La Gazette Drouot
La Gazette Drouot
Top des enchères
Chine, dynastie Qing, époque Qianlong (1736-1795). Cachet en stéatite beige et rouge, portant au revers l’inscription en zhanshu «Qian long Yu Bi Zhi Bao», 9 x 10,5 x 10,5 cm, h. de la bande 4,2 cm.
Adjugé : 21 093 100 €
Mercredi 14 décembre, salle 5-6 - Drouot-Richelieu.
Pierre Bergé & Associés OVV. Cabinet Portier et Associés.
L'Asie à Drouot
Cette seconde quinzaine asiatique de l’année à Drouot s’achevait sur un résultat frais compris de 28,7 M€, emportant la première place parmi les nombreuses spécialités présentées. Tout en haut de ce panthéon, la Chine dominait, époustouflante et écrasante, particulièrement les œuvres produites sous le règne du monarque Qianlong (1736-1795). Cachet, mais aussi sculptures bouddhiques, porcelaines et peintures, rien n’échappait à sa sagacité et à son érudition. En salle 5-6, vendredi 16 décembre, plusieurs collectionneurs chinois menaient le combat, par enchères interposées, pour s’approprier ce sceau en stéatite. Adjugé très précisément 21 093 100 €, il recevait un double prix : un record mondial pour ce type d’objets et la plus haute enchère de l’année à Drouot.  Lors des deux journées de vente Lévy (Millon OVV, Baron-Ribeyre OVV), toute l’équipe portait un œillet rouge, en souvenir d’un homme éclairé et discret. Les coupes et autres bols présentés trouvaient tous adjudicataire, pour des résultats à chaque fois supérieurs aux estimations avancées : 70 922 € pour la coupe destinée au thé des trois puretés de Qianlong, 64 475 € pour une boîte couverte à décor végétal du même règne, et 51 580 € pour une coupe plate du XVIe siècle cette fois, période Jiaqing (1796-1820). À Paris, pas moins de quinze maisons de ventes s’étaient donné le mot pour présenter des objets asiatiques. Lancement de la déferlante lundi 12 décembre en salle 11, chez Jean-Marc Delvaux, avec le déhanché à 62 600 € d’une langoureuse divinité féminine sculptée dans le grès rose du Madhya-Pradesh, entre le Xe et le XIe siècle. Mardi 13, un panthéon en bronze prenait place en salle 14 chez Gros & Delettrez. Amitayus, du haut de sa sagesse, recevait 33 280 €, et un boddhisattva déployait ses quatre bras pour attraper une enchère de 57 600 €. Mercredi 14, cette fois en salle 4, des personnages peints par Leng Mei (1669-1742), officiant à la cour de Kangxi, puis à celle de Qianlong, égayaient une partie de l’album Zhi Gong Tu, daté de 1751. Assez truculents, représentants d’ethnies en costumes typiques, ils évoquaient à 63 800 € les liens de vassalité ou diplomatiques que la Chine entretenait avec les pays voisins. Le lundi suivant, chez Christophe Joron Derem, une statue en bronze ciselé du Bouddha, vêtu d’une robe monastique aux plis souples, bénissait l’assistance attentive à 144 280 €. La maison Tessier & Sarrou et associés exposait aussi ses bouddhas majestueux. Le premier, en bronze à traces de laque or et rouge, portait la date exacte de son exécution – la troisième année de l’empereur Jiajing, soit 1525 – et le nom de son auteur, le moine Tan Feng. Il s’asseyait en padmasana sur un socle lotiforme à 77 500 €, derrière les 125 000 € de Sakyamuni, une statuette en laiton à patine bronze, assis lui aussi, mais en dhyanasana et fondu au Tibet entre le XVIIe et le XVIIIe siècle. La nature appartient au quotidien de tout lettré chinois. Liu Haisu (1896-1994) ne dérogeait pas à la règle… Des Pins rouges tracés d’un pinceau dynamique aux encres rouge et noire sur un papier à la mi-automne de 1984, rappelaient cette réalité. Accompagnés d’une longue calligraphie, ces deux arbres, dont on ne voyait pas le sommet, s’élançaient tels deux amis vers 63 900 €, vendredi 16 chez Leclere - Maison de ventes. En décembre, Paris entrait en lévitation sur un nuage venu du grand Est…
République démocratique du Congo. Appuie-tête luba-shankadi, bois, 17,5 x 17,2 cm.
Adjugé : 2 295 078 €
Succès pour la succession Madeleine Meunier
L’événement était attendu dans la sphère des grands amateurs d’arts primitifs et les pièces phares ont toutes été adjugées à des prix parfois bien supérieurs à ceux annoncés, pour un montant total de 4 873 563 €. L’intégralité des 106 lots proposés trouvaient acquéreur. Une vente «en gants blancs» donc, qui seyait à l’élégance naturelle de Madeleine Meunier. Alexandre Millon et François de Ricqlès déclaraient à l’unisson, à l’issue de la vacation : «Qualité, rareté, provenance et enchères de haut niveau inscrivent cette collection dans l’histoire des ventes d’arts africain et océanien.» En vedettes absolues, les deux caryatides sculptées par le «Maître de la coiffure en cascade» sur l’appuie-tête luba-shankadi de la République démocratique du Congo se posaient à 2 295 078 €, et accrochaient ainsi un record du monde pour une pièce de cet artiste. Le pedigree de l’objet, à l’instar de la majorité de ceux présentés, était impeccable ! Sélectionné par Charles Ratton, il était entré avant 1964 dans la collection de Madeleine Meunier, son ex-épouse. La majorité des artefacts d’art primitif étant anonymes, il est rarissime de pouvoir attribuer une œuvre à un artiste identifié. Parfois, cependant, les caractéristiques communes à certaines d’entre elles permettent d’avancer un rapprochement et de donner un titre à leur auteur : ici, celui de «Maître de la coiffure en cascade» a été choisi en raison d’une coiffure à doubles chignons agencés de la sorte, observée sur un ensemble d’appuie-têtes, dont Charles Ratton posséda plusieurs exemplaires. La grande majorité des œuvres d’art africaines et océaniennes dispersées ce jeudi 15 décembre provenaient de Charles Ratton. Parmi elles, la statue fang du Gabon, adjugée 712 799 € (reproduite page de droite), l’appuie-nuque sepik de Papouasie-Nouvelle-Guinée, représentant des personnages « en ronde »  – une rareté – et posé à 154 799, et le pendentif maori hei-tiki de Nouvelle-Zélande (reproduit page 44), décroché à 204 399 €… En revanche, le reliquaire kota du Gabon, en bois, cauris, cuivre et laiton, appartenait aux sept objets qui lui restaient d’Aristide Courtois. Remarquable avec sa patine du temps, il ouvrait grand les yeux pour accueillir le prix de 191 999 €.
Jeudi 15 décembre, salle 9 - Drouot-Richelieu.
Millon OVV, Christie’s France OVV. MM. Vanuxem, Lebeurrier.
Camille Dolard (1810-après 1884), Autoportrait en fumeur de narguilé dans un décor oriental, 1845, daguerréotype pleine plaque,
16,5 x 21,3 cm (à vue).
Adjugé : 196 004 €
Gérard Lévy… Quel oeil !
Les deux journées de vente des 15 et 20 décembre ont consacré l’œil et le talent de découvreur de Gérard Lévy, totalisant un produit global de 2,8 M€. Les arts d’Asie avaient ouvert les marches vers le succès, les photographies leur succédaient. Le prix le plus élevé, 196 004 €, couronnait l’Autoportrait en fumeur de narguilé dans un décor oriental de Camille Dolard. Ce daguerréotype offrait à son auteur un record du monde. Il s’agissait en effet d’une œuvre orientaliste d’une grande rareté : l’un des trois autoportraits du «peintre photographe», comme il aimait à se présenter, réalisés vers 1845, les deux autres le montrant l’un en malade imaginaire, l’autre en artiste peintre. L’album Voyage en Orient… de Louis de Clercq (1836-1901), recueilli entre 1859 et 1860, autre pièce de choix, se feuilletait à 41 264 €, et celui de cinquante-deux photographies d’Ermé Désiré (actif vers 1865-1885), intitulé Souvenirs du Caire et produit vers 1865, moyennant 51 580 €. Le XIXe siècle avait décidément toutes les faveurs des amateurs, qui délaissaient les importants tirages surréalistes de Dora Maar et Man Ray – non vendus, à l’exception du portrait de Bronia Perlmutter (17 x 23 cm) du second (épouse du cinéaste René Clair), un tirage argentique de 1924, adjugé 25 790 € – pour se consacrer à d’autres des passions du collectionneur : ses «primitifs», qu’il chérissait tant, et notamment ce cliché sur papier salé découpé en tondo de Félix Nadar (1820-1910), représentant Paul Nadar dans les bras de Madame Auguste Lefranc vers 1858-1859, une pièce d’une grande tendresse, portée à 92 844 €. L’amusant daguerréotype attribué à Louis-Auguste Bisson (1814-1876), Race limousine, Nîmes (11 x 15 cm), vers 1850, se tenait fièrement sur ses quatre pattes solides à 25 790 €. Parmi les nombreux thèmes qui l’intéressaient, les nus. Une Étude d’homme nu dans un atelier de peintre (22,2 x 14 cm), une photographie sur papier albuminé vers 1856-1860, pourtant par un auteur n’ayant pu être identifié, surprenait en enlevant 33 527 €. Une nouvelle preuve de la qualité des œuvres réunies par Gérard Lévy, et un ultime hommage dans cette vente.
Mardi 20 décembre, salle 1 - Drouot-Richelieu.
Millon OVV et Baron-Ribeyre & Associés OVV. M. Goeury.
Attribué à Gil de Siloé (1440-vers 1501), Castille, vers 1500. Sainte Cécile en albâtre sculpté en ronde bosse, h. 49 cm.
Adjugé : 2 875 000 €
Une musique divine
Sainte Cécile était attendue comme le plus bel atour de cette vente. Espoirs confirmés et même au-delà puisqu’elle obtenait le deuxième plus haut résultat de l’année à Drouot, jouant de son orgue portatif jusqu’à 2 875 000 €. La sainte patronne des musiciens, mais aussi des luthiers, des chanteurs et des poètes, réputée posséder tous les dons de beauté et d’innocence dont une jeune fille pouvait rêver, est devenue un petit prodige sous le probable ciseau du sculpteur Gil de Siloé (1440-vers 1501) et traverse l’Atlantique pour rejoindre une collection privée américaine. Une immense douceur émane de ce visage empreint de sérénité et une grande générosité s’empare de son vêtement, exprimé en larges plis. L’œuvre de Gil de Siloé, artiste d’origine flamande installé en Castille au service des rois espagnols et représentant du gothique tardif, est à ce jour peu connue. On lui doit le tombeau de la chartreuse Santa María de Millaflores, près de Burgos, une pièce maîtresse réalisée pour les parents de la reine Isabelle de Castille, Jean II de Castille – le fondateur de l’abbaye – et son épouse, Isabelle de Portugal. Ce chef-d’œuvre le place au premier rang des sculpteurs actifs dans le royaume après la Reconquista, époque où il fallait travailler à asseoir le prestige des rois catholiques. Parmi les nombreuses sculptures de ce tombeau monumental et flamboyant, on peut remarquer un prophète assis au rendu très proche de notre Sainte Cécile, notamment dans les plis profonds, anguleux et cassés, dans la posture générale ainsi que dans le siège architecturé servant d’assise. Deux numéros plus tôt, une plaque en pierre calcaire sculptée en Bourgogne au XIIe siècle se posait à 31 250 €. Son décor, présentant une scène de vendange parmi différents épisodes de la vie de Noé, rappelait que la région, connaissant le travail de la vigne depuis l’époque romaine, s’y adonnait avec une grande régularité au Moyen Âge. Avec l’essor de la chrétienté, les moines professionnalisent et codifient son exploitation. Le vin de Bourgogne devient un atout politique et économique majeur, et un cadeau de choix des puissants ducs de Bourgogne à tous leurs alliés à travers l’Europe.
Lundi 12 décembre, salle 2 - Drouot-Richelieu.
Daguerre OVV. Mme Fligny.
Probablement Maroc, milieu ou fin du Xe siècle de l’Hégire (XVIe siècle). Astrolabe en laiton, diam. 19,6 cm.
Adjugé : 75 000 €
Un astrolabe marocain
Alors que l’Europe adoptait la Renaissance dans le monde des arts, le monde arabe s’épanouissait dans celui des sciences. L’instrument, dont le nom vient du grec astrolabos, «qui sert à prendre la hauteur des astres», n’a pas perdu le nord ! Il a tracé sa route jusqu’à 75 000 €, ajoutant son petit caillou au petit groupe répertorié d’instruments incorporant une boussole fabriqués au Maghreb au milieu du XVIe siècle. L’un de ses éléments indispensables est l’araignée. Elle marque la position de vingt-trois étoiles – treize à l’intérieur de l’écliptique et onze à l’extérieur –, dont elle indique les noms par des index légèrement courbés ou en forme de crochet. Ce sont les quatre « mudir », des petites caboches, qui lui permettent de tourner dans le sens inverse des aiguilles d’une montre. Les Grecs ont inventé cet outil de mesure du ciel et de la Terre au IIe siècle av. J.-C., mais ce sont bien les Arabes qui répandent son utilisation à partir du VIIIe siècle, le premier astrolabe arabe étant construit en Perse par Muhammad al-Fazari (mort en 796 ou 806). Il s’agissait en quelque sorte de mettre à plat une sphère armillaire et ainsi, d’obtenir une projection orthogonale de l’univers. Mission accomplie, avec précision et panache.
Mercredi 21 décembre, salle 6 - Drouot-Richelieu.
Chayette & Cheval OVV. M. Turner.
François Boucher (1703-1770), Étude de nu, esquisse pour «Sylvie délivrée par Aminte», vers 1755, crayon noir et rehauts de craie blanche, 27 x 40,5 cm.
Adjugé : 20 000 €
Charmante libération
L’histoire est belle, nous contant les aventures de Sylvie et d’Aminte. C’est le grand poète italien Torquato Tasso, dit le Tasse (1544-1595), qui l’a narrée en 1573 dans un drame pastoral en cinq actes et en vers, et l’a fait jouer à la cour de Florence. Aminta décrit les aventures extraordinairement complexes de deux héros amoureux : le premier est Aminte, un berger, et la seconde, Sylvie, une chaste nymphe de Diane. Autour d’eux, une cohorte de nymphes, de bergers et de satyres anime de leurs péripéties cette histoire, qui se termine par un «happy end» et aura un succès important lors de sa parution comme dans les siècles à venir. Les artistes vont à leur tour s’emparer du thème. On le voit sur une tenture de huit tapisseries tissées dans l’un des ateliers parisiens du XVIIe siècle, probablement selon des cartons du peintre tourangeau Claude Vignon (1593-1670), installées dans le salon des Muses et le salon d’Hercule de Vaux-le-Vicomte. François Boucher (1703-1770) s’y intéresse dans les années 1750 et livre une série de quatre peintures les relatant, probablement pour Madame de Pompadour. Il y est question de Sylvie guérissant Philis de la piqûre d’une abeille (1755), de Sylvie délivrée par Aminte (1755 également), de Sylvie fuyant le loup qu’elle a blessé (1756) et d’Aminte revenant à la vie dans les bras de Sylvie (1756). Ce dessin au crayon noir avec rehauts de craie blanche, ici reconnu à 20 000 €, était une étude préparatoire au deuxième tableau. La nymphe y apparaît dans la fraîcheur de sa grâce juvénile.
L’ensemble décorait le château de Crécy, l’une des demeures de la favorite, qui sera acquis par le duc de Penthièvre en 1757. Deux toiles seront transportées à son hôtel de Toulouse (siège de l’actuelle Banque de France) et les deux autres, au château de Chanteloup, où elles seront saisies en 1794 et affectées au musée de Tours, qui les expose aujourd’hui. Cette série, à la composition pleine d’invention, appartient aux meilleures pastorales de Boucher.
Mercredi 21 décembre, salle 5 - Drouot-Richelieu.
Eve OVV. MM. de Bayser.
 
Lé Phô (1907-2001), Le Peigne blanc, encre et couleurs sur soie, 33,5 x 24 cm.
Adjugé : 229 500 €
Un lien entre art ancien et art moderne
La saison des ventes d’art moderne se concluait sur un résultat de 1 306 643 € pour la maison Aguttes et voyait de beaux résultats couronner des œuvres de Chu Teh-chun, Wang Yigang, Foujita, Mai Trung Thu, Vu Cao Dam, Sanyu et Lé Phô (1907-2001). Ce dernier, apôtre de la peinture vietnamienne en France, voyait son Peigne blanc se fixer à 229 500 € dans la chevelure noir de jais d’une jolie jeune fille. La figure féminine est récurrente dans son œuvre. Celle-ci s’en démarquait néanmoins par son ancrage et dans la tradition picturale occidentale, et dans la modernité de son modèle. Il émane de cette soie un primitivisme issu de son observation des grands peintres de la première Renaissance florentine : ceux du Quattrocento Pisanello, Domenico Ghirlandaio, Sandro Botticelli… On le retrouve dans la représentation de profil de la jeune fille, placée devant une frondaison, qui rappelle le Portrait d’une princesse d’Este de Pisanello, peint vers 1440 et conservé au musée du Louvre. Néanmoins, l’artiste ne recourt à aucun des artifices précieux de ces grands maîtres du passé… La robe est d’une grande simplicité, relevée par le rouge du manteau. Pas de chignon savamment composé : la chevelure noire est libre, à peine coiffée, un petit peigne blanc apportant la note de lumière et focalisant le regard à lui seul. «Le peigne est un grand seigneur», écrivait le poète Germain Nouveau en 1885. Une certaine modernité se dégage également de ce portrait. Lé Phô, peintre de synthèse entre la tradition asiatique et l’expression d’Occident, offrait ici une œuvre qui faisait le lien entre les arts anciens et modernes, et ouvrait à l’intemporalité. Les artistes français n’étaient pas absents de cette vacation et récoltaient eux aussi quelques prix intéressants. Si le Soleil levant d’Henri Lebasque (1865-1937) reproduit dans la Gazette n° 43 page 65 ne rayonnait pas, 40 800 € étaient déposés sur un Pont sur la rivière de Gustave Loiseau (1865-1935), 38 250 € sur L’Assiette de fruits d’André Derain (1880-1954) et 35 700 € sur un Paysage, de Maurice de Vlaminck (1876-1958). Ils étaient emmenés par les 150 450 € d’une toile de Leonor Fini (1907-1996) au sujet énigmatique, L’Enlèvement, de 1976 (120 x 120 cm). L’image de la femme, au cœur de l’œuvre de cette artiste, y était une nouvelle fois à l’honneur, lucide et tentatrice à la fois.
Vendredi 16 décembre, salle 4 - Drouot-Richelieu.
Aguttes OVV.
Rembrandt Bugatti (1884-1916), Puma mâle, bronze à patine brune, vers 1911, cachet cire perdue de A. Hébrard,
numéroté «6», h. 28 cm, l. 60 cm.
Adjugé : 388 120 €
Bel allant
Était-ce pour humer les fleurs fraîches du délicat bouquet peint sur soie à l’encre, aquarelle et gouache par Mai-Thu (1906-1980), ici cueilli à 56 340 €, que ce puma mâle de Rembrandt Bugatti (1884-1916) avançait ? Son pas ferme s’arrêtait à 388 120 €, stoppé par un collectionneur attentif. Le modèle est bien connu. Il appartient à la belle série des fauves du sculpteur – tigres, panthères, lions et lionnes, léopards … – et compte parmi les plus recherchés. En 1904, Bugatti avait dessiné une panthère marchant, très proche par l’attitude. Mais en quelques années, le ciseau de l’artiste a gagné en pureté et en synthétisme. L’animal n’a plus rien d’expressionniste : ses formes sont presque géométriques et l’impression de puissance n’en est que renforcée. Le sculpteur et son fondeur, Adrien Hébrard, forment une paire inséparable. Hébrard, en entrepreneur avisé, comprend tout le potentiel de ce jeune homme passionné et dès 1904, lui organise des expositions commerciales, dans sa galerie de la rue Royale. Précis, il met au point un système de numérotation des bronzes, pratique exceptionnelle pour l’époque – et rassurante pour les acheteurs d’aujourd’hui –,
à l’image de ce puma, portant le numéro 6. Le succès vient rapidement, et en 1907, Bugatti est invité à résider à Anvers par la Société royale de zoologie. Le zoo flamand est alors l’un des plus beaux, mettant en scène des habitats exotiques, à l’unisson des pensionnaires. Il y est heureux et obtient même l’autorisation de nourrir et de soigner les bêtes. Son bestiaire s’enrichit d’espèces que nul autre avant lui n’avait encore représentées, notamment parmi les règnes des volatiles et des serpents, mais aussi des créatures en voie de disparition, tels le bison d’Amérique et le rhinocéros indien. Les années 1909-1911 correspondent à une sorte d’ivresse créative, à l’issue de laquelle Hébrard présente une collection de cent sculptures. La consécration avant la souffrance, due à l’éloignement familial, à la solitude, au manque d’argent et enfin, au désastre de la Grande Guerre. Une trajectoire foudroyante, saluée de manière posthume. Quelques lots plus tard, dans la même vente, c’était au tour d’une sanguine, lavis, plume et encre brune de Pier Francesco Mola (1612-1666) d’être saluée à 40 064 €. Son sujet ? Joseph salué par ses frères…
Vendredi 16 décembre, salle 5-6 - Drouot-Richelieu.
Jean-Marc Delvaux OVV. MM. Auguier, de Bayser, Kunicki, Lepic.


 
Jan Fabre (né en 1958), Beekeeper II, 1998-1999, sculpture composée de scarabées et coléoptères collés sur fil de fer, 200 x 84 x 81 cm.
Adjugé : 419 510 €
Le Scarabée d’or de Jan Fabre
Image de vie ou de mort ? Jan Fabre, artiste né en 1958 à Anvers, où il vit et travaille, ne répond pas à la question avec cette sculpture intitulée Beekeeper II, conçue dans les années 1998-1999. Portée ici à 419 510 €, elle recueille un record du monde (source : Artnet). Fabre choque, mais persiste et signe ! Il est bien l’un des artistes contemporains les plus innovants et les plus dérangeants de sa génération. Lorsqu’il n’accumule pas des scarabées, créature à laquelle il s’identifie depuis la fin des années 1970, il expose des chiens empaillés suspendus à des crocs de boucher – installation en cours au musée de l’Ermitage, à Saint-Pétersbourg, qui a déclenché la polémique dans tout le pays. Ses allégories du triomphe de l’art sur la mort ne passent pas toujours… Influencé par le travail de l’entomologiste Jean-Henri Fabre  (1823-1915), il crée un univers totalement personnel et n’étant régi que par ses propres règles, employant une grande diversité de matériaux. Ainsi que l’explique la page d’accueil de son site, «la métamorphose constitue l’un des concepts clés de son mode de pensée, où le monde animal est constamment en interaction avec le genre humain.» Acteur depuis plus de trente-cinq ans de la scène artistique internationale, il est suivi par un public convaincu. Les créations de François-Xavier Lalanne (1927-2008) sont bien plus consensuelles. Sa Fontaine aux oiseaux de 1985 en pierre et bronze (65 x 54 x 58 cm), numérotée «HC 1/4» sur chaque volatile, sifflait à 120 470 € et apportait un peu de fraîcheur. Elle appartient aux œuvres emblématiques de l’artiste, au même titre que ses moutons. Autre pièce iconique : Ladies and Gentlemen, un acrylique et sérigraphie sur papier toilé marouflé sur toile d’Andy Warhol (1928-1987). Exécutée en 1975, cette production unique par sa taille (82 x 64 cm) s’accrochait à 101 780 €. Ces trois œuvres constituent le tiercé gagnant d’une soirée dédiée à l’art moderne et contemporain, qui totalisait 1 267 358 € de produit vendu. Elle avait commencé sur une Scène de cabaret à l’aquarelle de George Grosz (1883-1959), qui menait la danse à 86 828 €.
Jeudi 15 décembre, Atelier Richelieu.
Pierre Bergé & Associés OVV.
Charles Cressent (1685-1768), époque Régence, commode à portes de forme galbée en placage de satiné et d’amarante, ornementation de bronzes ciselés et redorés, 91,5 x 148 x 66 cm.
Adjugé : 151 620 €
Satiné et amarante
Cette commode de Charles Cressent (1685-1768) exposait ses courbes généreuses et sa riche ornementation de bronzes ciselés et redorés à 151 620 €. Le mariage de l’amarante et du satiné était réussi ! L’ébéniste employait souvent ces deux bois pour ses placages, le premier, plus foncé, mettant en valeur les bronzes sur lesquels ils se détachent. Reçu maître en 1714, Charles Cressent est un artiste clé, grand nom de l’époque Régence : c’est lui qui ouvre véritablement le XVIIIe siècle sur la modernité baroque en proposant des formes tout en galbes. Après avoir reçu une formation de sculpteur, il reprend l’atelier de l’ébéniste Joseph Poitou – et épouse sa veuve – en 1719. Parmi ses plus prestigieux clients, on retrouve le duc d’Orléans, l’électeur Charles-Albert de Bavière, le roi du Portugal Jean V, le duc de Richelieu, ainsi que de grands noms tels ceux du financier Antoine Crozat et des aristocrates et collectionneurs d’art Augustin Blondel de Gagny et Joseph Bonnier de la Mosson. Talentueux en ébénisterie, Cressent l’est aussi dans celui du bronze d’ameublement, qu’il réalise lui-même, ce qui confère une grande homogénéité à ses meubles et lui vaudra de se confronter à plusieurs reprises, au cours de sa carrière, avec la corporation des fondeurs-ciseleurs.
Mercredi 14 décembre, salle 5-6 - Drouot-Richelieu.
Pierre Bergé & Associés OVV. Mme de La Chevardière.
M’hamed Issiakhem (1928-1985), Maternité, vers 1969-1970, huile sur toile, 150 x 100 cm.
Adjugé : 175 000 €
Modernité(s)
Succès pour la vente d’art moderne et contemporain de la maison Ader, avec un produit total vendu de 1 439 950 €. Deux artistes que portant rien ne rejoint y brillaient tout particulièrement, Hans Hartung avec T1961-40, un acrylique sur toile de 1961, et l’Algérien M’hamed Issiakhem (1928-1985). La Maternité du second, peinte vers 1969-1970, se nimbait de 175 000 €. Un prix qui lui fait gravir la première marche du podium (source : Artnet), le précédent record de 51 250 € étant déjà détenu par la même maison, le 4 décembre 2015, pour une huile sur toile de l’artiste, Femme algérienne (79 x 64 cm). Si Hartung n’est plus à présenter, M’hamed Issiakhem mérite que l’on se penche sur son parcours. Pour parler de son travail, le Huffington Post titrait, le 30 novembre 2015, dans un article publié à l’occasion du 30e anniversaire de sa disparition : «Un génie forgé dans la douleur». La douleur, il l’a vécue dans sa chair, lorsque à 16 ans, à la suite de la manipulation d’une grenade trouvée près d’un camp militaire français, il dut être amputé du bras gauche. Elle ne le quittera plus, et il mènera sa carrière sous le sceau de cette tragédie. Après avoir suivi des cours à l’École des beaux-arts d’Alger, il vient à Paris, quitte la France pour l’Allemagne, puis rentre dans son pays en 1962, pour œuvrer à la création d’une identité nationale picturale. Il est l’un des premiers à avoir donné à la peinture algérienne ses lettres de noblesse, et cela même avant l’indépendance, fondant l’UNAP (Union nationale des arts plastiques). Au cours de sa période de formation, Issiakhem rencontre Kateb Yacine (1929-1989), futur grand poète. Les deux amis forgent des liens des plus solides, l’artiste illustrant quelques-unes des œuvres écrites, au cœur de l’histoire et de ses convulsions, par celui qui se déclarait «ni musulman ni Arabe, mais Algérien». Tous deux mettent le doigt sur les plaies. Les toiles peintes dans les années 1950 sont un véritable hymne à la Révolution algérienne. Elles évolueront ensuite au travers de figures féminines expressionnistes, mais sans aller jusqu’à l’abstraction pure, marquées par la peinture de Soutine, tourmentées et émouvantes.
Vendredi 9 décembre, salles 5-6 - Drouot-Richelieu.
Ader OVV.
Andrea del Sarto (1486-1530), recto : Étude de tête d’homme, pierre noire et sanguine ; verso : Étude d’œil, sanguine, 23 x 18 cm. Annoté au verso à la plume «n° 381» et au crayon «Andrea del Sarto».
Adjugé : 3 936 000 €
Un triomphe et un record pour Andrea del Sarto
C’est à Pau, dans ce Sud-Ouest décidément fertile en très belles découvertes (rappelons-nous de la fameuse toile, peut-être de la main du Caravage retrouvée dans la région de Toulouse), que se déroulait une vacation tout à fait exceptionnelle. Une bataille rangée entre collectionneurs et professionnels s’y engageait le samedi 17 décembre, rythmée par le marteau de Gestas & Carrère OVV, autour d’une Étude de tête d’homme dont l’auteur n’était autre que le maître Andrea del Sarto. Une œuvre qui s’envolait à 3 936 000 €, pulvérisant son estimation initiale en la multipliant par huit. Exhumé récemment d’une collection régionale par Patrice Carrère, ce dessin à la pierre noire et sanguine, très probablement un autoportrait de l’artiste, était bel et bien répertorié, mais avait disparu depuis la vente de la collection Goll Van Franckestein (dont il porte toujours au verso le numéro d’inventaire), le 1er juillet… 1833. Notre œuvre est en fait une étude qu’Andrea del Sarto a utilisée dans trois compositions autour de 1520 : le retable de l’Assunta Panciatichi, et l’Assunta Passerini, toutes deux aujourd’hui à la galerie Palatine du palais Pitti à Florence, ainsi que la Sainte Famille Borgherini, au Metropolitan Museum de New York. Les feuilles autographes de la main du maître florentin sont d’une infinie rareté, car on en dénombre de nos jours moins de deux cents, dont seulement une demi-douzaine sont encore entre des mains privées. Il est donc peu étonnant, comme le souligne l’expert de la vente Louis de Bayser, que le résultat palois « constitue la plus importante enchère mondiale pour un dessin ancien depuis le 5 décembre 2012, date à laquelle une Tête de jeune apôtre par Raphaël avait fusé à 29 721 250  £ chez Sotheby’s à Londres. On peut aussi ajouter qu’il s’agit d’un record absolu pour la France dans cette catégorie, la dernière pièce de ce niveau ayant été la Figure couronnée de lauriers, dessin attribué à Lorenzo di Credi et vendu 13 500 000 F (2,5 M€ en valeur réactualisée) le 23 mars 2001 par Piasa à l’Hôtel Drouot. » À l’évidence, un marché infiniment restreint ! Dans tous les cas, l’œuvre d’Andrea del Sarto quitte l’Hexagone pour rejoindre une collection privée aux États-Unis.
Pau, samedi 17 décembre.
Gestas & Carrère OVV. Cabinet de Bayser.
Henri Lebasque (1865-1937), Deux jeunes filles au jardin, vers 1915, huile sur toile, 58 x 75 cm.
Adjugé : 69 025 €
Grands crus, bijoux et peintures au Martinez
Une fois de plus, le succès était au rendez-vous pour les traditionnelles ventes de fin d’année organisées par Besch Cannes Auction OVV à l’Hôtel Martinez. La première, menée autour des plus grands crus les mercredi 28 et jeudi 29 décembre, établissait un total de ventes supérieur à 2 300 000 € avec la dispersion d’impressionnantes caves de restaurants étoilés Michelin, épaulées par quelques réserves privées de haut vol. Bordeaux, dont tous les premiers crus classés étaient avancés, s’illustrait en particulier avec du petrus en caisses de bois d’origine, ou en magnums déclinés sur de multiples millésimes. On notait surtout ces 24 bouteilles de 2000 vendues 87 430€, ces 18 autres, de 2005, débouchées pour 53 750 € ou encore ces 30 unités de 2007 enlevées à 57 030 €. Du côté de la Bourgogne, le domaine de la Romanée Conti était bien représenté avec, entre autres, trois bouteilles du cru éponyme de 1935, vendues 54 720 €, des assortiments des millésimes 2001, comme 15 flacons échappés à 30 035 €. Mais place à la peinture, avec la vente du vendredi 30 décembre, et tout particulièrement à celle des XXe et XXIe siècles. Maurice Utrillo remportait la première place avec la toile intitulée Rue du Mont-Cenis à Montmartre, provenant d’une importante collection cannoise, une vue très parisienne prisée à 75 300 €. C’est sans aucun doute le Sud qui inspirait les auteurs des deux tableaux suivants : Deux jeunes filles au jardin peinte par Henri Lebasque vers 1915, décrochée à 69 025 €, et, plus «fauve», Le Clocher de Ramatuelle, une huile sur toile signée par Charles Camoin, et adjugée 36 400 €. Loin de là, la Creuse bucolique inspirait Armand Guillaumin et son Barrage de Genetin, Crozant, fixé vers 1906, qu’un amateur enlevait à 52 710 €. Le samedi 31 décembre voyait, en toute logique, le triomphe de quelques beaux bijoux impatients de briller de mille feux pour cette soirée particulière, comme le solitaire en or blanc serti au centre d’un diamant poire pesant 4,59 ct, épaulé par deux diamants taper, enlevé à 60 240 €. Autre solitaire de prestige, ce modèle de taille brillant moderne pesant environ 4,30 ct, serti sur une bague «godronnée» en or jaune, passé au doigt contre 38 905 €. Plusieurs montres se préparaient également à la fête, telle cette création de la maison Audemars Piguet, une Royal Oak Dual Time, à cadran à fond de motif de grande tapisserie noire, fabriquée vers 2008, empochée à 13 300 €.
Cannes, vendredi 30 décembre.
Besch Cannes Auction.
Wolfgang Heimbach (vers 1605/1613-1678), Lavandières à Christiania (Copenhague), huile sur toile, 67,5 x 87,5 cm.
Adjugé : 75 020 €
Les lavandières de Christiania
Fort attendue en ce premier dimanche de l’année, l’œuvre de Wolfgang Heimbach, mise à l’honneur sur la couverture de la Gazette n° 44, réalisait pleinement son estimation, en décrochant 75 020 €. C’est la maison Roquigny OVV, de Saint-Valery-en-Caux, qui présentait ces Lavandières à Christiania (Copenhague), un paysage des plus animés, car peuplé de robustes villageoises aux jupes retroussées, en plein lessivage annuel. Son auteur serait né à Oldenburg en Basse-Saxe, entre 1605 et 1613. S’il commence à peindre dans son Allemagne natale, il s’installe très vite aux Pays-Bas de 1630 à 1640, pour intégrer l’atelier de Frans Hals. Puis c’est l’Italie, où il séjourne plus de dix ans, de Florence à Rome, découvrant l’art du Caravage et obtenant des commandes de la famille Doria-Pamphilj. Ce qui l’influence d’ailleurs durablement dans sa manière de peindre les éclairages artificiels, et fait de lui un véritable peintre baroque. Auréolé de sa renommée, il rejoint les terres du Nord où, entre 1653 et 1662, il se met au service du roi du Danemark Frédéric  III, et devient peintre de la cour de Christiania. Puis, appelé par le prince-évêque de Münster, il regagne enfin sa patrie toute proche. Mais durant son séjour danois, il aura eu le temps de fixer bien des vues de la capitale, qui demeurent comme autant d’irremplaçables documents topographiques de cette époque. Ainsi, notre scène est prise depuis le faubourg de Christianshavn, célèbre pour ses canaux et habité par des Hollandais à cette époque. Lors de cette vacation, d’autres peintures créaient la surprise telle cette suite de quatre grands tableaux anonymes d’époque XVIIIe siècle, représentant les Saisons et adjugées 41 140 € à un collectionneur particulier. Ou encore, last but not least, un dessin de Jean-Auguste-Dominique Ingres, Vierge à l’Enfant, bataillé jusqu’à 18 150 €.
Saint-Valery-en Caux, dimanche 1er janvier.
Roquigny OVV. Cabinet Turquin.
Chine, XVIIIe siècle. Paire de boîtes couvertes en jade céladon légèrement veiné de rouille,
en forme de canards, au cou allongé et recourbé, 8,2 x 11 cm.
Adjugé : 368 000 €
De la Chine au Mexique, trésors d’ailleurs
Ce mois-ci, Toulouse se parait de toutes les couleurs, pour certaines fort exotiques, grâce aux cinq journées de vacations organisées par la maison Marambat- de Malafosse OVV. Nous retiendrons surtout trois dates, à commencer par le mardi 13 décembre où étincelaient les gemmes rares, dont ce diamant de 4,13 ct ornant un solitaire en or gris et platine, de taille brillant, de couleur G, pour un poids brut de 3,7 g enlevé à 60 000 €. Ou encore cette bague au diamant de taille brillant de 4,79 ct, de couleur F, avec entourage de diamants sur monture platine, d’un poids brut de 10 g, arborée contre 56 000 €. Le jeudi 14 décembre, c’était un bel ensemble mobilier accompagné de tableaux anciens et modernes qui était dispersé. On y notait surtout la présence d’un superbe cabinet en écaille et ivoire, un parfait exemple du style indo-portugais de la fin du XVIIe siècle ou du début du XVIIIe, qu’un amateur s’appropriait  à 26 900 €. De ce dernier siècle, provenait également un reliquaire représentant un retable de forme architecturée, contenant des paperolles polychromes et dorées, dans un cadre en bois sculpté et doré à décor de guirlandes fleuries, adjugé à 5 100 €. Mais les deux autres vedettes de la vente, étaient à chercher du côté des peintures : fixée sur cuivre, une Vierge de la Guadalupe attribuée au peintre mexicain José de Páez, attirait 23 000 € ; tandis que Georges Artemoff nous léguait ce Berger d’Arcadie, une huile sur panneau stabilisée à 20 750 €. Cependant, le plus précieux restait à venir avec la vente du dimanche 18 décembre, dévolue aux arts d’Asie : on y consacrait à 368 000 € une paire de boîtes en jade veiné de rouille, en forme de canards, au cou allongé et recourbé, ciselées en Chine au XVIIIe siècle. De la même époque, voire du XVIIe siècle, suivait un disque Bi en jade à décor sculpté qui impressionnait un collectionneur à hauteur de 38 000 €. Enfin, un grand écran en bois de rose (haut de 1,94 m) et incrustations de nacre à décor d’immortels, orné d’un lin brodé, et datant de la période Guanxu, retenait sans peine 24 000 €.
Dimanche 18 décembre, Toulouse.
Marambat - de Malafosse OVV. M. Ansas.

http://www.gazette-drouot.com/static/resultat_vente_encheres/liste.html http://catalogue.gazette-drouot.com/ref/ventes-aux-encheres.jsp