’il joua un rôle très actif dans sa riche cité entre 1356 et 1389, date probable de sa disparition. Il connut donc la grande peste de 1348, qui déstabilisa profondément la société toscane d’alors. Néanmoins, il survécut, œuvrant à la suite de ses maîtres stylistiques, qui se révèlent être Simone Martini et les Lorenzetti, vedettes de l’école siennoise en ce milieu de XIVe siècle. À Joigny, ce dimanche 14 janvier, un panneau peint lui était attribué. Il représentait La Vierge et l’Enfant en trône entourés de six saints, sous une arcade trilobée en relief, sur fond doré et poinçonné, comme il se doit. Dans le pinacle, on notait de chaque côté du Christ en croix, la présence de la Vierge éplorée et de saint Jean. L’œuvre porte encore l’influence de ses illustres prédécesseurs par la douceur et la délicatesse des traits de ses personnages. Somme toute, un remarquable primitif qui dépassait son estimation maximale en s’établissant à 48 200 €. La seconde place du palmarès était ensuite occupée par une belle production de la maison Daum à Nancy, avec une lampe au décor de paysage d’hiver à fond orangé, et vendue pour 11 440 €. Provenant de la proche Allemagne, un important groupe de la Forêt-Noire lui succédait dans la liste des résultats ; haut de 144 cm, il représente un couple d’aigles sur un rocher au naturel, l’un d’eux tenant un jeune chevreuil dans ses serres. Il fallait compter 9 838 € pour les amadouer. Quant à un rare jeu d’échecs en ivoire, il s’affirmait comme l’une de ces réalisations dues aux célèbres tabletiers de Dieppe ; de par les costumes et les coiffures arborés par ses rois et reines, on pouvait le dater du XIXe siècle. Il se laissait enlever contre 4 579 €. Enfin, une plaque d’émaux de Limoges signée «F.F. Doatus» et datée de 1584, représentant Saint François d’Assise recevant les stigmates, était vendue pour 4 450 €.
Joigny, dimanche 14 janvier.
Joigny Enchères-Joigny Estimations OVV. Cabinet Turquin.

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