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150 413 € frais compris.
Paul Durand-Coupel de Saint-Front dit Marin-Marie (1901-1987), Le Quatre-Mâts Avenir en Polynésie, gouache, 80 x 167 cm. Record mondial pour une gouache de l’artiste.
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| Le fantôme de l’Avenir |
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Nous avions laissé Marin-Marie le 29 octobre dernier à Cancale avec un record mondial à 215 000 € marqué par une toile vendue par la même maison de ventes, figurant l’une des fameuses caravanes de la cité bretonne, soit le dragage des huîtres par une myriade de voiliers. Nous le retrouvons cette fois-ci sous des cieux plus cléments, en Polynésie, représentant dans un format inhabituel et unique un fier quatre-mâts barque. Les 125 000 € décrochés constituent un record mondial pour une gouache de l’artiste. Marin-Marie sillonne en 1969 la Polynésie à bord de La Vaitère, avant de jeter l’ancre à Bora Bora chez son fils, Yves de Saint-Front. Peu de chances que l’artiste ait saisi notre voilier sur le motif, l’Avenir ayant à cette date disparu corps et bien depuis belle lurette. Ce navire école belge à coque métallique long de 104 mètres hors tout, lancé en 1908 à Brême, a effectué une paisible carrière sous son pavillon d’origine jusqu’en 1932, année où il est vendu à un armateur finlandais, Gustav Erickson Marieham, qui conserve à son acquisition son nom d’origine. Il relie l’Europe à l’Australie durant cinq ans, transportant du blé et des passagers avec fidélité. Le 6 août 1937, il est cédé à la Hamburg Amerika Line. Rebaptisé Admiral Karpfanger, il retrouve sa vocation de navire-école tout en transportant des marchandises, hélas pour une courte période. Il aura juste le temps de rallier dans sa nouvelle affectation l’Australie. Il disparaît inexplicablement lors de son voyage de retour, avec 62 hommes à bord, dont 40 cadets. Ce navire en parfait état n’a lancé aucune alerte. Son dernier message, émis le 12 mars 1938, se contentait de donner des informations sur la vie à bord. Seuls quelques restes ont été découverts durant la Seconde Guerre mondiale sur l’île Navarin, près du cap Horn. L’hypothèse la plus généralement retenue est qu’il se soit fracassé contre un iceberg en pleine nuit. C’est donc un beau et mystérieux fantôme que Marin-Marie a immortalisé sous le soleil des tropiques.
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Dimanche 27 avril, 39 rue Molitor.
Deburaux & Associés SVV. M. Petitcollot.
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58 243 € frais compris.
Vanuatu, masque narut, bois à pigments bleu-noir, rouge et blanc, h. 40 cm. |
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| Narut vanuatuan |
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Rareté, force expressive, pedigree ancien : ce masque cumulait les avantages pour établir beau score. C’était chose faite à 47 000 €, une estimation doublée. Il pourrait être originaire de l’île de Vao, au nord-est de Malekula, dans l’archipel de Vanuatu. De type narut, il servirait pour des rituels liés au statut social. Fort peu d’exemplaires ont été publiés à ce jour. Deux sont répertoriés en Suisse, un au musée de Bâle - il conserve l’ensemble des Vanuatu le plus homogène d’Europe, rassemblé sur place entre 1910 et 1912 par un seul collectionneur, Félix Speiser - l’autre au musée d’Ethnographie de Genève, un troisième appartenant aux collections du musée d’Adélaïde. Notre exemplaire est ancien. Il figurait en effet à la fin du XIXe siècle dans la collection du docteur Bertholon, dans la famille duquel il est resté jusqu’à aujourd’hui. Son ancienneté est également attestée par la patine visible au dos de l’objet, preuve qu’au moment de sa collecte il avait déjà été longtemps utilisé. L’archipel des Vanuatu - "le pays qui se tient debout" -, appelé avant son indépendance les Nouvelles-Hébrides, offre une grande diversité d’expressions artistiques. Celle-ci reflète les identités de cet ensemble de 80 îles et îlots, où l’on dénombre entre 100 et 120 parlers traditionnels.
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Vendredi 25 avril, salle 2 - Drouot-Richelieu.
Claude Aguttes SVV. Mme Daffos, M. Estournel.
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| 158 400 € frais compris. Attribué à Nicolas Jarry (vers 1620 - vers 1674), recueil de trente emblèmes, manuscrit calligraphié avec dessins au lavis d’encre de chine rehaussé d’or, vers 1660, in-4o, reliure en maroquin rouge à large dentelle aux petits fers, vers 1760. |
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| Par Nicolas Jarry |
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À 132 000 €, ce recueil comprenant trente emblèmes attribués à Nicolas Jarry dépassait son estimation. Outre ses qualités artistiques, il affiche un joli pedigree puisqu’il a appartenu aux XVIIIe siècle à la bibliothèque du duc de Lavallière et dans les années 1810 à celle du prince Galitzine. Il réapparaît à la vente Hamilton en 1889, et passe ensuite de la librairie Morgand à la collection de l’armateur collectionneur Adolphe Bordes. La luxueuse reliure vers 1760, attribuable à Derome, montre que l’ouvrage a toujours été particulièrement considéré. Le catalogue de la bibliothèque du duc de Lavallière a été rédigé par Guillaume de Bure, considéré comme le libraire le plus connaisseur de son siècle. Il le classe parmi les trois chefs-d’oeuvre de Nicolas Jarry qu’il avait alors sous les yeux, les deux autres n’étant rien moins que le célèbre manuscrit de la Guirlande de Julie (1641) conservé à la Bibliothèque nationale et les Heures de François de Beauvilliers (1647) appartenant maintenant à la bibliothèque du duc d’Aumale, à Chantilly. Les trente emblèmes moraux illustrés sont introduits par la création du monde ; suivent la résignation, la religion, l’hypocrisie...
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Mardi 29 avril, salle Rossini.
Alde SVV. M. Courvoisier.
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| 181 650 € frais compris. Bernhard von Breydenbach (vers 1440-1497), Peregrationes in Terra Sanctam Moguntina, ipressum per Erhardum Reüwich, 1486, in-folio, reliure en veau brun du XIXe siècle, emboîtage de Devauchelle. |
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| Collection Lazard, un voyage en Palestine |
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La collection de Paola et Bertrand Lazard comprenant principalement des livres sur l’Orient et la Terre sainte totalisait 1 134 895 € frais compris. Le fruit de quarante années de collecte était ici proposé, les Lazard s’étant passionnés pour la Palestine en 1968. "Notre mobile a été de mieux connaître l’histoire de ce pays - auquel nous sommes particulièrement attachés -, la nature des populations qui l’ont habité et les forces qui ont joué sur cette “Terre sainte“, toujours bouleversée par les aspirations des trois religions monothéistes", indique le couple dans la préface du catalogue. Plus loin, il précise : "C’est notre vieil ami l’écrivain anglais Alan Sillitoe, grand collectionneur de guides et de documents de topographie, qui nous a initiés à l’intérêt de découvrir le détail intéressant, et parfois inédit, dans le moindre souvenir de voyage." Et de citer plus loin l’exemple de Simone Sigoli, voyageur italien de la fin du XIVe siècle, qui décrit avec admiration les "fours à poussins" d’Alexandrie. N’y voyez aucun raffinement culinaire étrange ou une quelconque barbarie, il s’agit simplement de couveuses ! Embarquement immédiat, à 150 000 €, pour un voyage au long cours menant de Venise à Jérusalem, en passant par Parens, Corfou, Modon, Candie et Rhodes, autant de villes décrites en Cinémascope dans le voyage de Breydenbach publié en 1486, dont une planche est reproduite. Notre exemplaire appartient à la première émission de l’édition originale de ce récit de pèlerinage, le premier à être illustré de bois gravés - sept grandes planches et 15 figures dont deux à pleine page - représentant les lieux et les personnages vus pendant le voyage. Nos collectionneurs l'ont acquis à Amsterdam auprès de Nico Israel, libraire auquel ils rendent hommage dans la préface du catalogue. Poursuivons à 68 000 €, une estimation dépassée, en restant au XVe siècle avec le manuscrit sur vélin de 12 feuillets relatant en dialecte allemand de la région du Palatinat rhénan le voyage en Terre sainte, à partir de Darmstadt, du comte Philipp von Katzenellenbogen, réalisé entre le 14 juillet 1433 et le 3 mai 1434. Rédigé par un intendant du comte et un membre de sa suite en écriture gothique ronde avec initiale décorative bleue sur trois lignes rehaussée de rouge, il décrit les lieux visités, énumère les droits à payer et parle de la cérémonie au monastère Sainte-Catherine pendant laquelle le comte et ses quatre compagnons furent nommés chevaliers. Il s’agit de l’un des plus anciens itinéraires en Terre sainte...
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Mardi 29 avril, salle 9 - Drouot-Richelieu.
Pierre Bergé & Associés SVV. Mme Polak.
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134 400 € frais compris.
Pierre Bonirote (1811-1891), Pêcheur contant ses aventures le soir, devant le cap Sounion, huile sur toile,1869, 97,5 x 130 cm. |
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| Bonirote, un Lyonnais en Grèce |
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Notre tableau est l’oeuvre du Lyonnais Pierre Bonirote, élève du peintre troubadour Révoil. De 1836 à 1839, le jeune homme visite l’Italie, accumulant lors de son séjour dans la péninsule de nombreuses esquisses. À Rome, il rencontre Flandrin et Ingres. Sur la recommandation de ce dernier, Bonirote est chargé en 1840 par la duchesse de Parme de créer à Athènes une école de peinture. Expérimentant tous les genres, notre peintre multiplie alors les études sur le motif, à la sépia comme à l’aquarelle. Il s’intéresse aux paysages, aux monuments et aux types locaux, ainsi qu’aux découvertes archéologiques évoquées dans de charmants tableaux animés. Aujourd’hui, ces oeuvres sont devenues une source documentaire précieuse pour la connaissance de l’architecture antique ainsi que son état de conservation au milieu du XIXe siècle, à l’exemple de L’Acropole, le Parthénon, 1843, aujourd'hui à la pinacothèque de Chypre. De retour dans sa ville natale, Bonirote enseigne jusqu’en 1875 la peinture à l’école des beaux-arts, tout en exposant régulièrement ses oeuvres. Notre toile, travaillée dans une belle matière onctueuse, fut présentée en 1870 à Paris et à Grenoble. Transcrite à l’aide de touches chaudes et lumineuses, la composition s’ordonne selon une belle harmonie aux accords savamment orchestrés. Attendue autour de 25 000 €, elle était bataillée ferme entre divers amateurs, présents dans la salle et au téléphone. Elle appartenait à une collection particulière depuis le début XXe siècle. Au final, un acheteur étranger la décrochait au quintuple des estimations.
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Lyon, hôtel des ventes de Lyon Presqu’île, dimanche 27 avril.
Chenu-Scrive-Bérard SVV.
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75 600 € frais compris.
Camille Claudel (1864-1943), La Confidence ou Les Causeuses, bronze, 23 x 29 x 26 cm. |
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| Les Causeuses de Claudel |
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Camille Claudel, actuellement honorée au musée Rodin à Paris par une importante rétrospective, était aussi la vedette de cette vente cannoise, avec ce pittoresque groupe. Celui-ci témoigne sans conteste de l’importante créativité de l’artiste au long des années 1890-1895. Présenté à la société nationale en 1895 justement, le plâtre original de notre groupe, titré La Confidence, comportait un paravent. L’année suivante, Camille Claudel exécute une autre version destinée à l’architecte Pontremoli, cette fois en marbre et sans paravent. De fait, l’idée de la sculpture serait venue de l’observation de quatre femmes assises les unes en face des autres dans l’étroit compartiment d’une voiture de chemin de fer : dans ce huis clos, elles papotent à loisir, se confiant quelque secret... Le modèle définitif, travaillé dans l’onyx vert et le bronze, sera exposé à la Société nationale en 1897, valant à Camille Claudel des critiques élogieuses. On loue la grande habileté du sculpteur, la haute qualité technique de la composition, son parti pris réussi face aux difficultés. Certains critiques sont aussi sensibles au charme des Causeuses. Ainsi, Claude Roger-Marx est-il subjugué par les "poses éloquentes [...] voussures de dos, les croisements de bras" de nos bavardes. Elles traduisent "le repliement de l’être tout entier, absorbé par l’attention aux écoutes". Notre version, réalisée en fonte Delval et numérotée 1/8, est identique à une oeuvre conservée au musée Rodin. Elle aiguisa la convoitise des amateurs présents dans la salle et au téléphone. Après une joute d’enchères acharnée, elle était gagnée au double des estimations par un particulier français.
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Cannes, Dimanche 27 avril.
Cannes Enchères SVV. M. Willer.
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Fonds et collection
Berès
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Ancienne collection
André Lefèvre
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